

Du Jeudi gras au Mardi gras, le carnaval est encore une tradition bien vivante en Italie. Le point sur une fête aux origines antiques dont certains aspects sont toujours actuels
Toutes simples ou fourrées, les bugie sont les reines du carnaval italien (photo Lpj)
Des saturnales au carnaval : pour trouver l'origine du Mardi gras, il faut en effet remonter à cette fête romaine en l'honneur du dieu Saturne. Au moment de ces célébrations accompagnées de grandes réjouissances populaires, l'ordre social était inversé et bien des choses étaient permises? Au Moyen Age, les autorités catholiques reprennent et transforment cette fête profondément païenne en lui donnant un sens religieux : le Mardi gras tel que nous le connaissons est le moment ultime du carnaval, la fin de la période au cours de laquelle on peut manger les meilleurs plats, les plus raffinés mais aussi les plus gras, en un mot tous ceux qui ne pourront être consommés au cours du carême. C'est le dernier jour pour goûter les douceurs typiques du carnaval : les bugie à Turin ou chiacchiere à Naples (cenci, stracci, frappe, galani, cròstoli, sfrappole, chaque région a son appellation).

Le carnaval d'Ivrea et la bataille des oranges
Difficile de parler du carnaval en Italie sans citer le carnaval le plus célèbre du Piémont : la célèbre bataille des oranges d'Ivrea est une allégorie, le symbole de la révolte d'une ville contre le despotisme, en souvenir du personnage héroïque de Violetta, fille de meunier (on la surnomme la Bella Mugnaia), qui refusa les avances du seigneur du lieu avant de tuer le despote, donnant ainsi le signal d'une révolte populaire. Aujourd'hui encore, le spectacle continue à Ivrea : dimanche, lundi et mardi prochains, à 14h15, vous pourrez assister -et participer- à la célèbre bataille des oranges. Mardi 21, la bataille sera suivie à 17h30 de la remise des prix pour les différentes équipes. A 21h30, pour clôturer les réjouissances, le feu purificateur devra dévorer le scarlo, un poteau recouvert de lierre, devant la Bella Mugnaia qui doit tenir son épée en l'air tant que les flammes se lèvent (dans le cas contraire, l'année pourrait être néfaste). Puis une marche funèbre : en silence, au son des tambours et des flûtes, la foule défile jusqu'à la place Ottinetti pour le salut final du carnaval.
Christine CORREALE (www.lepetitjournal.com ? Turin) vendredi 17 février 2012






