

Alors que la France redouble d'effort pour soutenir la Tunisie alors qu'elle fut vivement critiquée pour sa prise de position tardive pendant la révolution, les ministres se succèdent pour apporter leur soutien sous toutes ses formes au peuple Tunisien. Un avocat français se porte pourtant "candidat " à la défense de Ben Ali, une annonce qui risque de mettre les Tunisiens en colère et ce à juste titre... Dans le cas présent la raison d'Etat devrait primer sur les intérêts personnels et probablement "financiers " d'un avocat. A-t-on pensé aux 25.000 Français qui vivent en Tunisie ?
Le représentant du ministère de la Justice, M. Kadhem Zine El Abidine, a expliqué que le juge d'instruction s'est basé sur un ensemble de preuves pour adresser ses accusations au président déchu Zine El Abidine Ben Ali, notamment la saisie d'armes à feu et de stupéfiants au palais de Carthage, ainsi que des bijoux et des sommes d'argent en devises au palais de Sidi Dhrif.
Il a relevé qu'au cours de la 6ème rencontre périodique avec les représentants des ministères, organisée mardi, le ministère s'est étonné de l'annonce de la "candidature" d'un avocat français Jean-Yves Leborgne, à la défense de l'ancien président Ben Ali. Il a ajouté que tout avocat a la liberté de choisir les méthodes pour défendre son client, soulignant : "nous sommes étonnés de ces déclarations surtout que nous n'avons pas la preuve que cet avocat ou autre ait eu connaissance ou demandé à prendre connaissance du dossier des deux procès intentés contre le président déchu."
Un rappel de la loi tunisienne
Il a, en outre, rappelé que selon la législation tunisienne, un avocat portant une autre nationalité que tunisienne ne peut pas assurer la défense d'un Tunisien. De plus, la convention bilatérale signée entre la Tunisie et la France, dans le domaine judiciaire, en 1979, stipule qu'un avocat français ne peut défendre un Tunisien s'il n'a pas obtenu au préalable l'autorisation du ministère tunisien de la Justice. Il doit en outre impérativement être accompagné d'un avocat tunisien inscrit à l'Ordre national des avocats de Tunisie. Le représentant du ministère de la Justice a poursuivi en soulignant qu'un avocat étranger peut plaider sous condition de la présence de son client au procès, ce qui n'est pas le cas dans cette affaire, dès lors que le président déchu est en fuite.
Emmanuel Caltagirone (www.lepetitjournal.com/tunis.html) jeudi 9 juin 2011{jcomments on}













