

La nouvelle Constitution tunisienne a été adoptée dimanche dans la nuit, quelques heures après la formation du nouveau gouvernement de Mehdi Jomâa
Le vote intervient peu après l'annonce de la composition d'un gouvernement d'indépendants qui doit conduire le pays vers des élections législatives et présidentielle en 2014.
L'Assemblée nationale constituante (ANC) a approuvé cette loi fondamentale à une majorité écrasante de 200 voix pour, 12 contre et 4 abstentions, dépassant largement la majorité nécessaire de 145 votes.
L'hymne national a été entonné, les drapeaux rouge et blanc, et les doigts en signe de victoire ont envahi la salle.
Mustapha Ben Jaafar a déclaré : «Dans cette Constitution, tous les Tunisiens et Tunisiennes se retrouvent, cette Constitution préserve nos acquis et jette les fondements d'un Etat démocratique»
Le secrétaire-général des Nations unies, Ban Ki-moon, a salué l'adoption de ce texte qui "offre un modèle pour les autres peuples aspirant à des réformes".
La nouvelle Constitution, après de nombreux débats, accorde une place réduite à l'islam. Elle introduit pour la première fois dans le monde arabe un objectif de parité homme-femme dans les assemblées élues.
L'Assemblée a été élue en octobre 2011 et devait à l'origine achever la loi fondamentale en un an.
Lundi, deux cérémonies sont prévues, à l'Assemblée où elle sera paraphée par les dirigeants tunisiens, puis à la présidence.
Les félicitations de Catherine Ashton et Martin Schulz ont été adressées dans la matinée de ce lundi :
Catherine Ashton, Haute Représentante de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité et vice-présidente de la Commission :
"Je félicite la Tunisie pour l'adoption de sa nouvelle constitution qui représente un progrès
important dans la transition démocratique du pays. Je salue les efforts conjoints des autorités, des acteurs politiques et des organisations de la société civile, et en particulier ceux du "Quartette". La Tunisie a su réagir positivement aux défis politiques internes et prendre l'initiative de mettre en ?uvre un dialogue national adapté à ses propres réalités, qui lui a permis de maintenir le cap de la transition. La constitution assurera la promotion et la protection des droits fondamentaux des citoyennes et des citoyens ainsi que la légitimation démocratique de ses institutions. Je salue également la nomination de M. Mehdi Jomâa au poste de Première ministre, une étape supplémentaire dans le processus consensuel prévu par le dialogue national. L'Union européenne reste fermement engagée aux côtés de la Tunisie face aux défis des mois à venir."
Martin Schulz, Président du Parlement européen :
"En ce jour historique, j'adresse mes plus vives félicitations au peuple tunisien après le vote à une très large majorité de la nouvelle constitution. Je salue l'esprit de compromis et de consensus et le sens des responsabilités qui ont prévalu sur les intérêts partisans. Je rends hommage à l'engagement résolu de toutes les forces politiques et sociales dans le processus de transition pour que vive une Tunisie démocratique, plurielle, moderne et riche de son héritage historique millénaire. Une nouvelle fois la Tunisie a montré sa détermination à s'engager sur la voie de la démocratie, des libertés fondamentales, et de l'égalité de tous ses citoyens garanties à présent par la loi fondamentale. De nombreux défis restent à relever pour le nouveau gouvernement de M. Mehdi Jomâa, à commencer par la relance économique et l'organisation des prochains rendez-vous électoraux. La Tunisie dispose d'atouts majeurs et pourra compter sur le soutien indéfectible de l'Union européenne et du Parlement européen."
La Rédaction (www.lepetitjournal.com/tunis) lundi 27 janvier 2014













