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ACTUALITE – La fin du travail détaché des Nord-Coréens en Pologne ?

Par Lepetitjournal.com Varsovie | Publié le 11/01/2018 à 00:00 | Mis à jour le 11/01/2018 à 08:46
Pologne travailleurs détachés nord-coréens

La Pologne a officiellement déclaré début janvier qu’elle ne délivrerait plus de permis de travail aux travailleurs nord-coréens. Cette décision fait suite à la résolution du Conseil de sécurité de l’ONU demandant aux pays accueillant des travailleurs nord-coréens de les expulser. Elle intervient par ailleurs peu après la publication d’un article du New York Times faisant mention de la Pologne comme étant encore un des seuls pays à accueillir des travailleurs nord-coréens et ce malgré les objections de Washington. L’article titre « Même en Pologne les salaires des travailleurs affluent en Corée du Nord ».

 

Ils travaillent dans des chantiers navals de Gdansk, dans des fonderies, occupent d’autres emplois industriels ou sont employés dans des exploitations agricoles. Ils vivent dans des conditions indignes, proches de l’esclavage, travaillent plus de 12 heures par jour pour un salaire de misère dont 80% sont reversés au gouvernement nord-coréen, ce qui fournit au régime de Kim Jong Un une source de revenus en devises étrangères. Bien que vivant dans un pays libre, ils sont constamment surveillés par un membre du parti, vivent cloîtrés et ne peuvent pas circuler librement. Leur passeport leur est confisqué par des accompagnateurs et s’ils s’avisent d’émettre la moindre objection ils sont menacés de représailles sur leur famille restée en Corée.

 

Pendant des années, la Corée du Nord a envoyé des dizaines de milliers de travailleurs à travers le monde (en Chine et en Russie surtout), dans la construction, l’exploitation forestière, les mines, tout en prélevant une part importante de leurs revenus. Les Etats-Unis ont essayé de mettre fin à cette situation en incitant les pays à expulser ces travailleurs et éliminer ainsi une source de devises fortes pour l’économie de la Corée du Nord.

 

La présence de ces travailleurs en Pologne montre la difficulté de complètement couper la Corée du Nord de l’économie mondiale. La Pologne est encore un des seuls pays à héberger des travailleurs de Corée du Nord, signe de la durabilité des relations commerciales construites pendant la période communiste.  Les relations entre la Pologne et la Corée du Nord se sont refroidies après la chute de l’Union Soviétique, mais la Pologne reste une des seules nations européennes à garder une ambassade à Pyongyang.

 

En Pologne, entre 2008 et 2015, le gouvernement  a accordé 2 783 permis de travail. D’après le NYT, 253 permis auraient été délivrés en 2016 et 124 en 2017 (chiffres basés sur des informations reçues par le NYT de 9 des 16 provinces polonaises). 450 travailleurs détachés nord-coréens se trouveraient encore en Pologne mi-2017, employés par minimum 19 sociétés, y compris une exploitation agricole cultivant des tomates au sud de Varsovie. En juillet et septembre 2017, le Conseil de sécurité de l’ONU  vote deux résolutions interdisant le travail des Nord-Coréens à l’étranger. A la suite de cela, le ministère des Affaires étrangères polonais exhorte les pouvoirs locaux à arrêter l’octroi de permis. Mais très peu de coordination existe entre le pouvoir central et les autorités provinciales et celles-ci passent outre la décision. D’après la ministre de la Famille, du Travail et de la Politique sociale, Elżbieta Rafalska, les provinces n’ont toutefois pas délivré de nouveaux permis depuis le 5 août et ont abrogé, depuis le 1er août 74 permis antérieurement accordés.

 

En décembre 2017, après un tir balistique intercontinental en novembre, le Conseil de sécurité de l’ONU adopte une nouvelle résolution demandant à tous les pays d’expulser les travailleurs détachés nord-coréens dans les deux ans. Outre le fait que les gouvernements provinciaux n’auront plus le droit d’accorder de nouveaux permis, le secrétaire d’Etat au ministère de la Famille, du Travail et de la Politique sociale , Stanisław Szwed, déclare dans une conférence début janvier que les anciens permis détenus par les quelques 400 travailleurs nord-coréens seront supprimés graduellement.

 

Alexandra Levy (le petitjournal.com/Varsovie) – Jeudi 11 janvier 2018

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