Édition internationale

REVUE DE PRESSE - Donald Tusk, sommet de l'Otan

Écrit par Lepetitjournal.com Varsovie
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 8 septembre 2014

La semaine dernière, la presse polonaise couvrait très largement la nomination de Donald Tusk à la tête du Conseil européen, mais aussi la question de sa succession au gouvernement et le sommet de l'OTAN à Newport. L'appel des intellectuels polonais lancé aux citoyens et gouvernements européens devant l'Ukraine menacée et la candidature officielle d'El?bieta Bie?kowska au poste de commissaire européen font également partie des principaux titres.

Nomination de Donald Tusk - Tous les journaux exprimaient lundi dernier leur satisfaction et félicitaient le Premier ministre Tusk, au lendemain de sa nomination pour prendre la suite d'Herman Van Rompuy à la tête du Conseil européen. Gazeta Wyborcza titrait en Une "Notre Premier ministre, Notre Président" faisant allusion au slogan des premières élections libres en Pologne.  Le journal estime que la nomination de Donald Tusk constitue une sorte de point culminant des 34 dernières années (1980 ? naissance de Solidarnosc, 1989 ? recouvrement de l'indépendance, 2004 ? adhésion dans l'UE, 2014 ? Tusk devient "président"de l'UE).

Le rédacteur en chef adjoint, Jaroslaw Kurski, quant à lui, dit ne pas être enthousiaste par la nomination de Tusk et prévoit que son absence sur la scène intérieure mènera tout droit à la victoire du parti Droit et Justice ainsi qu'à des luttes suicidaires au sein de la Plateforme civique.

Le publiciste de Rzeczpospolita, Jedrzej Bielecki, critique la décision de Donald Tusk en soulignant que le pouvoir à Bruxelles ne vaut rien. Il estime que Tusk a accepté cette offre en pensant uniquement à sa carrière personnelle en laissant de côté la vision du développement du pays. L'expérience des anciens présidents et premier ministres polonais a montré à Tusk que si une occasion s'y prête il faut en profiter pour ne pas rester ensuite dés?uvré. Il en veut à Tusk qui laisse son parti impréparé, sans successeur. Il compare le départ de Tusk à celui de Gerhard Schroeder qui avait quitté la politique pour aller travailler chez Gazprom avec une rémunération conséquente. 

Quant aux réactions de la scène politique polonaise, le Président et les leaders de tous les partis le perçoivent à l'unanimité comme un énorme succès et félicitent M. Tusk. M.Bronis?aw Komorowski souligne que "c'est la reconnaissance de la position polonaise", M. Janusz Palikot (Ton Mouvement) compare cette nomination à l'élection de Karol Wojty?a au Siège apostolique et M. Jaros?aw Kaczy?ski (Droit et Justice) espère que le succès personnel de M. Tusk deviendra un succès pour la Pologne qui affirmera ainsi sa position sur la scène internationale.
Source: Gazeta Wyborcza, Rzeczpospolita ? 2 septembre

Pour retrouver notre article: "Donald Tusk, le nouvel homme fort de l'UE" , cliquez sur: http://www.lepetitjournal.com/varsovie/accueil/actualite/193277-donald-tusk-le-nouvel-homme-fort-de-l-ue

Succession de Donald Tusk - La presse annonce que la démission du gouvernement de M.Tusk interviendra  la semaine prochaine. Le Premier ministre souhaite recommander Mme Ewa Kopacz au Président Komorowski pour lui succéder. Lors d'une réunion des dirigeants de la PO elle a été désignée également, conformément aux statuts,  pour la présidence du parti. M. Tusk voudrait qu'elle assure cette fonction  tout au long de 2015, il espère éviter de la sorte qu'une guerre interne ne se déclenche avant les élections parlementaires. C'est ensuite seulement, pense-t-il, que les élections internes au parti pourront être organisées. M. Tusk prévoit que la présidence de la PO se jouera alors entre Mme Kopacz, M. Sikorski et M. Schetyna.  Quant à la composition du nouveau gouvernement, elle sera connue en octobre. Le Président, ayant  rencontré à ce propos le Premier ministre, déclare à la presse que la recommandation de M. Tusk ne le lie pas: "Je tiens à trouver une solution qui permette de minimiser le risque de turbulences politiques",  explique t-il. Gazeta Wyborcza se demande si, compte tenu de la crise ukrainienne, le Président ne préférera pas confier la formation du nouveau gouvernement à l'actuel ministre de la Défense, M. Tomasz Siemoniak.  Le journal écrit encore que le Président insistera pour que MM. Sikorski et Sienkiewicz, les deux ministres les plus impliqués dans l'affaire des écoutes, quittent le gouvernement. L'animosité entre MM. Komorowski et Sikorski est ancienne, elle date de 2010 et des primaires au sein de la PO. Cette inimitié entre ici en compte, croit savoir Gazeta Wyborcza.
Source: Gazeta Wyborcza, Dziennik Gazeta Prawna, Rzeczpospolita ? 4 septembre

Entente  Tusk/Cameron - Rzeczpospolita reprend des révélations publiées par les quotidiens britanniques selon lesquelles  M. Donald Tusk aurait accepté la décision de la Grande-Bretagne de limiter l'accès aux droits sociaux pour les immigrés de l'UE en échange du soutien de M. Cameron à sa candidature au poste de Président du Conseil européen. Cette entente avec M. David Cameron traduit un virage à 180 degrés de la part de M. Tusk.  Au début de l'année, il se déclarait encore choqué voire  bouleversé par la  politique de discrimination dont les Polonais faisaient les frais en Grande-Bretagne.
Source: Rzeczpospolita ? 3 septembre

Sommet de l'OTAN sur fond de conflit russo-ukrainien (Bilan de la journée du 4 septembre) - Le président, Bronislaw Komorowski, a apporté son soutien au "fer de lance" de l'OTAN pour écarter les menaces en Europe orientale en provenance de Russie et le renforcement de la frontière orientale de l'alliance. S'adressant aux journalistes à la fin de la première journée du sommet de l'OTAN, le 4 septembre, Bronislaw Komorowski a déclaré que les dirigeants de l'alliance annonceraient le lendemain leur volonté de renforcer les défenses en Europe de l'Est. Bien que reconnaissant que il n'y aura pas de déploiement de l'OTAN permanent dans la région, il s'est félicité de la construction de bases aériennes, de dépôt de carburant et de munitions qui seraient utilisés par une force de réaction rapide, d'environ 4.000 soldats.

Il a ajouté qu'une présence de l'OTAN plus visible en Pologne "fera que les gens se sentiront plus en sécurité". Le Président Komorowski, à la tête d'une délégation polonaise comprenant le ministre de la Défense, Tomasz Siemoniak, et le ministre des Affaires étrangères, Radek Sikorski, a également félicité l'évolution de la position de l'OTAN qui revient à son rôle de protection des Etats membres. "La vision de l'alliance comme une force expéditionnaire qui opère en dehors de la zone fait partie du passé et le rôle traditionnel de l'OTAN, qui est de défendre ses États membres, est de retour," at-il dit.

Les dirigeants de l'OTAN se sont montrés prudents dans leur réponse à l'annonce du président Ukrainien, Petro Porochenko, d'un cessez-le feu,  entre les forces ukrainiennes et les rebelles pro-séparatistes dans l'est de l'Ukraine. Le cessez-le feu - qui fait partie des cinq points d'accord avec le président Poutine mercredi - gèlerait les troupes dans leurs positions actuelles après cinq mois de combats de plus en plus sanglants. Le Secrétaire général de l'OTAN, Anders Fogh Rasmussen, a déclaré qu'il se méfiait de l'accord tel qu'il a été proposé par la Russie, qui a "attaqué l'Ukraine".

Toujours dans le contexte du sommet de Newport, la presse couvre largement la visite de M.Obama en Estonie, rappelant qu'elle a pour objectif de rassurer les pays baltes au moment où l'agression russe contre l'Ukraine s'intensifie. "Il n'y a pas d'anciens et de nouveaux membres de l'OTAN. La sécurité de Tallin, de Riga et de Vilnius est aussi importante que celle de Berlin, Paris ou Londres", déclare M. Obama à Tallin.  Les journaux en tirent la conclusion que l'OTAN peut aller jusqu'à décider, en cas de besoin, d'armer l'Ukraine. Enfin, la décision française, la veille du sommet, de suspendre momentanément l'exécution du contrat sur les Mistral venait à point. Rzeczpospolita  observe que la France, ce faisant, s'expose à des pénalités financières considérables. De son côté, Gazeta Wyborcza voit dans cette suspension un acte courageux, le plus lourd préjudice depuis l'annexion de la Crimée que les Européens, si dépendants des ressources russes, aient infligé à Vladimir Poutine.
Source: Gazeta Wyborcza, Dziennik Gazeta Prawna, Rzeczpospolita ? 4 septembre

Appel des intellectuels polonais - Gazeta Wyborcza publie un appel lancé par des intellectuels polonais adressé aux citoyens et gouvernements d'Europe (paru aussi dans "Die Welt", "La libre Belgique" et "The Economist"). Les signataires prestigieux, personnalités de la culture (Andrzej Wajda, Wladyslaw Bartoszewski, Agata Truszynska, Dorota Maslowska, Janusz Rudnicki, Olga Tokarczuk?) dénoncent une politique égoïste, à court terme des Européens, et s'opposent à toute coopération avec la Russie. Selon eux, l'Europe a désormais besoin de toute urgence d'une nouvelle Ostpolitik. Ainsi, ils lancent "à nos voisins et à nos concitoyens européens et à leurs gouvernements un appel urgent" se traduisant par un boycott des marchandises françaises (si François Hollande n'était pas revenu sur la vente des navires Mistral) et considèrent que l'Allemagne devrait mettre un frein à sa dépendance énergétique (gazière) derrière laquelle se dissimulent toujours des pressions politiques. D'autre part, tous les Européens et chaque pays à titre individuel devraient prendre part aux actions d'aide à l'Ukraine menacée. Des centaines de réfugiés des territoires de l'est de l'Ukraine et de Crimée ont besoin d'aide humanitaire. Hier Dantzig, aujourd'hui Donetsk : on ne peut pas admettre que l'Europe vive pour les années à venir avec une plaie ouverte qui saigne, concluent les signataires.
Source: Gazeta Wyborcza ? 1er septembre 

El?bieta Bie?kowska, nouvelle commissaire au marché intérieur ? - Vice premier ministre, ministre des infrastructures et du développement régional, El?bieta Bie?kowska, candidate officielle de la Pologne pour "un important portefeuille économique" s'est entretenue avec M. Jean-Claude Juncker à Bruxelles. Etant donné le principe de parité, auquel M. Juncker accorde beaucoup d'importance, elle aurait de grandes chances de devenir la commissaire au marché intérieur et aux services. Les attributions et compétences  de la titulaire de ce portefeuille  sont largement débattues en ce moment : la France propose, par exemple, de les élargir en redistribuant des attributions reprises à  la concurrence, à l'industrie, à la politique énergétique et climatique. D'autres pays veulent exclure de ce portefeuille les questions liées à l'Union bancaire, en particulier les services financiers. Les commentaires de presse sont nombreux : Gazeta Wyborcza remarque que M. Tusk aurait à Bruxelles, en la  personne de Mme Bie?kowska,  quelqu'un de confiance.  Dziennik Gazeta Prawna trouve que sa nomination serait un énorme succès.
Source: Gazeta Wyborcza, Rzeczpospolita, Dziennik Gazeta Prawna ? 5 septembre

La Rédaction (Le Petit Journal / Varsovie) - Lundi 8 septembre 2014.

 

 

 

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Publié le 7 septembre 2014, mis à jour le 8 septembre 2014
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