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JERÔME DUDZIK – "Le V.I.E m’a permis d’apprécier le chemin parcouru par le pays depuis la chute du communisme"

Par Lepetitjournal.com Varsovie | Publié le 21/09/2014 à 22:00 | Mis à jour le 22/09/2014 à 08:41

Lepetitjournal.com/Varsovie vous propose le second volet consacré à la réussite de jeunes Français en Pologne : aujourd'hui, rencontre avec Jérôme Dudzik, vainqueur du « Prix VIE de la Performance ».

lepetitjournal.com/Varsovie - Pouvez-vous vous présenter ? Quel est votre parcours ?
Jérôme Dudzik - J'ai 26 ans et je suis né à Lyon de parents polonais. J'ai grandi au sein d'une double culture, je parle donc le polonais et ai toujours connu la Pologne depuis l'enfance, où je passais tous mes étés, dans ma famille, à côté de Varsovie. Mes parents ont tenu à me transmettre la culture et les traditions de mon pays d'origine et m'ont inscrit très tôt à des cours de polonais afin que je me familiarise avec le polonais à l'écrit.

J'ai par la suite intégré la C.S.I. (Cité Scolaire Internationale) de Lyon Gerland où j'ai passé l'Option Internationale du Baccalauréat. La charge de travail était conséquente, une sorte de prépa avant l'heure? mais j'en garde d'excellents souvenirs. La C.S.I., avec ses nombreuses sections internationales, était une véritable « mosaïque culturelle », où je pouvais côtoyer des élèves du monde entier, un milieu propice aux liens sociaux et à l'ouverture d'esprit.

Une fois mon bac en poche, je suis rentré en prépa HEC option scientifique avant d'intégrer l'EDHEC Business School deux ans plus tard. J'ai alors rejoint la filière intercontinentale  avec deux échanges académiques obligatoires à l'étranger : pour ma part, ce fut New-York et Nagoya.  J'ai ensuite réalisé une année de césure en gestion d'actifs chez LYXOR (Groupe Société Générale), en tant qu'assistant en développement produit. Après avoir obtenu mon diplôme Grande Ecole et un Master spécialisé en conseil, je suis venu en Pologne en juin 2012 à l'occasion de l'Euro, où j'ai trouvé un stage de fin d'études qui s'est par la suite transformé en VIE.

Quel poste occupez-vous aujourd'hui dans le cadre de votre VIE ?
En tant qu'analyste crédit, je m'occupe de la gestion du risque d'un large portefeuille d'Institutions Financières (fonds d'investissement, fonds de pension, compagnies d'assurance). Mon rôle est d'évaluer le risque inhérent à chaque client en utilisant ma connaissance du marché local, ce qui demande de bien connaître et anticiper les évolutions du cadre réglementaire polonais. Je participe également aux négociations de la documentation juridique ainsi qu'à divers projets visant l'amélioration des procédures et de la productivité de la banque. Le poste nécessite enfin une excellente maîtrise de la langue polonaise, la documentation légale/financière n'étant que rarement traduite en anglais.

A l'image de la Pologne, le secteur des institutions financières s'est fortement développé aux cours des dernières années. 2013 a été une année charnière : elle coïncide avec la transposition en droit polonais de la directive européenne UCITS IV (directive 2009/65/WE) qui a harmonisé les règles d'investissement et de diversification des fonds ouverts avec les standards européens, améliorant ainsi considérablement le cadre réglementaire polonais. Il a fallu prendre en compte ces changements et adapter certaines de nos procédures. La très controversée réforme des fonds de pension, signée en Décembre dernier, nous a également donné beaucoup de travail !

Qu'est-ce qui vous a amené à vouloir faire un VIE ?
Après avoir grandi dans un environnement multiculturel et effectué des échanges en Amérique du Nord et en Asie, travailler à l'étranger apparaissait comme une évidence ; le VIE était le moyen le plus simple d'y arriver, d'autant plus que la formule est très courante en banque d'investissement. Le contrat facilite l'expatriation des jeunes diplômés en leur offrant une première expérience professionnelle « encadrée » à l'étranger.

Après une année de césure réussie, je souhaitais continuer à la Société Générale. Lorsque l'opportunité de faire un VIE s'est présentée, je n'ai pas hésité.

Quelles sont les qualités requises, selon vous, pour faire un VIE ?
A mes yeux, l'ouverture d'esprit est une qualité indispensable. Le choc culturel lié à l'expatriation peut exister même dans un pays où la culture est réputée proche. Il faut par conséquent savoir s'adapter, prendre le temps de se familiariser avec la culture et la mentalité locales. De toute façon, cette connaissance est souvent indispensable pour faire des affaires car elle permet de créer une proximité avec son interlocuteur et d'éviter les malentendus !

Il ne faut jamais sous-estimer le poids de la langue, qui joue le rôle de « vitrine culturelle ». La langue polonaise porte les stigmates d'une histoire difficile et retranscrit toutes les spécificités de la culture locale. Si en apparence, la France et la Pologne semblent avoir de nombreux points communs, il existe en réalité un énorme gouffre culturel entre les deux pays?

Que représente pour vous le prix qui vous a été attribué ? Qu'avez-vous ressenti au moment de la remise du prix ?
Recevoir le Prix de la Performance est très gratifiant. C'est la reconnaissance de deux années de travail intensif. Néanmoins, je n'aurais jamais gagné ce prix sans l'apport et la confiance de mes managers successifs : Lionel Phillips-Franjou (à Paris) et Philippe Caulier (à Varsovie). J'aimerais les remercier tout particulièrement !

J'espérais, bien sûr, recevoir le prix mais rien en semblait plus incertain car nous ne connaissions pas les critères d'évaluation du jury, ni la façon de noter. Et puis je pense qu'il n'est pas évident de comparer de manière juste et équitable un commercial, un ingénieur et un banquier dont le seul point commun est le contrat « VIE ».

J'ai mis quelques secondes avant de réaliser que j'avais gagné. Mais je n'avais pas trop le temps de réfléchir? Il fallait s'approcher du pupitre et faire un discours. Ma priorité était de n?oublier personne lors des remerciements ! Sous le coup de l'émotion, un oubli est vite arrivé !

Quel bilan tirez-vous de cette expérience ? Qu'est-ce que cela vous a apporté ? 
Le VIE  m'a permis de découvrir la Pologne sous un angle différent car je ne connaissais le pays que par le prisme des vacances ! Surtout, il m'a permis d'apprécier  le chemin parcouru par le pays depuis la chute du communisme: je me souviens d'une époque encore pas si lointaine où Varsovie accueillait le plus grand marché noir d'Europe, le  « Stadion X-lecia », et où tout le monde roulait en Polonez ou Fiat 126p ! Mais ce temps là est révolu. Le poids financier de Varsovie en est un parfait exemple : Varsovie reste, certes, une petite place à l'échelle mondiale mais elle s'est imposée comme la première place boursière d'Europe centrale et orientale.

Le contrat VIE en tant que tel est avantageux et valorisant car exigeant. La phase de sélection des VIE en banque d'investissement est très rigoureuse : elle comprend plusieurs entretiens ainsi que des tests mathématiques et de logique. Il s'agit d'un vrai plus sur un CV. Par ailleurs, la Société Générale propose à ses VIE des postes à responsabilités, sur lesquels ils peuvent faire leurs preuves. Le fait d'évoluer dans une structure à dimension humaine (la filiale polonaise SG CIB comprend environ 200 personnes) renforce cette dimension. La diversité de mon portefeuille est une richesse et une véritable valeur ajoutée.
 
D'un point de vue personnel, j'essaie de partager ma connaissance et mon expérience de la Pologne. Je fais partie du Club VIE Pologne qui facilite l'intégration des nouveaux VIE et organise de manière périodique des conférences et des business mixers pour la communauté francophone de Varsovie. J'écris également des articles pour Le Courrier de Pologne, ce qui me permet de contribuer à mieux faire connaître la Pologne aux Français, du moins je l'espère !

Quels sont vos projets ?
Mon VIE s'achève en Décembre. Ma priorité est de rester à la Société Générale : la culture d'entreprise me plaît et la banque n'hésite pas à faire confiance aux jeunes. Repasser en gestion d'actifs est une option intéressante. La pression de la salle de marché m'attire également. Mais il y a tellement de métiers passionnants en banque d'investissement, qu'il est difficile à ce stade de ma carrière de privilégier un poste en particulier. Bien sûr, comme tout financier, j'aimerais travailler dans une grande place boursière? Londres, New-York ou Hong Kong pour ensuite éventuellement « rentrer » en Pologne!

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes qui souhaitent faire à leur tour un VIE ?
C'est une super expérience. Je dirai qu'il faut foncer et ne pas se poser de questions. Surtout, il ne faut pas hésiter à postuler directement auprès des entreprises car 25% des VIE ont trouvé leur mission après avoir envoyé une candidature spontanée !

Pour lire l'interview d'Anthony Nave: http://www.lepetitjournal.com/varsovie/communaute/194026-anthony-nave-j-ai-fait-le-pari-de-la-pologne-et-il-a-paye

La Rédaction (Le Petit Journal/Varsovie) - Lundi 22 septembre 2014

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