Édition internationale

PRESSE - Le point sur l'affaire ETTOUNSIA

Écrit par Lepetitjournal Tunis
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 15 novembre 2012

Le 15 février Une instruction contre le journal Ettounsia et son directeur Nasreddine Ben Saïda a été ouverte par le ministère public après la publication d'une photo jugée contraire aux bonnes moeurs. Aujourd'hui, le Directeur du journal est toujours emprisonné, et proteste contre cette arrestation qu'il juge abusive par une grève de la faim

 

A l'issue de cette instruction, le directeur du journal, le rédacteur en chef ainsi qu'un journaliste ont été mis en garde à vue dans « les services de protection des m?urs » à Bouchoucha. La photo incriminée représente Sami Khedira, milieu de terrain du Real Madrid, enlaçant sa femme, le mannequin allemand Lena Gercke, ses mains cachant ses seins nus.

Nasreddine Ben Saïda encourt une peine de 6 mois à 5 ans de prison et une amende de 60 à 600 euros.

Mongi Khadhraoui, secrétaire général du SNJT (Syndicat National des Journalistes Tunisiens), a indiqué après l'annonce de l'arrestation que cette erreur professionnelle ne peut justifier l'arrestation des journalistes. Selon lui, c'est au code de la presse et non au code pénal qu'aurait dû se référer le ministère public pour cette affaire.

Vendredi 17, Habib Guizan, Rédacteur en chef du journal Attounisia a appelé à une mobilisation générale de la profession mais aussi de toute la société, dans Midi show, au lendemain de sa libération et du maintien en détention du directeur du journal M. Nasreddine Ben Saïda. Il a par ailleurs déclaré que la ligne éditoriale d'Attounsia ne changera pas pour autant.

Nasreddine Ben Saida a entamé le 18 février une grève de la faim illimitée pour protester contre sa détention.

Ce même jour, la Fédération internationale des journalistes (FIJ), qui représente 600.000 journalistes, s'est jointe à l'appel du Syndicat national des journalistes tunisiens, pour exiger la libération immédiate du directeur d'Ettounissia.

La Fédération et ses  affiliés dans 150 pays "sont solidaires de Nasreddine et prêts à s'engager dans une campagne mondiale jusqu'à sa libération. La FIJ a insisté sur la nécessité d'intervenir, l'emprisonnement d'un journaliste pour la publication d'une photo étant jugée comme une sanction disproportionnée et inadmissible, d'autant plus que l'article 2 du Code de la presse, entré en vigueur en novembre dernier, stipule clairement l'abolition des textes précédents tels que l'article 121 mis en place par le régime de Ben Ali.

L'organisation Reporters sans frontières a suivi cet appel et demande la libération immédiate du directeur du journal et l'arrêt des poursuites contre les trois journalistes.

"Nasreddine Ben Saïda est le premier journaliste de l'ère post-Ben Ali à être incarcéré. Nous trouvons cela très inquiétant à RSF, d'autant plus que les autorités tunisiennes, le ministère public s'est basé sur un fondement du code pénal et non pas sur le code de la presse qui a été publié et adopté à la fin de l'année dernière" a déclaré Soazig Dollet, chargé du Maghreb et du Moyen-Orient à Reporters sans frontières.

Nasreddine Ben Saïda a été libéré ce jour et son procès a été reporté au 8 mars.


La Rédaction (www - lepetitjournal - com/tunis - html) jeudi 23 février 2012


logofbtunisie
Publié le 23 février 2012, mis à jour le 15 novembre 2012
Commentaires

Votre email ne sera jamais publié sur le site.

Flash infos