

Jeudi 17 octobre à Goubellat deux agents de la garde nationale : le lieutenant Mohamed Ferchichi et le sergent Karim Hamdi ont été tués par un groupe de terroristes. Les opérations de ratissage ont permis d'arrêter 13 d'entre eux
Lors une tournée d'inspection dans la région de Tella (gouvernorat de Béja), ces agents avaient été pris pour cible alors qu'ils vérifiaient des informations faisant état de la présence d'un groupe armé dans une maison à Dour Ismaïl.
En effet, des opérations d'enquête et de ratissage étaient lancées dans les gouvernorats de Jendouba et Béja, suite à une tentative de prise d'assaut du poste frontalier de la Garde nationale à El Mella, dans la délégation de Ghardimaou (gouvernorat de Jendouba), par un "groupe terroriste", le 15 octobre.
Un troisième agent a été grièvement blessé et transporté à l'hôpital.
Arrestations
Des armes et munitions ont été saisies dans la maison abritant le groupe terroriste. Plusieurs des membres attaquants ont été tués ou arrêtés le jour même.
Les opérations militaires menées depuis jeudi, ont permis d'arrêter 13 des 15 membres ayant participé aux attaques de Goubellat et El Mella : 9 d'entre-eux ont été tués et 4 autres ont été arrêtés.
L'un deux est Lotfi Ezzine, membre de l'organisation classée terroriste d'Ansar Al Chariâa, déjà impliqué dans les assassinats de Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi, respectivement le 6 Février et le 25 Juillet.
Les opérations de ratissage se poursuivent.
Des aveux inquiétants
Les terroristes arrêtés ont avoué qu'un plan de déstabilisation du pays est planifié, dont des attentats à l'explosif à des endroits stratégiques et sensibles répartis sur l'ensemble du territoire (y compris Tunis).
Le Nord-Ouest, puis Tunis, le Sud et le Centre étaient respectivement ciblés par les terroristes et le plan avait également pour objectif de permettre aux terroristes de Jbel Châambi de se déplacer.
Le nom des commanditaires n'est pas encore connu.
Deuil national agité
Le président de la République Moncef Marzouki a décrété le samedi 19 octobre 2013, journée de deuil national, avec la mise en berne des drapeaux.
L'ambassade d'Égypte à Tunis a également mis le drapeau égyptien en berne dans un signe de solidarité avec le peuple tunisien. "Ce geste vise à soutenir les efforts du peuple tunisien dans sa lutte contre le terrorisme, une lutte partagée par le peuple Égyptien" a précisé Nouha Khedher, responsable des affaires égyptiennes en Tunisie.
Les trois présidents, Moncef Marzouki, Ali Laârayedh et Mustapha Ben Jaâfar, se sont rendus le vendredi 18 octobre 2013 à la caserne d'El Aouina, pour assister à la cérémonie d'hommage aux deux membres de la garde nationale tués le 17 octobre ont subi la colère des membres du syndicat des forces de la sûreté intérieure. Les insultes et "dégage" ont fusé, provoquant le départ des présidents.
Le syndicat des forces de Sécurité réagit
Le bureau exécutif du Syndicat National des Forces de Sécurité Intérieures appelle les politiques au pouvoir et d'opposition d'exprimer leurs positions par rapport à la montée du terrorisme dans le pays, ainsi que l'accélération des procédures pour l'adoption des deux projets de lois relatifs à l'indemnisation des sécuritaires pour les accidents de travail et la criminalisation des agressions dont ils sont victimes.
Le Bureau exécutif menace de recourir à des moyens de pression qui pourraient aller jusqu'à l'interdiction d'accès aux députés à l'enceinte de l'Assemblée Nationale Constituante.
Manifestation le 23 octobre
L'incident terroriste de ce jeudi a suscité une forte condamnation de la majorité des partis essentiellement ceux du Front de salut national, alliance fondée depuis le 25 juillet dernier, date de l'assassinat de Mohamed Brahmi.
Une manifestation de protestation d'envergure est prévue pour le 23 octobre 2013, soit deux ans après l'élection de l'Assemblée constituante.
De nouvelles attaques salafistes
Un groupe d'individus de la mouvance salafiste a attaqué le poste de police de la rue Jamâa Ezzitouna (Médina de Tunis), samedi 19 octobre, tard dans la soirée. Les agents de permanence ont déclenché le système d'alarme relié au ministère de l'Intérieur poussant les assaillants à s'enfuir. Néanmoins, quatre d'entre eux ont été arrêtés moins d'une heure après l'attaque.
Une agression similaire a eu lieu au poste de police de Sidi Alouane à Mahdia, le même soir. Les attaquants ont brisé les vitres et tenté de s'emparer des armes des policiers, mais ont fini par s'enfuir.
Deux autres postes ont subi des tentatives d'agression déjouées par la police : Ben Arous et Radès.
La rédaction (www.lepetitjournal.com/tunis) lundi 21 octobre 2013
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