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VISITE VARSOVIE ACCUEIL – La Vieille ville, au cœur de l’histoire polonaise

Écrit par Lepetitjournal.com Varsovie
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 29 septembre 2015

En 1944, les troupes allemandes détruisent à 85% la Vieille Ville de Varsovie. En une vingtaine d'années les habitants reconstruisent leur ville, tant ils sont déterminés à préserver la culture polonaise. Cette mobilisation populaire et le respect minutieux de l'architecture originale sont salués en 1982 par l'UNESCO qui crée une catégorie spécifique pour classer la Vieille ville de Varsovie au patrimoine mondial. 

Itinéraire de la visite guidée - Numéros reportés ci-dessous



Plac Zamkowy (1)
L'association Varsovie accueil nous avait donné rendez-vous sur la plac Zamkowy. Ici trône du haut de sa colonne le roi Sigismond III de Pologne, connu pour avoir  déplacé  la capitale du pays en 1596 de Cracovie à Varsovie.  Il s'agit surtout pour lui de siéger dans une ville plus proche de la Suède, dont il est également à la tête à cette époque-là. Erigée en 1664 par le fils de Sigismond III, le roi Ladislas IV, il doit ajouter une croix à la main du roi pour tempérer le mécontentement de l'Eglise de voir construire un monument à la gloire d'un souverain, et non de Dieu. Dans le parc sur le flanc du Château royal se trouvent deux anciennes colonnes, une remplacée à cause de l'usure et l'autre, détruite pendant la Seconde guerre mondiale.  



Place Kanonia (2)
Nous nous dirigeons derrière la cathédrale Saint-Jean. Vestige d'un cimetière paroissial, la place Kanonia est devenue incontournable pour les visiteurs les plus superstitieux. Sa cloche de bronze datant du XVIIème siècle aurait la vertu d'exhausser vos v?ux. Pour cela, il suffirait de poser votre main sur la cloche et de tourner trois fois autour.
    

 


Rue Dziekania (entre 2 et 3)
En contournant la cathédrale, nous passons sous un passage couvert. Il permettait au roi de se rendre du Château royal à la Cathédrale en toute sécurité. C'est une agression du roi en 1620 sur son chemin entre les deux bâtiments qui a mené à sa construction..
Sur le flanc droit de la cathédrale, on trouve une chenille de char commémorant l'Insurrection de Varsovie de 1944, relique qui rappelle au flâneur à quel point la ville a été détruite par la guerre.

 


Cathédrale de Saint-Jean (3)
La porte de cette cathédrale est ornée de mille sirènes, figure symbolique de la ville. Il est amusant de remarquer combien la sirène a pu évoluer au fil des âges, une fois munie d'ailes, d'autres fois d'une queue de poisson. Les cryptes de la cathédrale renferment les tombeaux de célèbres personnages de l'histoire polonaise, tels que des archevêques, des princes, des présidents, et même des hommes de lettre. Ce lieu saint se veut aussi être un lieu de mémoire politique puisque c'est en son sein que fut promulguée la Constitution du 3 mai 1791, première d'Europe.

 


Place du marché de la Vieille ville (4)
Encerclée de maisons bourgeoises, la place est le berceau de la reconstruction de la Vieille Ville. Les habitants de la ville ont pris le soin de récolter les matériaux originaux dans les décombres pour bâtir peu à peu cet ensemble harmonieux.
Au centre se trouve l'emblématique sirène de Varsovie qui veille sur la ville. L'origine de ce symbole vient de l'histoire de deux frères pêcheurs, Simon et Mathieu. Les deux vivaient non loin de là sur les bords de la Vistule. Un jour, Simon entend le chant de la sirène, et en cachette, il va la voir tous les soirs. Quand son frère Mathieu, malveillant, découvre ce manège, il encourage Simon à capturer la sirène en espérant obtenir une récompense royale. Bien que Simon se soit laissé influencer par son frère, une fois la sirène capturée, il ne peut s'empêcher de la délivrer. Et c'est depuis ce jourqu'elle a promis de veiller sur Varsovie.
Pourtant, le doute demeure autour des bienfaits de cette sirène car la Seconde guerre mondiale n'a pas épargné la ville. Une autre légende raconte qu'à ce moment là, la sirène était allée rendre visite à sa s?ur, la sirène de Copenhague.
 
Les remparts et la barbacane (5)


Construits au XVIème siècle, deux lignes de remparts et une barbacane fortifient la Veille Ville. Pourtant ces édifices deviennent rapidement obsolètes avec l'avènement de l'artillerie. Au moment de la reconstruction, les habitants de Varsovie ont donné une seconde vie aux remparts en les utilisant comme murs porteur pour la construction d'immeubles. La barbacane et les remparts n'ont pas échappés aux destructions de la guerre, mais on peut observer des rainures noires entre les briques qui séparent les remparts originaux des reconstruits.

Maison natale de Marie-Curie au 16 rue Freta (6)

Au sein de sa maison natale reconstruite en 1945, un modeste musée rend hommage à la grande physicienne et chimiste Marie Sk?odowska-Curie. Première femme à avoir été enterrée au Panthéon, elle est aussi la première à obtenir un Prix Nobel de physique en 1903. Son mari, Pierre Curie, a d'ailleurs dû se battre auprès du comité pour qu'elle l'obtienne. Il a refusé de la présenter comme une simple assistante et a soutenu leur investissement réciproque dans les recherches sur la radiation. Le Prix Nobel de chimie qui lui a été décerné en 1911 fut aussi sujet à débat. Quelques jours avant la remise des récompenses,  sa liaison avec le physicien Paul Langevin éclate au grand jour. De ce fait, les membres du comité demandent à Marie Curie, pourtant veuve à ce moment, de ne pas venir chercher son Prix.  Demande que Marie Curie, courageuse et fière, ne respecta pas. Aujourd'hui, elle et son mari, ainsi que Paul Langevin, reposent au Panthéon, L'histoire raconte que l'arrière petite-fille de Marie Curie, en visitant son aïeule, aurait rencontré l'arrière petit-fils de Paul Langevin et qu'ils seraient tous deux tombés amoureux, en plus d'être tous les deux physiciens.

Eglise du Saint-Sacrement (7) 
L'Eglise que nous apercevons au bout de la place de la Nouvelle ville a été construite au XVIIème siècle à la demande de la française Marie Casimire Louise de La Grange d'Arquien, femme du roi Jean III Sobieski dont le palais se situe à Saska Kepa. Abritant un hôpital lors de la Seconde guerre mondiale, son bombardement lors de l'Insurrection fit plus de dix mille morts..

Eglise de la Visitation-de-la-Vierge (8)
Nous nous trouvons près de l'Eglise la plus ancienne de la ville puisqu'elle a été construite au XVème siècle. L'une des s?urs de Chopin a été baptisée dans cette Eglise. Récemment, une statue de Marie Curie a été placée près de l'Eglise, statue qui a d'ailleurs suscité le débat parmi les Varsoviens car qualifiée de « grossière ».

 

Place Krasi?skich (9)
Le monument de l'Insurrection polonaise au centre de cette place en fait un lieu incontournable de la mémoire des insurgés.

Cet édifice rappelle les moyens empruntés par les insurgés pour se déplacer, notamment les canaux de la ville, passage de prédilection des Varsoviens pour fuir les Allemands. Au milieu d'un passage piéton partant de la place, nous pouvons apercevoir la bouche d'égout en question, dont la petite entrée en surprendra plus d'un.
Voyant le symbole de l'Insurrection de Varsovie gravé sur un mur de la place, notre guide nous explique que contrairement à ce qu'il est communément admis, ce signe n'est pas propre à l'Insurrection de 1944, il a été utilisé des années auparavant et signifie « Pologne Combattante ».

Le petit Insurgé (10)
Voilà un monument adoré de tous les Varsoviens. Il commémore la participation des jeunes enfants à l'Insurrection de Varsovie. Ce petit bonhomme de bronze ne reflète pas entièrement la réalité car les enfants n'utilisaient pas d'arme en raison de la faible quantité en possession des insurgés. En revanche, leur petite taille était un véritable atout pour faire passer les messages d'un bout à l'autre de la ville. Derrière la statue, sur la fortification, il y a une plaque sur laquelle les paroles d'une des plus célèbres chansons des insurgés sont gravées: «Enfants de Varsovie allons au combats, nous donnerons notre sang pour chaque pierre de notre capitale ».

C'est sur ce monument que s'achève la visite de la Vieille ville par Varsovie accueil. Ce parcours de moins de deux heures proposé par notre guide permet d'admirer le courageux travail de reconstruction d'après-guerre, mais aussi de s'arrêter sur les ravages de la Seconde guerre mondiale qui se cachent derrière ces façades colorées. Maintenant, il ne vous reste plus qu'à imprimer la carte, et à aller arpenter les rues de la Vieille ville de vous-même !    

Un grand merci à Varsovie accueil & à notre guide Alicja Parvine. 

Jeanne Sirot (lepetitjournal.com/Varsovie) - Mercredi 30 septembre 2015

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Publié le 29 septembre 2015, mis à jour le 29 septembre 2015
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