Édition internationale

INTERVIEW – François-Xavier Lienhart, président du nouveau club VIE Japon

Écrit par Lepetitjournal Tokyo
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 10 décembre 2012

Délégué adjoint de Saint-Gobain pour le Japon et Président du nouveau Club Volontariat International en Entreprises (V.I.E.) lancé jeudi dernier à l'occasion d'une soirée à l'Ambassade de France à Tokyo, François-Xavier Lienhart revient pour lepetitjournal.com sur les missions de club, les besoins auxquels il répond et donne quelques conseils à ceux qui souhaiteraient venir dans l'archipel en utilisant cette formule

Lancé jeudi dernier à l'Ambassade de France à Tokyo, le Club VIE (Volontariat International en Entreprise) est le réseau officiel des anciens VSN, CSN, VIE, VIA en France et dans le monde. Il a pour objet de fédérer et animer une communauté d'anciens coopérants et volontaires, en créant des événements d'échanges ou encore en permettant de développer des rencontres professionnelles. Au Japon, plus de 115 V.I.E sont aujourd'hui répartis dans une soixantaine d'entreprises, tandis que 700 volontaires sont déjà passés dans l'archipel pour effectuer des missions de tous types. Née en 2001, la formule du V.I.E. permet aux entreprises de confier à un jeune une mission professionnelle à l'étranger durant une période modulable de 6 à 24 mois.

Lepetitjournal.com Tokyo: Pouvez-vous vous présenter ?
François-Xavier Lienhart: Je m'appelle François-Xavier Lienhart et représente actuellement au Japon le groupe Saint-Gobain. Je suis venu dans l'archipel pour la première fois en programme d'échange entre l'Ecole Supérieure de Commerce de Paris et l'université d'Osaka. J'avais déjà fait pas mal de japonais en tant qu'étudiant et, comme prolongement, j'avais commencé à chercher un CSN (Coopération du Service national .ndlr) en entreprise que j'ai finalement effectué à la Banque Indosuez de mi-88 à décembre 89. Je suis ensuite revenu au Japon en 2004. UbiFrance m'a contacté lorsque s'est monté ce club des anciens VIE en me demandant si j'accepterai de bien m'en occuper, cela m'a semblé une bonne initiative et c'est la raison pour laquelle j'ai accepté.

À quels besoins répond la création de ce club VIE ?
Il existe toutes sortes d'endroits de rencontre au Japon, d'associations pour les hommes d'affaires qui ont des responsabilités très importantes comme les Conseillers du commerce extérieur, des réunions à la Chambre de Commerce et d'Industrie Française du Japon (CCIFJ), des contextes plus ludiques comme l'Association des Français du Japon ou celle des Amis de la langue française. Je pense toutefois qu'il y avait un espace qui existait pour de jeunes professionnels qui n'étaient pas nécessairement concernés par ces dernières, et le succès de la réunion de ce soir, avec plus de 70 participants, montre bien qu'il y avait un besoin pour ces personnes en début ou à la première moitié de leur carrière. De plus, un certain nombre d'entre-eux ne travaille pas nécessairement pour des sociétés françaises, et de ce fait se voit un peu exclu de certains cercles franco-français. Ce club des anciens VIE répond aussi à cette demande de personnes qui pourraient être isolées dans certaines entreprises et souhaitent rencontrer des gens qui ont le même parcours pour échanger des expériences et des idées.

Quelle vision avez-vous de ce club ?
Je pense qu'il y a une mission presque institutionnelle, d'ordre d'intérêt général d'aider à la formule du VIE. Chacun des anciens doit se sentir un peu investi du devoir de la promouvoir car elle est intéressante pour l'Etat français, les entreprises et les jeunes qui en bénéficient. Une des missions du club est donc d'accroitre la notoriété de ce programme, de permettre aux anciens VIE d'être plus visible, à la fois dans leur intérêt propre que dans celui des sociétés. Ces dernières peuvent y trouver des personnes qui ont à la fois une bonne formation de départ, avec un bagage théorique mais aussi pratique dans un environnement de travail qui demande des capacités d'adaptation à une autre culture, langue, ce qui est formateur pour toute une vie.
Ce club VIE doit aussi se faire connaître. Il va fonctionner pour ses membres en proposant des évènements conviviaux de networking et de rencontre. Il peut également y avoir des initiatives plus ciblées soit dans le domaine du loisir, ou dans un domaine para-professionnel tel qu'une conférence par un senior, des visites d'entreprises, etc. C'est un format qui va être très souple. Il est l'initiative des membres, avec ce double objectif de continuer à leur permettre de se perfectionner dans leur connaissance du Japon et de la vie des affaires, dans un esprit convivial, tout en créant un sentiment d'appartenance en considérant que cette expérience du VIE a créé chez chacun un socle, une expérience commune.

Quels conseils donneriez-vous à ceux qui souhaitent effectuer un VIE au Japon ?
Le premier conseil que je donnerai est de faire de bonnes études dans un domaine technique qui les intéressent, que ce soit pour être ingénieur, dans le marketing, logistique, commercial, contrôle de gestion ou encore la finance. Il faut avoir un bon bagage académique avec une certaine technicité, et en plus une connaissance aussi bonne que possible de la langue japonaise. Je pense que les opportunités sont d'autant plus grandes que l'on est capable de travailler en japonais. Il y a certainement des postes très précis pour lesquels cela est moins nécessaire et où l'on peut se débrouiller en anglais, mais de plus en plus il y a des jeunes qui parlent un bon niveau de japonais et c'est clairement pour ces profils-là que le programme VIE peut se développer. Le mélange compétences techniques et linguistiques est la formule gagnante pour réussir un VIE et du coup pour un bon démarrage et une bonne poursuite de carrière dans l'archipel.

Et pour ceux qui veulent réussir à transformer leur VIE en contrat ?
Cela dépend de comment s'est passé le ViE. C'est une formule qui laisse relativement libre dans les deux sens, c'est-à-dire que l'entreprise peut le prolonger ou le transformer en contrat. Le candidat lui-même est également libre de s'investir au maximum s'il estime que le choix d?entreprise qu'il a fait au départ était le bon.  C'est en fait la rencontre de deux intérêts bien compris, non pas sur la base d'un CV ou d'un site internet, mais sur celle de deux ans de travail ensemble, qui donne un cadre pour un début de carrière beaucoup plus solide. De plus, il est beaucoup plus valorisant de se voir proposer un poste suite à une expérience réussie que sur la foi d'un CV qui est parfois en décalage avec la réalité. À l'inverse, le candidat postule parfois sur la base d'une brochure, d'un article de journal, et la réalité peut être en deçà de la réalité ou au contraire au-delà. C'est donc finalement stimulant pour les deux parties: proposer au jeune une carrière intéressante à la sortie du VIE, et pour ce dernier montrer de quoi on est capable pour donner envie à l'entreprise de le conserver en le payant plus.
Propos recueillis par Quentin Weinsanto (http://www.lepetitjournal.com/tokyo.html) mardi 4 décembre 2012

Voir aussi le site de ubifrance.fr

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Publié le 3 décembre 2012, mis à jour le 10 décembre 2012
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