Édition internationale

SOCIETE - Marche pour la liberté, 10.000 manifestants contre l'obscurantisme

Écrit par Lepetitjournal Tunis
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 5 janvier 2018

 

Les exactions répétées de salafistes, ainsi que les interventions, la semaine dernière, de personnalités divergentes de la scène politique ont fini par provoquer la réaction de l'opposition, des syndicats et des associations et déclencher une grande marche pacifiste pour toutes les libertés

Les partis de l'opposition, les associations citoyennes, les syndicats des enseignants, les avocats et les juges se sont réunis pour une marche pour la défense des libertés d'expression, de penser, d'enseigner, d'apprendre, de critiquer toutes les libertés, sans exception. Leur appel a fait le buzz sur les réseaux sociaux et plusieurs milliers de personnes se sont donné rendez-vous à la place des droits de l'homme.

C'est une marée rouge de drapeaux tunisiens qui a recouvert l'avenue Mohamed V en quelques heures, rappelant le parti le plus important représenté lors de cette marche : la Tuniisie, tel le slogan multi-partagé en fin de semaine : "un seul parti : la Tunisie".

La poilice a annoncé le nombre de 10.000 participants, il pourrait avoir atteint 15.000 au plus fort de la marche selon les associations et syndicats.

La Manouba excède

La Manouba, semblerait-il, n'a pas fini de subir les "fantaisies" des salafistes, malgré l'intervention des forces de l'ordre, et l'appel au calme de Sihem Badi, ministre de la Femme. Par ailleurs, les tentatives de censure sauvage contre une librairie, une affiche publicitaire, du street art, ainsi que les multiples incidents durant l'affaire Nessma, et particulièrement les agressions de journalistes, avaient déjà provoqué de nombreuses réactions dans les milieux démocrates.

Mais la "goutte d'eau" fut l'intervention de Sadok Chourou lundi, lors de la séance des questions au gouvernement consacrée à la situation générale dans le pays. M. Chourou a expliqué que les sit-in sont le fait de forces contre-révolutionnaires (qu'il n'a pas nommées), ennemies du peuples, qui méritent, selon un verset du Coran, «la récompense de ceux qui font la guerre contre Allah et son messager, et qui s'efforcent de semer la corruption sur la terre, c'est qu'ils soient tués, ou crucifiés, ou que soient

coupées leur main et leur jambe opposées, ou qu'ils soient expulsés du pays. Ce sera pour eux l'ignominie ici-bas ; et dans l'au-delà, il y aura pour eux un énorme châtiment, excepté ceux qui se sont repentis avant de tomber en votre pouvoir : sachez qu'alors, Allah est Clément et Miséricordieux.» (Coran sourate 5, Al-Maida, versets 33 et 34).

L'intervention de Beji Caïd Essebsi (voir notre article)  n'a pas manqué de galvaniser et de rassembler de nombreux démocrates.

Isabelle Enault (www.lepetitjournal.com/tunis.html) lundi 30 janvier 2012

Les photos sont de Ramzi Ben Fraj, cinéaste, à qui nous consacrerons un article dans la semaine

Plus d'infos sur la Manouba :

http://www.lepetitjournal.com/tunis/a-la-une-tunis/91581-societe-la-contestation-ne-faiblit-pas.html
http://www.lepetitjournal.com/tunis/a-la-une-tunis/92678-societe-les-enseignants-de-la-faculte-de-la-manouba-protestent-devant-le-ministere-de-lenseignent-superieur.html
http://www.lepetitjournal.com/tunis/actu-en-bref-tunis/92745-societe-le-sit-in-de-manouba-enfin-leve.html
http://www.lepetitjournal.com/tunis/a-la-une-tunis/93624-gronde-sociale-la-tunisie-face-aux-protestations-sociales.html

logofbtunisie
Publié le 30 janvier 2012, mis à jour le 5 janvier 2018
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