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INTERVIEW - Arno Klarsfeld, Président de l'OFII

Par Lepetitjournal Tunis | Publié le 08/02/2012 à 00:00 | Mis à jour le 05/01/2018 à 08:30

Nous avons rencontré Arno Klarsfeld, Président de l'Office Français de l'Immigration et de l'Intégration, lors de sa visite à Tunis. Arno Klarsfeld, avocat et conseiller auprès de Nicolas Sarkozy depuis 2005, a été nommé à la présidence de l'OFII (Office français de l'immigration et de l'intégration) en septembre 2011

 

Arno Klarsfeld - crédit photo : OFII.fr{jcomments off}

lepetitjournal.com : Pourquoi avoir choisi la Tunisie pour votre  première visite en dehors de l'Europe ?

Arno Klarsfeld : Ma visite a pour objectif de veiller au bon déroulement des programmes de réinsertion, lancés par le Directeur Général de l'OFII, sur instruction de Claudé Guéant suite à sa dernière réunion de travail en Tunisie, en juin dernier.
La Tunisie est un pays pionnier avec lequel la France a de nombreuses relations, et de surcroît un pays qui s'est ouvert vers la liberté, même si l'histoire n'est pas terminée.
Le plus grand poète français Victor Hugo a dit "Ô révolutions ! j'ignore, moi, le moindre des matelots, ce que Dieu dans l'ombre élabore, sous le tumulte de vos flots", et le plus grand poète anglais William Shakespeare, "l'histoire humaine, c'est un récit raconté par un idiot plein de bruit et de fureur, et qui ne signifie rien".
On ne peut anticiper l'avenir, mais on peut avoir confiance dans le peuple tunisien, qui est un peuple épris de liberté, intelligent, avec un excellent taux d'alphabétisation et de scolarisation, pour aller vers une société tolérante, éprise de démocratie, de liberté et douée pour la libre entreprise.
On le sait, les systèmes dictatoriaux et corrompus ne peuvent mener qu'au malheur. La corruption est l'ennemi du peuple. On a bien vu sous Ben Ali que quand un système mafieux est en place, l'économie vient à péricliter parce que les entreprises étrangères hésitent à investir. J'ai vu la même situation en Haïti qui devrait être un paradis, et qui est finalement un enfer à cause du même modèle de système mafieux.

Vue de Tunisie, la politique migratoire de la France parait extrêmement restrictive, qu'en est il réellement ?

Si je suis tunisien et que je souhaite venir travailler en France, effectivement je peux considérer que la politique migratoire est restrictive. Maintenant si je me mets à la place d'un chômeur français en difficulté, qui n'arrive pas à trouver un emploi, je n'aurais certainement pas envie de voir des personnes en situation irrégulière alourdir ma situation et les chiffres sociaux. Notre pays entend effectivement maitriser les flux migratoires qui impactent le marché du travail. La France a une politique d'intégration qui doit être respectée, afin de pallier les problèmes d'intégration, de logement et de chômage et de lutter contre la clandestinité.

Cette politique est basée sur l'accord 566 du 28 avril 2008, entré en vigueur le 1er juillet 2009 (décret N° 2009-905 du 24 juillet 2009), qui établit les dispositions les plus favorables pour les étudiants et les travailleurs tunisiens, je rappelle que cet accord privilégié est le seul au Maghreb. Certains Tunisiens pendant la révolution, mal informés, ont cru voir en la France un Eldorado et ont choisi de venir clandestinement alors que la France est en période de crise et de chômage et ne peut donc décemment pas les accueillir. Ceci dit, la France est un pays humaniste et généreux, malgré les rumeurs persistantes en Tunisie.

La vocation universaliste de la culture française fait partie des richesses de notre pays, pourquoi alors chercher à restreindre l'accès de nos universités à des étudiants étrangers ?
Les étudiants tunisiens en France sont actuellement au nombre de 15.000, et 4.000 nouvelles inscriptions sont acceptées chaque année, si elles remplissent les conditions de niveau d'étude (Master ou Licence professionnelle obtenue dans un établissement tunisien conventionné).
Les étudiants continuent donc à être les bienvenus chez nous et je précise qu'à l'issue de leurs études, ils peuvent bénéficier d'une première expérience professionnelle conduisant à un changement de statut. Ils disposent d'une période de 6 mois, renouvelable 6 mois, pour trouver leur employeur.
De plus, Un accord entre la France et la Tunisie permet à ces étudiants, à l'issue de leur études et expérience professionnelle, de revenir en Tunisie avec une aide de l'OFII pour développer un projet économique de réinstallation en Tunisie. Ces projets sont suivis en Tunisie par la représentation de l'OFII à Tunis et l'ANETI dont j'ai l'intention de rencontrer les responsables au cours de mon court séjour à Tunis.
En conclusion la gestion des flux migratoires ne se fait en aucun cas au détriment des étudiants, et encore moins des Tunisiens, puisqu'ils bénéficient d'un statut particulier : depuis le 28 avril 2008, la Tunisie est le seul pays du Maghreb a avoir bénéficié de ce partenariat privilégié pour les étudiants.  

Pour conclure, l'OFII participe au développement des régions en Tunisie au travers de microprojets, pourriez-vous nous en dire plus sur ces actions ?
L'OFII, dont j'exerce la Présidence, a donc mis en place une aide au retour humanitaire à savoir un pécule de 300 euros et la prise en charge des frais de transport pour le retour volontaire de ces irréguliers.
Dans le cadre de l'accord de gestion concertée des flux migratoires, signé entre la France et la Tunisie, il avait été convenu que notre pays pouvait aider à la réinstallation des ressortissants tunisiens retournés en Tunisie, ce qui a débuté sous couvert de l'Ambassade de France et de partenaires locaux.
Outre le partenariat que nous avons avec l'ANETI, l'OFII va signer un accord de coopération avec l'ONG ADDCI de la région de Zarzis qui permettra de mettre en place des financements en soutien de micro projets de développement de petites entreprises individuelles dans le sud tunisien.
Les aides de l'OFII ne sont pas des aides à la personne, mais des aides au projet.Nous aidons aux études de montage et de faisabilité des projets, nous pouvons aider à la formation du porteur de projet, ainsi qu'au financement du projet lui-même.

Nous souhaitons nous assurer de la durabilité du projet, c'est pourquoi nous en assurons l'accompagnement et le suivi pendant au moins une année, grâce à l'intervention d'un opérateur que nous rémunérons. Ce matin nous avons d'ailleurs visité deux auto-entrepreneurs tunisiens établis en France et qui ont souhaité créer leur entreprise en Tunisie afin de pouvoir réintégrer leur pays. Pour le premier, bizertin, l'OFII a financé à hauteur de 6.000 euros l'achat du matériel nécessaire au démarrage de son entreprise de menuiserie métallique. Le second, originaire de l'Ariana, a bénéficié d'une aide pour son entreprise personnelle de jardinage et décoration.

Ces aides ont également pour but de favoriser l'embauche d'employés tunisiens par les bénéficiaires, et de favoriser ainsi la réduction du chômage. Ces personnes d'un très bon niveau, ont ainsi toutes les chances de voir prospérer leur entreprise.

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Propos recueillis par la rédaction (www.lepetitjournal.com/tunis.html) mercredi 8 février 2012

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