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Robin Haon : « Valencia c’est une ville facile à vivre »

Par Shirley SAVY-PUIG | Publié le 20/09/2019 à 03:48 | Mis à jour le 20/09/2019 à 04:13
Robin Haon Foot

Fils d’un professeur d’EPS, Robin Haon a le sport qui coule dans ses veines et c’est vers la kinésithérapie que ce jeune nîmois de 28 ans s’est naturellement orienté. Entre deux patients qu’il reçoit à l’Arena Beach Club de l’Alboraya ou au Centro médico de la Canyada, il exerce ses missions de coordinateur du service des sports à l’Université de CEU de la Moncada et intervient également dans une académie de football. Après sept ans d’expatriation à Valencia, il revient sur son parcours et nous dévoile ses impressions sur la ville. A vos marques, prêts … lisez ! 

 

Lepetitjournal.com/Valence : Pouvez-vous nous résumer votre parcours en quelques mots ?

Robin Haon : J'ai toujours voulu faire kiné. Cela m'a toujours plu. Je suis allé en STAPS. J'ai fait une licence à Montpellier, en management du sport mais je me suis rendu compte que je ne pourrai pas faire grand-chose de ma vie. Du coup je me suis repenché sur la carrière de kiné. Cependant je ne voulais pas passer par ce système de sélection complètement aberrant – qui d’ailleurs maintenant n’existe plus. C’est mon dentiste qui m’a parlé du cursus de kinésithérapie de Valencia. Je n’étais pas forcément chaud au départ car j’avais pas mal de préjugés. Je connaissais simplement l’Espagne pour y être allé en vacances avec mes parents mais après réflexion je me suis dit pourquoi pas. Je suis venu à Valencia et j’ai fait mon inscription à la fac en 2012. 

 

Vous avez donc fait quatre années d’étude à l’Université de CEU, à la Moncada ?

Oui. Au bout de ces quatre ans, je devais normalement rentrer en France, mais en fait, j’ai prolongé mes études en faisant un master kiné du sport. C’est à la fin de ce master que je me suis rendu compte que je ne voulais vraiment pas partir. J’ai donc postulé au service des sports de mon Université. Les responsables me connaissaient car j’avais gagné plusieurs médailles en escrime universitaire et mon profil les intéressait parce qu’il y a quand même 40% de français sur toute l’université. 

 

C’est à la fin de mon master que je me suis rendu compte que je ne voulais vraiment pas partir

 

Votre travail c’est également d’accueillir les étudiants français à l’Université ?

Je suis très axé sur les réseaux sociaux. Il y a donc beaucoup de gens qui me contactent pour que je réponde à leurs questions mais ce n’est pas mon boulot. Je le fais pour dépanner. J’essaie aussi d’expliquer aux nouveaux arrivants les études en Espagne, comment faire leur équivalence, etc. Je le fais avec plaisir parce que quelqu’un m’a aidé quand je suis arrivé ici. L’université étant privée, il n’y a pas de concours, tout le monde peut y entrer. Et du coup personne ne se met de bâtons dans les roues, tout le monde s’aide.

 

Robin soigne les joueurs de l'académie de football

 

Pensez-vous qu’il existe une culture du sport plus importante ici qu’en France ?

Il suffit de se promener en ville, dans le Turia, la Ronda Norte ou Blasco Ibañez pour s’apercevoir que les gens courent énormément. Ici, beaucoup de gens vont à la salle de sport. C’est sûrement dû au climat, à la géographie. La ville est plate donc c’est vrai que combiné au climat, cela pousse les gens à faire du sport. On n’a pas trop d’excuses pour ne pas se bouger !

 

Vous travaillez également pour une académie de football. Comment vous êtes-vous retrouvé dans cette formidable aventure ? 

Après mon diplôme, j'ai commencé à prendre quelques patients par semaine. Un de mes amis qui travaillait dans la Escuela de Futbol de San José, cherchait un kiné pour son équipe cadet et junior. Il me propose de participer aux matchs en tant que soigneur. Un peu plus tard, le frère du directeur général du club qui était également un de mes professeurs lors de mon Master, me contacte et m’explique qu’il a beaucoup de patients qu’il reçoit au Beach Arena Alboraya. Il me propose donc de m’en laisser quelques-uns. C’est après qu’il m’a annoncé que nous allions nous occuper de l'académie Spanish Pro Football. C’est une académie à Beniferri où s’entraînent des jeunes talents du football. Ce sont des joueurs qui viennent se former à Valencia et qui deviendront professionnels dans leur pays d'origine. Ils viennent développer leur potentiel en Espagne pour devenir les meilleurs de leur pays. 

 

En parlant de foot, vous êtes un fervent supporter du Valencia C.F. Supportiez-vous déjà ce club en France ?

Je ne vais pas raconter d’histoires, je connaissais le club mais je suis devenu supporter grâce à mes amis de l’escrime. J’allais avec eux au stade, j’ai pris mon abonnement et c’est comme cela que je suis devenu un fervent supporter. 

 

Pourquoi aimez-vous Valencia ?

J'adore cette ville parce elle est à taille humaine. Du centre-ville à la plage, en marchant à un bon rythme, on en a pour trente minutes. Il y a le métro, le tram … Ce n'est pas une mégalopole comme Madrid, Paris ou Barcelone mais ce n'est pas non plus un "pueblo". C'est parfait. Il n’y a jamais de bouchons. C’est une ville facile à vivre. Je l’aime par rapport à tout cela et par rapport à son climat bien évidemment. C’est vrai qu’il fait beau quasiment tout le temps. 

 

Je pourrais très bien rentrer en France et gagner deux à trois fois plus mais je sais que je n’aurais pas cette qualité de vie.

 

Votre Valencia à vous, qu’est-ce que c’est ? Imaginons que des amis ou votre famille viennent vous voir, où les emmenez-vous ? 

J’adore mon quartier, du côté de Jardin de Viveros, Blasco Ibanez et descendre sur le Cabanyal. Je vais rarement dans le centre. J’y allais au début, mais maintenant je bouge surtout dans mon secteur. 

 

Et vos incontournables ?

Le Turia et la Cité des Sciences. Et sinon j’ai mes adresses comme la Casa Montaña, en plein Cabanyal, la Pascuala. Il y a également le nouveau bar à la mode La Fabrica de Hielo. La Bodega Fila sur Manuel Candela où je vais le plus souvent avec mes amis Erasmus qui sont plus jeunes. En fait, j’ai un répertoire en fonction des gens que j’accueille ! 

 

Robin au stade de Mestalla

 

Quelles sont les choses que vous n’aimez pas à Valencia ?

Le travail. S’il y avait du travail ici, je pense que peu d’étudiants de ma promotion seraient repartis. Moi j’ai de la chance mais je ne vis pas de la kinésithérapie. C’est le point noir. Pour le moment je me maintiens comme ça et petit à petit je commence à avoir des clients, pas mal de français d’ailleurs. Mais j’ai un salaire de misère pour le taux horaire que je fais. Après, c’est un choix de vie. Je pourrais très bien rentrer en France et gagner deux à trois fois plus mais je sais que je n’aurais pas cette qualité de vie. Pour l’instant, ça va, mais dans 10 ou 15 ans, j’en aurai peut-être marre de travailler 55 à 60 heures par semaine. D’ici là, il y aura peut-être une nouvelle opportunité en tant que kiné qui se présentera.

A part ça, je dirais que les prix sont en train de monter. Je le vois dans les boites de nuit, les plages, les endroits privés. C’est une impression mais j’ai peur que Valencia devienne le nouveau Barcelone. On verra. Les prix grimpent vite, même les loyers. 

 

Valencia c’est bien mais il ne faut pas partir à l’aventure : il faut avoir un projet

 

Quels conseils donneriez-vous à ceux qui veulent s’expatrier à Valencia ?

Je vois souvent sur internet des gens dirent qu’ils arrivent sans parler un mot d'espagnol. Valencia c’est bien mais il ne faut pas partir à l’aventure : il faut avoir un projet. Autant ceux qui partent vivre à Barcelone Madrid ou en Australie peuvent vite avoir des opportunités, autant il ne faut pas leur mentir. Ici, il n’y a pas une offre débordante, ce n’est pas l’eldorado. Moi je leur dirais qu’il faut venir avec un projet bien précis, avec quelque chose qui soit signé avant. Venir ici à l’aventure en se disant « Je me laisse six mois » ce n’est pas une bonne idée. A Valencia, on ne te donnera pas du boulot comme ça. Je pense également que pour les personnes ambitieuses, Valencia ce n’est pas le bon plan, ce n’est pas ici que l’on devient millionnaire. Mais je me trompe peut-être …


 

Shirley Photo Pro

Shirley SAVY-PUIG

Responsable d'édition - Parisienne de naissance mais Valencienne d'adoption depuis sa plus tendre enfance, cette touche-à-tout aime mettre en lumière la culture espagnole et les personnalités francophones de talent.
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