

Les protestations se poursuivent à Sidi Bouzid et dans plusieurs autres villes de l'ouest. Un nouveau sit-in a débuté devant le siège du tribunal de première instance de la région, afin de réclamer la libération des manifestants arrêtés et l'arrêt de la répression musclée
Les sit-inneurs ont, en outre, demandé le départ du gouverneur et du gouvernement, les accusant de les avoir purement et simplement oubliés, malgré les promesses faites à l'approche des élections, pour résorber le chômage qui sévit dans la région.
Des habitants des délégations de Menzel Bouzaiene et de Meknessi ont organisé également des marches nocturnes pour les mêmes raisons.
L'UGTT, Nidaa Tounes, le Mouvement des patriotes démocrates (Watad), et de nombreux acteurs de la société civile, ont exprimé leur soutien aux manifestants et leur indignation devant la répression violente et injustifiée.
La Ligue tunisienne des droits de l'homme (Ltdh) a vivement condamné, par un communiqué du 10 août, la répression des manifestations de Sidi Bouzid et d'autres villes du pays et appelle à la libération de toutes les personnes arrêtées. Elle a demandé l'ouverture d'une enquête indépendante sur dépassements sécuritaires.
Une délégation reçue par Moncef Marzouki
Le président de la République, Moncef Marzouki, s'est entretenu avec une délégation de représentants de la société civile de la région, afin de jauger la réalité des faits et la tension qui régnait ces derniers jours. Selon le communiqué de la présidence qui en a résulté le 12 août, les représentants de la société civile de Sidi Bouzid ont assuré que les tensions étaient dues aux demandes répétées des habitants, concernant les projets de développement et les perspectives d'emploi, la région ayant trop souffert de la marginalisation et de l'appauvrissement, comme cela était prévu dans le programme des élus.
De son côté, le gouvernement rejette toute responsabilité et accuse les "parties d'extrême gauche de préparer une contre-révolution" et Nidaa Tounes de déclencher et d'orchestrer les incidents.
En réponse, Nidaa Tounes a indiqué «Cette crise ne se résoudra pas par de fausses accusations, mais par des politiques équitables» et a demandé les preuves de ses accusations. Nidaa Tounes accuse pour sa part le gouvernement d'être responsable du pourrissement de la situation à Sidi Bouzid, en raison "de ses mauvaises politiques, et de son échec à tenir ses promesses électorales et à satisfaire les impératifs de la période transitoire".
La tension ne redescend pas
L'Union régionale du travail à Sidi Bouzid a appelé à une grève générale pour le mardi 14 août afin de demander la libération des personnes arrêtées lors des évènements récents qui ont eu lieu dans la région et d'arrêter les poursuites engagées à l'encontre des manifestants, en indiquant "il faut rompre avec les pratiques répressives et abusives commises par les forces de l'ordre contre les citoyens qui défendent leurs droits", au cours du meeting auquel participaient : le Front des forces nationales du 17 décembre, l'instance de la protection de la révolution du 17 décembre, les avocats, la Ligue tunisienne de défense des droits de l'homme (Ltdh), ainsi que les partis politiques et les composantes de la société civile.
La Rédaction (www.lepetitjournal.com/tunis.html) lundi 13 août 2012













