

Suite à l'assassinat de Mohamed Brahmi, député de l'opposition, ce matin devant son domicile de la cité El Ghazela, la grève générale a été décrétée par l'UGTT et les manifestations continuent dans le principales villes
crédit photo : Saïf Chaabane
Réactions en chaîne le 25 juillet
Le président du bloc Ennahdha à l'Assemblée nationale constituante, Sahbi Atig, a estimé que cet assassinat était un acte très grave découlant d'un complot contre le processus de transition démocratique, dont le seul but était de semer le chaos dans le pays.
La présidence de la République a exprimé son indignation par un communiqué et "invite les tunisiens à ne pas tomber dans le piège dressé par les meurtriers visant à instaurer un climat où règnent la mort et la violence à la place du consensus et du développement pacifique. La présidence incite toute la classe politique à être consciente du fait que les balles qui ont tué Mohamed Brahmi visent le processus démocratique tunisien, et affirme que des « forces profondes » sont à l'origine de ce meurtre et que le plus grand coup qu'on peut leur infliger est de rester unis."
Le leader du parti Al Jomhoury, Ahmed Néjib Chebbi a appelé à la dissolution de l'Assemblée nationale constituante, à la formation d'un gouvernement de salut public et à la constitution d'un comité d'experts qui se chargera de l'élaboration d'une nouvelle constitution à soumettre au référendum public dans un délai de 6 mois.
Dans un communiqué publié sur le site officiel de l'Elysée, François Hollande, a condamné « avec la plus grande fermeté » l'assassinat du député et militant Mohamed Brahmi. Tout en présentant ses condoléances à la famille du défunt, à ses proches et au peuple tunisien, François Hollande a exhorté les forces politiques et sociales tunisiennes à faire plus que jamais preuve du nécessaire esprit de responsabilité pour préserver l'unité nationale et garantir la poursuite de la transition démocratique. Il a également appelé à ce que la lumière soit faite au plus vite sur ce meurtre, comme sur celui dont Chokri Belaïd a été la victime il y a moins de six mois.
Le porte-parole officiel du Front Populaire, Hamma Hammami, a appelé tous les Tunisiens à entrer en désobéissance civile pacifique dans le but de faire chuter le gouvernement actuel.
Il a ajouté qu'il invitait toutes les composantes politiques du pays à se réunir pour mettre en place un gouvernement d'union nationale.
Nidaa Tounes considère ce meurtre comme le meilleure preuve de l'échec de l'ANC et des pouvoirs qui en ont découlé, dans la conduite du processus de la démocratisation. Il appelle par conséquent à la dissolution de cette assemblée et son remplacement par des institutions nationales qui pourront conduire vers des élections propres et transparentes.
Nidaa Tounes appelle tous les citoyens à condamner ce meurtre politique abject et à contribuer à faire réussir la grève générale décrétée par l'UGTT, et à descendre dans la rue pour participer à toutes les manifestations pacifiques qui viseront à rétablir la légitimité du peuple.
Nidaa Tounes appelle l'armée nationale et les forces de l'ordre à assurer la liberté d'expression et la sécurité des citoyens, et appelle enfin tous les partis politiques et toutes les forces vives du pays à s'unir dans un large front de sauvetage national pour sortir le pays de l'impasse.
Le mouvement Tamarrod a également appelé à la désobéissance civile jusqu'au départ du gouvernement.
Les enfants de Mohamed Brahmi accusent directement Ennahdha et refusent les condoléances du parti.
Les manifestations se multiplient
Dès l'annonce du décès par les médias, une manifestation spontanée a débuté devant le ministère de l'Intérieur en signe de protestation.
Parmi les présents,la veuve de Chokri Belaïd, Basma Khalfaoui. Les forces de l'ordre ont immédiatement dispersé la foule avec des tirs de gaz lacrymogène. La foule n'a cessé de s'accroître, et les manifestations sont déclenchées dans les principales villes du pays depuis hier soir.
A Sidi Bouzid, Place Mohamed Bouazizi : Rassemblement le 25 juillet en fin de matinée devant le siège du gouvernorat de Sidi Bouzid, où avait été élu Mohamed Brahmi. Début d'affrontement entre les manifestants et les forces de l'ordre.
Toujours dans le gouvernorat de Sidi Bouzid, des manifestants ont brulé le siège du mouvement Ennahdha à Meknassi. Sidi Bouzid est désormais bouillonnante, routes coupées et sièges d'Ennahdha attaqués dans plusieurs villes du gouvernorat.
Annulations et grève
Le ministère de la Culture a annoncé la suspension de tous les festivals sur le territoire tunisien pour une durée indéterminée.
Pour finir, l'UGTT a annoncé la grève générale pour demain vendredi 26 juillet.
Tunisair a suspendu tous ses vols du 26 juillet.
La Rédaction (www.lepetitjournal.com/tunis) jeudi 25 juillet 2013













