Si Varsovie est surtout célèbre pour sa vieille ville, lieu touristique par excellence, d'autres quartiers de la capitale moins connus méritent aussi d'être visités. C'est le cas de Sadyba, quartier au sud-ouest de la ville, que l'équipe du petitjournal.com/Varsovie vous propose de découvrir le temps d'une visite organisée par Varsovie Accueil.
Nous nous retrouvons à l'angle des rues Powsinska et Morszynska prêts à découvrir l'histoire de ce quartier né dans les années 1920 comme beaucoup d'autres de Varsovie (Ochota, Zoliborz,?). En effet, son indépendance retrouvée, la ville peut enfin s'agrandir car jusqu'en 1918, elle était occupée par les Russes qui se retranchaient dans des forts et empêchaient les constructions. Les restes du système de fortifications édifié par les Russes sont visibles dans nombreux endroits de la ville, à Mokotow, à Czerniakow, à Zoliborz avec la Citadelle, partie la mieux conservée et pouvant être visitée. A Sadyba, sur les ruines de l'ancien fort, se trouve désormais un musée de la technologie militaire polonaise dont on peut apercevoir de là où nous sommes des hélicoptères et camions. Plus petit que le musée de l'armée situé dans le centre-ville à côté du musée national, il permet de voir des équipements militaires d'époque et ainsi de découvrir comment fonctionnait l'armée polonaise à la fin du XIXème siècle.
Aujourd'hui réunies sous le nom de Sadyba, le quartier était divisé en deux parties avant la Seconde Guerre mondiale : le Sadyba des officiers où résidaient les généraux de l'armée et celui du « Jardin-ville Czerniakow » où habitaient les cadres de l'administration. La rue Powsinska relie aujourd'hui les deux mais n'existait pas l'époque. Un train qui faisait le lien entre les quartiers a fonctionné jusqu'à la fin des années 50. Mais le trajet n'était pas des plus rapides, le train faisant de nombreux détours, empruntant par exemple la rue Okrezna (qui signifie justement « détourné »en polonais) !
Le Sadyba des officiers
Si sa maison a été bien rénovée, d'autres ont gardé les stigmates du temps comme celle conçue par Jozef Handzelewicz. Grand architecte, c'est lui qui a conçu le vaste bâtiment de la poste centrale à ?wi?tokrzyska. C'est ce qu'indique notamment un panneau explicatif dont le quartier regorge : leurs explications en polonais vous échapperont peut-être mais les photos d'époque permettent de constater la transformation du quartier.
Grâce aux photos d'époque, on remarque notamment que le niveau d'eau du fossé Legionow Dabrowskiego était bien plus élevé. Les canons que l'on voit ne sont probablement pas d'époque car ils auraient été alors immergés sous l'eau et dirigés dans le mauvais sens (ils sont pointés vers le fort russe).
La maison suivante était celle de Tadeusz Kasprzycki, membre des Légions polonaises pendant la Première Guerre mondiale puis général de l'armée polonaise et ministre des affaires militaires de la Pologne. La villa au toit à quatre pentes a été conçue par les architectes Jozef Handzelewicz et Tadeusz To?wi?ski. Ce dernier est l'architecte du bâtiment du musée national.
« Ville-jardin Czerniakow »
Découvrons maintenant l'autre partie de Sadyba, s'appelant autrefois ville-jardin de Czerniakow. Comme pour le Sadyba des officiers, le quartier est composé de villas avec jardins, construites sur un terrain entre 900 et 1100m2 selon des lois très strictes concernant la hauteur des maisons, leur forme, les décorations, et même l'agencement du jardin, afin de préserver l'unité du quartier. Ce dernier était tout à fait indépendant avec des églises, des écoles maternelles, une place publique, etc?
Rue Okrezna, nous pouvons voir une locomotive, rappelant le train qui permettait l'accès au quartier. Car le modèle que l'on aperçoit n'est pas d'origine, même si son état et sa rouille peuvent le laisser penser ! Les rails de l'époque n'étaient pas de bonne qualité et les accidents étaient fréquents.
Contrairement à l'autre partie de Sadyba, les maisons de Czerniakow ont été bien rénovées et sont ainsi parfois très différentes de leur aspect d'origine. Plus confortables, leur coût peut parfois atteindre aujourd'hui 3 millions de zlotys.
Le quartier est éclairé par des lampadaires, imitant les lampes à gaz d'époque et fonctionnant à l'électricité (ci-dessous, photo de gauche), mais aussi par de véritables lampes à gaz (voir ci-dessous photo de droite) ! Datant des années 30, certaines fonctionnent encore. Pour ceux qui en doutent et sont un peu acrobates, vous pouvez vérifier par vous-mêmes : pour les allumer, il faut tirer vers le bas une petite poignée en métal dans la lampe.
Devant une maison qui semble abandonnée mais toutefois habitée, rue Godebskiego, se trouve une structure rectangulaire en métal. Notre guide nous révèle qu'il s'agit d'un objet fort utile, servant à étendre les tapis : enfants et parents viennent alors frapper avec des bâtons le tapis pour le dépoussiérer. Un objet typique des cours des maisons des années 1970, utilisé également comme terrain de jeu par les enfants s'amusant à grimper dessus.
Les maisons ayant conservé leur état d'origine sont plus rares à « jardin-ville Czerniakow » mais l'on peut tout de même en trouver comme au 18 rue Jodlowa. Cette maison est l'une des plus anciennes de Sadyba, existant avant la création du quartier. Conservée en l'état, classée monument historique, elle est habitée et souvent utilisée pour les tournages de films.

Enfin, prenez le sentier à gauche du manoir pour aller voir des ruines, derniers vestiges d'une époque. Il s'agit en effet de restes d'un réfrigérateur ! On y stockait la glace provenant du lac gelé en hiver pour y conserver les aliments. Car le quartier de Sadyba est construit autour d'un grand lac naturel, le lac Czerniakow, très apprécié des habitants de Varsovie.
Merci à Varsovie Accueil et à notre guide Malgorzata Chmielowska-Magnier !
© Photos : Hélène Sancey-Dodivers
Hélène Sancey-Dodivers (lepetitjournal.com/Varsovie)- Mardi 17 mai 2016
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