Édition internationale

DROIT DE L'HOMME- La France et l'Espagne, pas toujours impliquées face aux droits de l’Homme en Tunisie

Écrit par Lepetitjournal Valence
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 13 novembre 2012

Une tribune s'est tenue, il y a quelques jours en Espagne, sur la face cachée de la Tunisie et la violation des droits de l'Homme. L'évènement était organisé par ACSUR, association pour la coopération avec les pays du Sud et le Réseau Euro-Méditerranéen des Droits de l'Homme, pour la coordination entre associations de la région. La tribune était suivie d'une concertation avec les acteurs de la société civile. Kamel Jendoubi, dirigeant du Réseau, revient sur les liens entre la Tunisie et certains pays européens, comme la France et l'Espagne

(Photo Lepetitjournal.com)
Lepetitjournal.com : Quelles sont les positions de l'Union Européenne vis-à-vis de la Tunisie ?
Kamel Jendoubi : Plus les choses avancent, plus elles empirent. On veut accorder à la Tunisie "un statut avancé", alors que l'accord d'association de l'UE avec des pays tiers, faisant de la reconnaissance des droits de l'homme et des valeurs démocratiques un élément essentiel à la coopération, n'est pas réel en Tunisie. Et des pays, comme la France, l'Espagne ou l'Italie bloquent les tentatives de durcissement.

Pour quelles raisons ?
Economiques. Ces pays ont de bonnes relations avec la Tunisie. L'Espagne est un partenaire intéressant pour le pays, à l'import comme à l'export. Quant à la France, il s'agit du premier partenaire économique de la Tunisie. Ce qui, pour l'Hexagone, ne doit pas représenter beaucoup, mais est très important pour les Tunisiens.

Vous-même êtes à la tête d'une association en France ?
Je dirige le Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l'Homme en Tunisie, crée il y a une dizaine d'années à Paris. Nous servons de relais à l'information, effectuons des plaidoyers et menons des actions de coordination entre les organisations. Il faut savoir qu'il y 10-12 ans, c'était le black out sur ce qui se passait en Tunisie.

Et pour ce qui est du Réseau Euro-Méditerranéen, quelle est la contribution française ?

Le Réseau n'a rien à voir avec les Etats : il s'agit d'une plateforme d'associations. Mais il reçoit des contributions. La France donne peu et seulement pour certains thèmes, comme la justice. Il n'y a pas de raison a priori : elle préfère donner à d'autres organisations, comme la Fédération Internationale des Droits de l'Homme. Ce sont les pays du Nord qui contribuent le plus (Suède, Danemark) et la Commission Européenne.

Quel est le but de votre action en Espagne ?
Sensibiliser un pays qui ne l'est pas par rapport aux droits de l'Homme en Tunisie et qui a d'importantes relations avec le Maghreb?. L'objectif du Réseau  pour la Tunisie est de briser l'isolement des militants, de réfléchir à l'envoi d'observateurs internationaux dans les procès et aux moyens de contourner la censure. Nous travaillons de plus à la production d'un rapport sur les engagements pris en la matière entre la Tunisie et l'UE.


Julia GAULON (www.lepetitjournal.com ? Espagne) mercredi 13 mai 2010

lepetitjournal valencia alicante
Publié le 13 mai 2010, mis à jour le 13 novembre 2012
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