Édition internationale

CARNET – Disparition d’Alina Margolis-Edelman

Écrit par Lepetitjournal.com Varsovie
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 9 janvier 2018
Du Ghetto de Varsovie aux Boat-people, Alina Margolis-Edelman a consacré sa vie à aider son prochain. Passant à l'action dès que la cause lui semblait juste, elle a participé aux grands épisodes de l'engagement humanitaire du 20e siècle{mxc}
Alina Margolis-Edelman. ( photo d'archive, avec l'aimable concours de Paula Sawicka, Association Otwarta Rzeczpospolita)
Alina Margolis-Edelman est née en 1922 à Lódźdans une famille juive polonaise connue et respectée. Elle a choisi de suivre la voie tracée par ses parents qui étaient tous deux médecins. Mais nécessité oblige, elle devient d'abord infirmière, aux cotés de sa mère dans l'hôpital du ghetto de Varsovie. Elle participe à l'Insurrection du Ghetto et sauve la vie, à cette occasion, de son futur mari, Marek Edelman, l'un des commandants de l'insurrection.
Marquée à jamais par cette période, Alina Margolis a décrit cette tragédie dans un livre intitulé "Je ne le répéterai pas, je ne veux pas le répéter", publié aux éditions Autrement en 1997. Après la guerre, Alina Margolis-Edelman termine ses études, devient docteur en diabétologie pédiatrique et travaille à la clinique pédiatrique de Lódź. La vague d'antisémitisme qui déferle en Pologne après les mouvements de 1968 remet tout en question, l'administration lui ferme la porte de la recherche médicale et l'empêche d'exercer dans les hôpitaux. Écoeurée par les insultes proférées à l'encontre de ses enfants, elle décide de quitter la Pologne et émigre en France.

Elle émigre en France, mais ne renonce pas à ses engagements
Fidèle à ses idéaux et désireuse de continuer à porter secours à autrui, elle s'engage au sein de Médecins sans Frontières d'où elle suivra plus tard Bernard Kouchner dans l'organisation Médecins du Monde. Elle a été de tous les combats, les Boat-people, les enfants du Tchad et de Saint-Pétersbourg, les femmes violées de Bosnie? Avec Danielle Mitterrand, elle a ouvert des hôpitaux pour enfants en Amérique du Sud.
Pendant l'état de guerre en Pologne, elle organise des transports de médicaments et de matériel médical, trouve le moyen de faire venir des enfants malades pour les soigner en France. Après la chute du communisme, elle a favorisé la création de la fondation Les Enfants de Personne qui s'occupe de l'enfance maltraitée.
Dernièrement dans une émission à la Radio, la fille d'une de ses amies a dit à son sujet : "Dans les endroits les plus reculés du monde, il y a des petites filles à qui des parents reconnaissants ont donné comme prénom le sien : Alina." Alina Margolis-Edelman est décédée à Paris dimanche dernier à l'âge de 86 ans.
Joanna ROQUEBLAVE. (www.lepetitjournal.com - Varsovie) jeudi 27 mars 2008{mxc}

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Publié le 27 mars 2008, mis à jour le 9 janvier 2018
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