Édition internationale

SOCIETE - Les salafistes de Manouba déchirent le drapeau national

Écrit par Lepetitjournal Tunis
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 5 janvier 2018

La dernière provocation des salafistes de la Manouba a déclenché hier des affrontements sanglants entre étudiants dont plusieurs blessés, nécessitant l'intervention de la brigade d'intervention et de la garde nationale

 

crédits photos : J. Maadoui

La présidence de la République a dénoncé la dernière exaction des salafistes de la Manouba, en indiquant qu'il s'agissait d'un acte lâche, condamnable et un crime à l'encontre de la patrie et des martyrs. Elle exhorte les autorités sécuritaires et judiciaires à traiter cet incident et les actes similaires avec un maximum de rigueur et de force afin que nul ne s'aventure dorénavant à porter atteinte au drapeau national.

Rappel des faits

Hier, un étudiant salafiste a retiré le drapeau national du haut de l'édifice de la faculté pour le remplacer par un drapeau salafiste. Presque immédiatement, une jeune étudiante a escaladé le mur pour s'opposer à lui, qui l'a jetée violemment à terre. D'autres étudiants sont venus à son secours et ont retiré le drapeau salafiste. De rage, l'étudiant salafiste a déchiré le drapeau national avant de le jeter au sol et déclenché une bagarre qui a dégénéré en affrontements sanglants, certains salafistes étant munis d'armes blanches.

Les secours ont été appelés et 6 véhicules de la garde nationale, 3 véhicules de la brigade d'intervention rapide ainsi que plusieurs bus transportant les agents de l'ordre se sont déployés devant la faculté.

3 étudiants ont été transportés à l'hôpital, 2 ont été soignés sur place. Une journaliste de Reuters a

été blessée par les manifestants.

Un affront intolérable

Sur la toile, l'émotion et l'incompréhension ont provoqué débats et partages de vidéos et de photos. Incompréhension devant le laxisme des autorités qui ont laissé s'envenimer la situation qui perdure depuis plus de 3 mois, faute de sanctions réelles pour les salafistes qui ont enchaîné les manquements au règlement de la faculté, tenté d'imposer leurs propres lois et semé le trouble et la discorde. Depuis l'évènement, les internautes tunisiens arborent leur drapeau et rendent hommage à la jeune étudiante blessée. Ils ont également lancé un appel à manifestation dans les heures suivantes pour appeler au respect du drapeau et de la démocratie.

Des représentants de partis politiques, dont Emna Mnif de Kolna Tounes, ont condamné cet acte et appelé à se joindre à la manifestation de ce jour, non seulement pour défendre les acquis de la Femme, mais aussi les valeurs de Citoyenneté, l'honneur de la Patrie et la souveraineté de la Tunisie. D'autre part, un avocat de Mahdia a déjà porté plainte.

Une histoire sans fin

C'est la troisième exaction depuis vendredi à la Manouba, après de nombreux autres les mois précédents. En effet Un sit-in a été tenu par une centaine d'étudiants, dont le leader, Mohamed Bakhti, déjà passé en conseil de discipline. Ce sit in a été déclenché suite à une altercation entre deux étudiantes portant le niqab et Habib Kazdaghli, Doyen de la faculté.

Le Doyen a affirmé que les deux étudiantes avaient saccagé son bureau devant son refus réitéré quant au port du niqab, et qu'il leur a ordonné de quitter les lieux immédiatement. Les deux étudiantes affirment avoir été bousculées par le Doyen et ont immédiatement fait appel au renfort des étudiants salafistes. Habib Kazdaghli, a demandé l'intervention des forces de l'ordre, se sentant en danger.

La Rédaction (www.lepetitjournal.com/tunis.html) jeudi 8 mars 2012

logofbtunisie
Publié le 8 mars 2012, mis à jour le 5 janvier 2018
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