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Colloque sur la Shoah à Paris, réactions gouvernementales

Par Lepetitjournal.com Varsovie | Publié le 05/03/2019 à 00:00 | Mis à jour le 05/03/2019 à 00:00
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Plusieurs portails internet du weekend reprennent largement et de façon factuelle des extraits du courrier de la ministre de l'Enseignement supérieur Frédérique Vidal adressé à son homologue polonais Jarosław Gowin, ministre des Sciences et de l'Enseignement supérieur, dans lequel il lui est demandé de se distancer publiquement des perturbations « hautement regrettables » et « aux accents antisémites » qui ont eu lieu il y a dix jours lors d'un colloque à Paris consacré à l’histoire de la Shoah en Pologne. Les médias internet relèvent également le passage indiquant que « ces perturbations ont pu apparaître comme étant appuyées par l’Etat polonais ». Gazeta Wyborcza du weekend y consacre également un article en écrivant que « l’affaire de cette conférence assombrit les relations franco-polonaises qui ne sont déjà pas bonnes » et rappelle l’historique de la dégradation de ces relations, en commençant par l’affaire des Caracal, la campagne anti-française lancée par le gouvernement PiS et enfin les attaques du Président de la République à l’égard de la Pologne lors de la campagne présidentielle et les récents propos du ministre Czaputowicz qualifiant la France d’homme malade de l’Europe. Le journal remarque que « tout semblait montrer qu’on avait réussi à apaiser les conflits car les deux gouvernements ont confirmé les préparatifs d’une prochaine visite du Président Macron en Pologne » mais que le fait que « la dispute autour de la conférence à Paris ait été traitée au niveau gouvernemental par la France peut mettre un point d’interrogation à cette visite ». 

 

Dimanche, la partie polonaise a commenté officiellement la lettre de la ministre française. « Lundi matin, la ministre recevra ma réponse. J’ai consulté l’Ambassadeur de Pologne à Paris sur les faits, qui, par ailleurs, est enseignant-chercheur de renommée. Il a fermement rejeté les thèses de la ministre selon lesquelles des propos antisémites auraient été exprimés » a expliqué le ministre Gowin aux journalistes. « En Pologne, après l’expérience du communisme, personne n’a besoin de leçons pour comprendre que la liberté de la science est une grande valeur. « Je tiens à souligner encore une fois, aucun slogan antisémite n’y a été prononcé » a répété Gowin. 

 

Le président de l’Institut de la Mémoire Nationale (IPN), Jaroslaw Szarek, est intervenu également auprès des journalistes en déclarant qu’il s’était entretenu avec les deux représentants de l’IPN qui étaient sur place et que « l’image de cette conférence est totalement différente de celle présentée dans les médias. J’ai vu quelques extraits montrant certains titulaires des titres universitaires de professeur qui se comportaient de manière fort douteuse ». Il a par ailleurs annoncé qu’il s’est adressé aux organisateurs de la conférence en demandant son enregistrement complet. « Nous devons connaître la vérité. Je pense qu’un tel enregistrement existe et nous entreprendrons des démarches en fonction de ce qui a été enregistré » a dit Szarek.

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Bénédicte Mezeix

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