

Figure mythique de la littérature européenne, Don Juan est dès le XVIIème siècle ce personnage libertin et cynique que le Ciel finit par condamner. Mozart s'empare de ce thème et le met en musique en 1787. Dès lors, le succès ne se dément pas, et cette ?uvre emblématique figure aujourd'hui parmi les dix opéras les plus joués au monde. L'Opera Kameralna en propose une version classique magistralement interprétée par Robert Gierlach, chanteur lyrique polonais à la carrière internationale.
Un personnage fascinant?
Au XVIIème siècle, en Espagne. Leporello attend son maître Don Giovanni parti séduire Donna Anna. Venu la secourir, son père, le Commandeur, meurt dans le duel qui l'oppose à Don Giovanni. Ce dernier repousse par la suite Donna Elvira, une ancienne conquête toujours éprise de lui, puis jette son dévolu sur Zerlina, une jeune villageoise sur le point de se marier. Scandalisés par tant de turpitudes, tous lui prédisent un juste châtiment.
Don Giovanni poursuit ses méfaits en endossant les habits de Leporello. Passant devant la tombe du Commandeur, il convie la statue de celui-ci à souper. Cet ultime blasphème provoquera sa perte.
Résolu à défier en permanence la morale, la société et Dieu, Don Giovanni exerce toutefois une certaine fascination pour cette liberté qu'il s'octroie, absolue et implacable. De nombreux airs célèbres accompagnent sa funeste destinée, la ponctuant aussi de moments légers faits d'insouciance "Finch'han dal vino" ou de délicatesse "Là ci darem la mano" - ce dernier air ayant même été repris par Frédéric Chopin sous forme de variations pour piano et orchestre.
Quant à la musique, elle tient du prodige lorsque le bal, clôturant le premier acte, est conduit par trois petits orchestres jouant simultanément sur scène trois mélodies bien distinctes?
Habitué des grandes scènes internationales, Robert Gierlach interprète chacun de ses rôles avec brio et jubilation. Les critiques internationales ne s'y trompent pas quand elles louent son jeu de scène époustouflant et sa voix de baryton-basse, au registre étendu et puissant.
C'est avec une aisance et un plaisir non dissimulé qu'il campe chacun de ses personnages : "Pour moi ça ne fait aucune différence de jouer un jour un grand seigneur et le lendemain son serviteur. Ça m'amuse même beaucoup ! Et c'est un réel bonheur que d'interpréter des personnages de Mozart : la musique est belle et élégante, et toujours accompagnée de magnifiques arias".
Quant à incarner Don Giovanni, c'est dans un grand éclat de rire que Robert Gierlach en parle : "J'aime beaucoup interpréter les "méchants". Ils poussent le chanteur à faire appel à son propre côté obscur pour être convaincant, et c'est plutôt amusant de braver des interdits qui n'auront aucune incidence sur la vie réelle". Puis, avec une pointe de respect : "Don Giovanni intrigue, car il refuse toute possibilité de rédemption, prêt à se damner plutôt que de se renier?"
Lorsqu'il évoque son succès actuel, Robert Gierlach n'oublie pas de préciser que c'est au public du Festival d'Automne de Semur-en-Auxois qu'il le doit! «Alors même que j'étais encore étudiant, j'ai eu l'opportunité d'interpréter Leporello dans le cadre de ce festival. L'accueil fut inoubliable! Ma carrière a véritablement démarré à ce moment-là».
Les représentations auront lieu le 25 juin à 19h00 à l'Opera Kameralna et les 20 et 21 juillet dans la cour du château de Wilanow.
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Renseignements en anglais : + 48 22 625 75 10 du lundi au vendredi de 8 h00 à 16h00
Florence Ducrest (www.lepetitjournal.com/varsovie) - mardi 4 juin 2013
Photos : Opera Kameralna







