

Derniers préparatifs pour le pèlerinage annuel juif à la Ghriba, la plus ancienne synagogue d'Afrique sur l'île de Djerba, où plus de 500 juifs venant de l'étranger ainsi qu'environ 1000 pélerins locaux sont attendus le 9 et 10 mai
Le pélerinage est aussi l'occasion de célébrer Lag Ba Omer, fête juive marquant la mort de Shimon Bar Yochaï, un sage et rabin du IIe siècle.
Suspendu en 2011 en raison de la révolution, il aura bien lieu cette année traditionnellement, mais aussi pour relancer le tourisme et redonner confiance à la communauté juive troublée par les attaques antisémites sur le sol tunisien, après la révolution de janvier 2011.
"LesTunisiens acceptent la différence et la nouvelle Tunisie n'est pas aussi islamiste et radicale que l'on pense. C'est un pays qui respecte les minorités religieuses comme toujours", a estimé M. Trabelsi, membre influent de la communauté et responsable de la Ghriba.
Suite à la visite officielle de Moncef Marzouki à Djerba pour commémorer pour la première fois en Tunisie le 10e anniversaire de l'attentat contre la synagogue, la communauté a repris espoir et qualifié son geste symbolique d'"exceptionnel"".

Malgré ces visites officielles, René Trabelsi a exprimé son étonnement et son inquiétude quant à l'invitation de Youssef Al Qaradhaoui, qui a été accueilli en grandes pompes par Rached Ghannouchi en Tunisie : "Sa présence sur le sol tunisien est une arme de destruction. Il est interdit dans plusieurs pays et s'il lance des propos antisémites, ce sera la fin du pèlerinage de la Ghriba !"
Un attentat marquant
Le 11 avril 2002, un kamikaze faisait exploser un camion citerne devant la synagogue, tuant 21 personnes dont 14 touristes allemands et deux Français. L'attentat revendiqué par Al-Qaïda avait eu des retombées dramatiques sur le tourisme. Il a eu pour effet le départ de nombreux juifs pour l'Europe, les Etats Unis ou Israel. La petite communauté juive tunisienne, qui représente seulement 1.500 personnes dont un millier à Djerba contre 100.000 à l'indépendance en 1956, s'inquiète de nouveau suite à la répétition de slogans antisémites dans des manifestations salafistes, restés impunis.
Fin mars, après la multiplication d'incidents du même genre, le représentant de la communauté à Tunis, Roger Bismuth, a déposé plainte.
D'autre part, le Conseil israélien de sécurité nationale (CNS) a averti que des activistes planifiaient des attentats visant des cibles israéliennes ou juives en Tunisie, déconseillant fortement à ses ressortissants de s'y rendre.
Isabelle Enault (www.lepetitjournal.com/tunis.html) lundi 7 mai 2012













