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CARNAVAL EN ITALIE - Une tradition toujours actuelle

Écrit par Lepetitjournal Turin
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 15 novembre 2012

 

Du Jeudi gras au Mardi gras, le carnaval est encore une tradition bien vivante en Italie. Le point sur une fête aux origines antiques dont certains aspects sont toujours actuels

Toutes simples ou fourrées, les bugie sont les reines du carnaval italien (photo Lpj)

Des saturnales au carnaval : pour trouver l'origine du Mardi gras, il faut en effet remonter à cette fête romaine en l'honneur du dieu Saturne. Au moment de ces célébrations accompagnées de grandes réjouissances populaires, l'ordre social était inversé et bien des choses étaient permises? Au Moyen Age, les autorités catholiques reprennent et transforment cette fête profondément païenne en lui donnant un sens religieux : le Mardi gras tel que nous le connaissons est le moment ultime du carnaval, la fin de la période au cours de laquelle on peut manger les meilleurs plats, les plus raffinés mais aussi les plus gras, en un mot tous ceux qui ne pourront être consommés au cours du carême. C'est le dernier jour pour goûter les douceurs typiques du carnaval : les bugie à Turin ou chiacchiere à Naples (cenci, stracci, frappe, galani, cròstoli, sfrappole, chaque région a son appellation).

Aujourd'hui libéré de son caractère religieux, le carnaval est surtout un moment de fête pour les enfants, mais on y retrouve cependant des éléments plus profonds qui rappellent certains aspects des origines : c'est ainsi qu'à travers une expression comme "A carnevale ogni scherzo vale", on affirme implicitement l'existence d'un moment où tout est permis... Et les grands rendez-vous du carnaval en Italie ne sont pas en reste : sur les énormes chars de Viareggio (Toscane), les caricatures imposantes et irrévérencieuses d'hommes et de femmes célèbres appartenant au monde de la politique ou du spectacle dénotent une liberté de la société civile vis-à-vis des autorités, le tout avec une liberté de ton qui peut surprendre. Le carnaval de Venise, quant à lui, où le port du masque offrait un anonymat absolu et permettait le franchissement de toutes les barrières sociales, représentait le lieu et le moment idéal de renversement de l'ordre social établi.

Le carnaval d'Ivrea et la bataille des oranges

Difficile de parler du carnaval en Italie sans citer le carnaval le plus célèbre du Piémont : la célèbre bataille des oranges d'Ivrea est une allégorie, le symbole de la révolte d'une ville contre le despotisme, en souvenir du personnage héroïque de Violetta, fille de meunier (on la surnomme la Bella Mugnaia), qui refusa les avances du seigneur du lieu avant de tuer le despote, donnant ainsi le signal d'une révolte populaire. Aujourd'hui encore, le spectacle continue à Ivrea : dimanche, lundi et mardi prochains, à 14h15, vous pourrez assister -et participer- à la célèbre bataille des oranges. Mardi 21, la bataille sera suivie à 17h30 de la remise des prix pour les différentes équipes. A 21h30, pour clôturer les réjouissances, le feu purificateur devra dévorer le scarlo, un poteau recouvert de lierre, devant la Bella Mugnaia qui doit tenir son épée en l'air tant que les flammes se lèvent (dans le cas contraire, l'année pourrait être néfaste). Puis une marche funèbre : en silence, au son des tambours et des flûtes, la foule défile jusqu'à la place Ottinetti pour le salut final du carnaval.

Christine CORREALE (www.lepetitjournal.com ? Turin) vendredi 17 février 2012

Publié le 17 février 2012, mis à jour le 15 novembre 2012
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