Houda Ben Naceur Mufti est une artiste pluri-disciplinaire. Si c'est à la peinture qu'elle voue son inspiration et son temps, elle a aussi travaillé la calligraphie et la céramique
Femme d'intérieur, casanière, discrète et réservée, Houda Ben Naceur Mufti travaille à son art dans son atelier d'El Manar, loin de la scène artistique et des expositions mondaines. Elle travaille actuellement à sa prochaine exposition personnelle.
Lepetitjournal.com : Quand avez-vous débuté la peinture ?
Houda Ben Naceur Mufti : j'ai commencé dès l'age de 6 ans. Dessiner et peindre pour moi était naturel. J'étais inspirée par les classiques et j'ai fait ma première grande huile à l'âge de 12 ans, une reproduction d'une oeuvre de Claude Monet.
Aviez vous d'autres passions ?
Mon autre très grande passion est la lecture. Je trouve qu'il y a une certaine corrélation entre la littérature et la peinture. Ces deux arts avancent ensemble, ils expriment un même vécu par rapport à leur époque.
Quel est votre cursus scolaire dans le domaine des arts ?
Je n'ai pas pu faire les beaux arts, c'était mal vu à l'époque. Je me suis donc tournée vers une formation de diététicienne, puis je me suis mariée. Je n'ai jamais travaillé, mais j'aime apprendre. J'ai alors continué en apprenant le métier d'infographiste, puis j'ai repris des études à la faculté de droit. J'ai ensuite étudié la civilisation française à la Sorbonne.
J'ai appris la calligraphie pendant une année et je me suis ensuite consacrée à la céramique pendant 4 ans.
J'ai appris dans quasiment tous les ateliers de dessin et peinture de Tunis.
Quand avez vous fait votre première exposition ?
C'était à l'institut Dante en 1983, avec Sylvain Monteleone. Ensuite j'ai exposé pratiquement tous les ans, en collectif. A cette époque là je travaillais surtout l'art du portrait, après en avoir appris les techniques.
Quelles sont vos techniques ou styles de prédilection ?
J'ai travaillé beaucoup de matières et de styles : la peinture sur verre, Le pastel, l'huile, l'acrylique ... Mes maîtres étaient Khaled Turki , Tarek Fakhfakh, Adel Megdiche, Ali Zneidi, Sylvain Monteleone, Makhatsh et l'école de Roubtsov ...
Quel est votre préférence actuellement ?
Désormais je travaille l'acrylique et le figuratif abstrait, toujours avec des couleurs très vives.
D'où vient votre inspiration ?
De l'intérieur, des sentiments, du vécu ...
c'est la richesse intérieure qui permet à l'artiste de donner une oeuvre aboutie. Je ne crois pas qu'un artiste vide de culture et de vécu puisse réellement créer quelque chose de fort et significatif.
Tous les arts me plaisent : théâtre, musique, danse, et ma grande passion qui reste la lecture. Ils m'apportent aussi ma richesse intérieure.
La lecture est pour moi très proche de la peinture. Cela se retrouve, par exemple, chez Stefan Sweig quand il parle de la façon qu'a Dostoievski de décrire les personnages d'un seul trait qui fait deviner tout leur caractère et leur intérieur, contrairement à Balzac par exemple, dont la narration fourmille de détails mais ses personnages restent superficiels.
Quand aura lieu votre prochaine exposition personnelle ?
En 2014, je dois encore travailler quelques mois. Je souhaite qu'une partie des bénéfices soient reversés à une association caritative.
Contact : Houda Mufti
Propos recueillis par Isabelle Enault (www.lepetitjournal.com/tunis) vendredi 21 juin 2013
2013 - Exposition collective chez SADIKA, Palais Kheirredine, Damier, Abdelliya
2012 - Le Damier "Still life ... is life" - Galerie d'art Lotus : "artiste libre"
Expositions personnelles
2009 - Galerie Bel Art
2012 - Galerie le Damier













