

Comment l'Etat peut-il concilier liberté de culte (individuelle) et respect de la loi commune ? L'évolution des m?urs et la question identitaire interrogent la place des traditions religieuses en Europe. Notamment dans le cas des croyances minoritaires. Le débat arrive aujourd'hui dans une société polonaise encore très homogène (une religion dominante, peu d'immigration...) avec la remise en cause de l'abattage halal et casher...
Dans un jugement qui devrait faire jurisprudence, un tribunal de grande instance allemand a estimé, hier mardi, que la circoncision d'un enfant était une blessure corporelle passible d'une condamnation. La décision a provoqué un tollé dans la communauté juive du pays...
Le Sénat néerlandais vient lui de retoquer une loi, portée par le Parti pour les animaux, remettant en cause l'abattage rituel. Ce même sujet avait provoqué de vives polémiques pré-électorales en France sur la prétendue généralisation de la viande halal, ou sur l'anachronisme de cette pratique religieuse.
Droits des animaux contre libertés religieuses ?
La semaine dernière le procureur général de Pologne a pour sa part affirmé que l'abattage casher et l'abattage halal violent les lois du pays en matière de protection animale. Ils excluent en effet toute forme d'étourdissement alors que comme partout en Europe, la réglementation impose d'assommer les bête avant de les égorger. Andrzej Seremet a donc demandé à la Cour Constitutionnelle de se prononcer sur la légalité de ces abattages rituels, jusqu'à présent autorisés par une disposition du ministère de l'Agriculture de 1994.
Marek Sawicki, justement ministre de l'Agriculture, avait lui indiqué le mois dernier qu'il ne céderait pas face à l'activisme "animaliste" qui, en Pologne comme ailleurs en Europe, veut mettre un terme au casher et au halal. Mais la position du ministère contre ces lobbys ne répond pas aux seuls intérêts des religieux. Les minorités musulmane et juive ne comptent que quelques milliers de personnes en Pologne. Le pays est par contre un important producteur de viande halal et casher qu'il exporte massivement en Europe. En 2011, selon l'AFP, ces producteurs ont généré un chiffre d'affaires d'environ 200 millions d'euros.
A noter que les minorités juives et musulmanes ne sont pas les seules à devoir défendre certaines de leurs traditions. Dix députés issus du Mouvement de Palikot viennent d'annoncer leur intention de poursuivre en justice le Sejm (la chambre basse du parlement polonais) pour violation de leurs droits . Ils affirment que la croix qui pend à la Diète serait une atteinte à leur athéisme. Anna Kubica, la secrétaire du conseil national du RP déclare ainsi : "c'est une violation de la liberté de conscience et de religion". Elle a ajouté que la plainte sera déposée avant la fin de cette semaine. Le parti de Palikot avait demandé que la croix soit retirée du Sejm, au début de l'actuelle législature. Sans succès.
La rédaction (www.lepetitjournal.com/varsovie.html) mercredi 27 juin 2012







