

Pouria Amirshahi est candidat PS aux élections législatives de juin 2012 pour les Français de la 9éme circonscription, qui regroupe les 16 pays du Maghreb et de l'Afrique de L'Ouest
Lepetitjournal.com : Quelles sont selon vous les principales attentes des Français résidant dans les pays de la 9e circonscription ?
Pouria Amirshahi : D'abord être enfin représentés, car ils sont près de 2,5 millions à ne pas l'être aujourd'hui. Ensuite, que cette représentation serve à quelque chose. Puisque François Hollande a été élu président de la République, nos compatriotes attendent que leur député puisse peser auprès du gouvernement et de la future majorité. Les enjeux de vie quotidienne sont énormes : mettre fin à la sélection par l'argent qui s'est installée à l'entrée de l'école ou à la Caisse des français de l'étranger ; ne pas faire subir à nos compatriotes des risques parfois graves par une politique étrangère erratique et incomprise ; considérer les PMI et PME comme les vrais acteurs de l'économie réelle ; donner à nos services publics à l'étranger de la force et du rayonnement... De nouvelles questions aussi apparaissent : comment accompagner les retraités résidents, par exemple ? Ou encore, comment faciliter la pleine reconnaissance de la citoyenneté française à celles et ceux qui sont contraints de passer par un parcours du combattant pour prouver leur nationalité française ?
Quel est votre parcours et votre implication passés auprès des Français de l'étranger ?
Je suis actuellement secrétaire national du Parti socialiste à la coopération, la francophonie et aux droits de l'homme. Né le 27 mars 1972, à Shemran, en Iran, je suis arrivé en France à l'âge de 4 ans, dans les bagages de mes parents. L'expatriation a donc constitué la première pierre de mon identité. Etudiant à la Sorbonne et diplômé en droit et en politique publique de l'emploi, j'ai eu la chance d'avoir un parcours professionnel varié, dans le privé, le public, le monde associatif et l'économie sociale et solidaire. Mon engagement militant a débuté à l'UNEF, dont j'ai été le Président de 1994-1998, et au sein de plusieurs associations d'aide au développement comme Coordination Sud et CRID. Depuis de nombreuses années, je parcours les pays de notre circonscription, à la rencontre des société civiles et de nos compatriotes. J'ai contribué activement à l'élaboration du programme de François Hollande, notamment en matière de politique étrangère. Résidant à Rabat, je partage mon temps entre la France et les 16 pays de notre circonscription électorale.
Quels sont les sujets que vous comptez défendre en priorité devant le Parlement ?
Je veux défendre des écoles accessibles pour tous, des consulats avec les moyens d'assurer leur fonction d'administration de proximité, une protection sociale solidaire et étendue qui tienne compte de la diversité des situations, des agents des services publics mieux formés et soutenus, les entreprises dans leurs stratégies de développement. Je m'engagerai aussi pour que les nouveaux arrivants soient mieux accueillis et accompagnés hors de France. Je serai le porte-parole d'une politique de coopération renouvelée, s'appuyant sur nos compatriotes qui vivent ici de leurs talents et sont les premiers ambassadeurs de notre pays. Je suis candidat car il est aussi temps redonner de la clarté à la politique internationale de la France, optimiste, volontaire, solidaire, porteuse d'engagements pour les générations et tendant la main à nos amis africains.
Comment pensez-vous gérer vos permanences dans les différents pays de votre circonscription pour être au plus près des Français basés dans la région ?
Si je suis élu, je serai avec vous à travers les associations et je me rendrai pour 10 jours tous les 3 mois dans chaque pays de la circonscription, ainsi qu'une fois par an, hors session parlementaire, pour faire le bilan de l'année écoulée.
J'insiste aussi sur le rôle des élus de l'AFE et particulièrement Martine Vautrin Jedidi, qui vit en Tunisie et qui est une femme remarquable, qui se bat tous les jours sur le terrain.
Quelles attentions particulières méritent les pays de la 9e circonscription ?
Notre circonscription a une cohérence géographique, géopolitique qui donnera de la force à mon action parlementaire. Ce sont dans ces pays que se joue une part de l'avenir de la France. Nous ne pouvons seulement nous tourner vers l'Est de l'Europe : nos yeux et nos coeurs sont aussi ici, en Afrique. Nos compatriotes, mieux que tout autres, agissent quotidiennement, dans des secteurs publics et privés très variés, pour favoriser les relations de coopérations et les échanges inter-culturels. Pour beaucoup d'entre eux, ils sont même le symbole, par leur bi-nationalité, de ces rencontres. Les binationaux, stigmatisés et montrés du doigt par l'UMP, sont une chance pour nos pays, une fierté, même.
Par l'intermédiaire de cette interview, que souhaiteriez-vous dire à communauté française de votre circonscription et particulièrement celle de Tunisie ?
D'abord qu'ils doivent se sentir citoyens à part entière et non accepter l'idée qu'ils seraient, comme certains le laissent entendre, des citoyens à part. Ensuite, qu'en Tunisie, l'image de la France officielle a tellement été abîmée que c'est grâce à eux que nous repartirons demain vers des rapports apaisés et sincères. La France autant que la Tunisie leur doivent beaucoup. Enfin je vous rappelle encore une fois qu'il est très important de se mobiliser et de voter dans cette circonscription, car c'est aussi cela qui détermine le degré de présence française. Marquer sa présence, c'est éviter les suppressions de consulat, préserver le service public, c'est être citoyen. J'aimerais que cette majorité soit apportée par les Français de l'étranger, au regard de ce qu'il se passe depuis 5 ans, qu'ils assument pleinement ce message : nous sommes tous des français, que l'on s'appelle Kader, Mohamed ou Martin, et fiers de l'être.
Propos recueillis par la Rédaction (www.lepetitjournal.com/tunis.html) lundi 28 mai 2012













