Vendredi 14 août 2020

REVUE DE PRESSE - Armement, sanctions contre Moscou, immigration

Par Lepetitjournal.com Varsovie | Publié le 24/05/2015 à 22:00 | Mis à jour le 24/05/2015 à 13:26

 Outre l'élection présidentielle, les sujets dominants dans la presse de la semaine dernière concernaient le choix des Caracal, les sanctions contre la Russie qui s'affaiblissent, l'accueil des réfugiés syriens en Pologne, mais aussi le thème du climat, et le prix unique du livre

ARMEMENT
La controverse autour du choix des Caracal. Dans les pages opinion, Rzeczpospolita publiait mercredi l'analyse d'un ancien pilote militaire, maître de conférences au Collegium Civitas (l'une des meilleures universités privées en Pologne) très négative sur la sélection des Caracal. M. Michal Fiszer met en doute les compétences des fonctionnaires du ministère en charge de cet appel d'offre qui n'ont pas su bien définir les besoins quantitatifs en hélicoptères multi-rôle des forces aériennes et ont finalement décidé d'en acquérir 50 au lieu de 70. En deuxième lieu, c'est le prix des Caracal qui est pour lui exorbitant. Selon ses estimations, chaque hélicoptère coûtera 260 millions de zlotys alors que pour chaque avion de combat F-16 la Pologne a dû payer aux Américains 42 millions de zlotys. « Comment se fait-il qu'un hélicoptère multi-rôle coûte plus cher qu'un avion de combat ? », s'interroge M. Micha? Fiszer, qui poursuit ainsi : « en échange d'un Caracal on pourrait s'acheter 6,5 Black Hawk ». Enfin, il reproche à Airbus Helicopters d'avoir proposé à la Pologne une machine de conception ancienne dont l'utilité pour les forces aériennes reste « douteuse ».

"Qui en tirera les bénéfices du choix des Caracal?". C'est la question que posait Dziennik Gazeta Prawna jeudi. Selon les premières analyses, c'est le « plateau de l'aviation », wy?yna lotnicza en polonais, c'est-à-dire la région de Radom, Deblin et Lodz, qui a les plus  fortes chances d'être dans le futur le centre aéronautique polonais, grâce au contrat de vente à la Pologne des 50 Caracal. Le développement de cette région se fera au détriment de la « vallée de l'aviation », ni?yna lotnicza  près de Rzeszów, où sont situées les usines PZL Swidnik et PZL Mielec, les deux plus grands constructeurs d'hélicoptères de Pologne. Le choix des Caracal, craint-on là-bas, entraînera dans ces deux usines une réduction considérable des emplois. Vendredi, Rzeczpospolita signalait déjà que les premiers licenciements ont eu lieu à l'usine PZL de Mielec.

Qu'en disaient les candidats à la présidentielle? Komorowski et Duda se sont affrontés jeudi sur l'acquisition des hélicoptères multi-rôles. Duda a reproché au Président d'avoir présélectionné un hélicoptère français au lieu d'un engin construit dans les usines polonaises. Komorowski a répliqué avoir opté pour la qualité, voulant le meilleur matériel possible pour l'armée nationale.

Sources: Dziennik Gazeta Prawna, Polska The Times, Rzeczpospolita - 20, 21, 22 mai 

SANCTIONS CONTRE LA RUSSIE
Rzeczpospolita adopte un ton alarmiste en indiquant que l'unité européenne se fissure sur le maintien des sanctions à l'égard de la Russie. Le Financial Times cité par le quotidien suggère que l'Italie et la France font pression sur l'Allemagne pour « assouplir » les sanctions économiques envers Moscou au motif qu'après l'accord de Minsk le conflit ouvert dans la région de Donbass a baissé d'intensité. La Hongrie, la République tchèque, la Grèce et Chypre y seraient également favorables en raison de leurs relations économiques denses avec la Russie. Rzeczpospolita suggère que l'Allemagne pourrait céder sous cette forte pression, bien que M. Frank-Walter Steinmeier ait réaffirmé il y a peu au chef de la diplomatie polonaise son plein soutien au maintien des sanctions. Les Etats-Unis semblent préoccupés par l'évolution des positions européennes. Il n'est cependant pas exclu qu'à leur tour ils acceptent de s'intéresser « moins » à l'Ukraine si Moscou s'engage davantage dans la solution des conflits au Proche-Orient.

Interview de Donald Tusk à Polska The times. Donald Tusk, président du Conseil européen, évoquait lundi dernier la politique à l'égard de la Russie en soulignant la volonté de dialogue qui est dans l'intérêt de l'UE et de la Russie. Interrogé sur l'efficacité des négociations dans le format de Normandie, il souligne qu'il est fondamental que l'UE reste unie et cette unité n'est possible qu'en ayant Berlin et Paris « de notre côté ». Sans la coopération de ces deux capitales, il n'y aurait pas de chances d'avoir un accord, continue Donald Tusk. Il pense que « le duo Berlin-Paris est beaucoup plus pro-ukrainien que l'hypothétique moyenne des pays européens ». En ayant ces deux capitales à bord, nous pouvons agir avec efficacité face à la Russie, remarque-t-il. Selon lui, le plus grand défi politique est de confirmer les décisions du conseil du mois de mars et de maintenir les sanctions au Conseil européen de juin.

Sources: Polska the Times, Rzeczpospolita - 18, 20 mai 

IMMIGRATION
Les organisations humanitaires ne cessent de faire pression sur le gouvernement pour que la Pologne accepte des réfugiés syriens. « En tant que chrétiens, ils s'intégreront facilement dans la société polonaise [?] Les non-musulmans courent un très grand risque en Syrie », plaide leur cause la présidente de la Fondation Estera, Mme Miriam Shahed. Le gouvernement répond avoir pris auprès du Haut-commissaire de l'ONU pour les questions des réfugiés l'engagement d'accueillir une centaine de Syriens entre 2016 et 2020. « Il n'y a pas de bonnes solutions à ce problème », commente Gazeta Wyborcza. Le journal se réjouit des mesures entreprises par Bruxelles, notamment de l'opération militaire en Méditerranée contre les passeurs. « Bien que partielle et imparfaite, cette opération est un pas en avant. Tant que de grandes disparités des niveaux de vie sépareront l'Europe et l'Afrique du Nord, le problème de l'immigration ne disparaîtra pas. C'est une question qui ne trouvera pas de solution dans un proche avenir », commente l'éditorialiste du journal qui conclut : « Il est vrai que nous ne pouvons accueillir tous les réfugiés en Europe, mais nous pouvons accueillir un nombre plus important qu'aujourd'hui"".

Interview de Donald Tusk à Polska The Times. Le président du Conseil européen,  aborde la question importante de quotas de migrants. Il explique que « tous ceux qui disent : "ouvrons les portes aux réfugiés d'Afrique, sont cyniques, car cela n'est pas possible ". Selon lui, l'UE ne peut pas accueillir tous les migrants et il faut avant tout travailler à une nouvelle politique de retour.

Sources: Gazeta Wyborcza, Polska the Times - 18, 20 mai 

LE THEME DU CLIMAT LORS DU DEBAT PRESIDENTIEL
Gazeta Wyborcza critique dans un de ses commentaires l'inconséquence du candidat du PiS relative à la question de la politique climatique, révélée lors de sa campagne et au cours du débat présidentiel de dimanche. Quand le candidat du PiS va à Cracovie, la ville où la pollution de l'air est la plus élevée en Pologne, il déclare vouloir lutter contre la pollution de l'air. Quand il se rend en Silésie, il critique la politique climatique européenne, s'oppose à la décarbonisation et encourage l'UE à employer ses propres ressources énergétiques et en premier lieu le charbon. Selon Gazeta Wyborcza, l'inconséquence du candidat du PiS est emblématique de la politique polonaise relative à la lutte contre le réchauffement climatique. « La Pologne, depuis une décennie, ne se préoccupe pas de la question de la qualité de l'air, par conséquent 40.000 citoyens meurent prématurément chaque année. [?] Pour survivre, nos mines vendent tout, même le charbon le plus polluant et de la pire qualité », remarque le journal et conclut que pour avoir de l'air pur nous devons miser sur le charbon pur qui est plus cher. Personne n'ose le dire ouvertement aux mineurs. Seules, les normes européennes nous poussent à agir.

Source: Gazeta Wyborcza - 19 mai 

PRIX UNIQUE DU LIVRE
Une solution française à succès sera bientôt adoptée en Pologne. Gazeta Wyborcza publie un entretien avec Jean-Guy Boin, directeur général du Bureau international de l'édition française (BIEF) relative aux expériences françaises liées à l'introduction du prix unique du livre. Le Parti agrarien (PSL) sous l'impulsion de la Chambre polonaise du livre, a préparé un projet de loi introduisant cette solution sur le marché polonais du livre. M. Jean-Guy Boin explique à Gazeta Wyborcza qu'en France le prix des livres a diminué grâce à la loi sur le prix unique. Parmi les premiers bénéficiaires de cette mesure, M. Boin cite les auteurs, les éditeurs et les petites librairies. Seuls, les grossistes ont perdu et se sont vus remplacer par des chaînes de distribution, ce qui a raccourci le trajet entre le produit et son acquéreur en faisant naturellement baisser le prix du produit. Le monde polonais du livre compte que la loi proposée par le PSL va régulariser le marché et améliorera la situation des libraires, écrivains et éditeurs.

Source: Gazeta Wyborcza - 19 mai

La Rédaction (lepetitjournal.com/Varsovie) - Lundi 25 mai 2015

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