Édition internationale

3 QUESTIONS – Michel Sauzet, Proviseur du Lycée Franco-Japonais de Tokyo

Écrit par Lepetitjournal Tokyo
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 14 novembre 2012

Proviseur du lycée Franco-Japonais de Tokyo, Michel Sauzet revient pour lepetitjournal.com de Tokyo sur la rentrée de septembre dernier, l'avancement des travaux pour le projet Takinogawa 2012 et les évolutions attendues à partir de l'an prochain, notamment par la volonté d'accueillir davantage d'élèves étrangers 

(Photo courtoisie)

Quel bilan faites-vous un mois après la rentrée ?
La rentrée s'est passée le 5 septembre dernier et nous estimons qu'elle a été positive. À la rentrée 2010 nous avions un effectif de 1037 élèves. Avec les évènements du mois de mars 2011 et après trois semaines de fermeture il est tombé à 356 élèves début avril avant de se redresser progressivement pour se stabiliser à environ 700 élèves à la fin de l'année scolaire. La rentrée 2011 est très encourageante car nous sommes bien au-delà de nos prévisions, avec 820 élèves scolarisés quand nous tablions sur 750. Cela signifie que nous avons perdu seulement 20% de nos effectifs par rapport à la rentrée précédente, ce qui correspond en moyenne à la chute constatée dans les établissements internationaux équivalents sur Tokyo.
Dans l'ensemble nous sommes raisonnablement confiants, et nous estimons que compte tenu de la stabilisation de la situation, du fait que Tokyo reste la capitale d'une grande puissance économique et culturelle, nous devrions retrouver l'effectif antérieur d'ici 3 à 4 ans. Le projet du nouveau Lycée de Takinogawa en 2012 devrait en outre nous faciliter la tâche en nous dotant d'un outil beaucoup plus attractif. On devrait alors pouvoir accueillir davantage d'élèves, notamment étrangers.

Où en est l'avancement des travaux pour le nouveau lycée ?
Ce chantier de Takinogawa 2012 avance fort heureusement de façon normale, conformément au cahier des charges. Nous avons eu un certain nombre de soucis après la crise du mois de mars, le tsunami ayant ravagé plusieurs régions, dont une ville qui fabriquait les fers à béton pour l'entreprise Shimizu Corporation, sous la direction de Yamashita Sekkei, notre chef de projet.
Nous avions un mois de retard mais ce dernier a été rattrapé, le chantier avance normalement et la livraison est prévue pour le mois d'avril 2012 afin que les élèves puissent accéder aux nouveaux locaux. Nous ferons un déménagement en deux temps : les primaires à la rentrée de mai et les secondaires à la rentrée de septembre. La crise de cette année ne remet donc absolument pas en cause le déroulement des travaux, d'autant plus que lors de sa visite au Japon, le Président de la République Nicolas Sarkozy a rappelé devant la communauté française que la France tiendrait ses engagements, que le projet de nouveau lycée serait mené à bien quelles que soient les difficultés, qu'il trouverait les financements nécessaires pour se réaliser de façon satisfaisante. L'Agence pour l'enseignement du français à l'étranger, qui assure la tutelle des lycées français, nous apporte déjà son soutien car elle représente 40% du provisionnement.

Quelles évolutions attendez-vous après le déménagement dans les nouveaux locaux ?
L'idée est avant tout d'avoir un espace plus grand. Actuellement nous avons 2.100m² surface au sol, à Takinagawa nous aurons dix fois plus, soit 21.000m². En surface développée, on passe du simple au double, soit de 8.000 à 16.000m². Cela veut dire que l'on aura plus d'espaces sportifs, des laboratoires équipés, des salles aux normes françaises, soit un pôle grand et digne de sa mission avec un auditorium absolument superbe, qui sera financé par la Chambre de Commerce et d'Industrie du Japon. Nous allons enfin avoir un bâtiment digne de ce que représente la France, et de la place qu'a le Japon dans le monde, mais surtout un instrument permettant une éducation de nos enfants dans des conditions d'espace qui n'auront rien de comparable avec ce qu'elles sont aujourd'hui.
Mais ce projet ne se limite pas seulement à avoir plus de place, c'est aussi faire en sorte d'avoir les moyens d'accueillir davantage d'élèves, notamment étrangers. Aujourd'hui, nous avons 78% d'enfants français dont un peu moins de la moitié de binationaux, 12% d'étrangers tiers, et 10% de Japonais. Notre idée est de faire en sorte que notre lycée reste ouvert aux enfants de familles vivants ici, aux expatriés ponctuels qui viennent pour accomplir des missions, mais également aux enfants de résidents ponctuels d'une autre nationalité et aux Japonais, afin que la propension d'élèves étrangers augmente. Nous aurons ainsi l'outil pour le faire avec un établissement dans sa qualité aussi bien architecturale que son projet pédagogique à la hauteur des attentes d'une communauté expatriée, quelle que soit sa nationalité.
Propos recueillis par Quentin Weinsanto (http://www.lepetitjournal.com/tokyo.html) jeudi 13 octobre 2011

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Publié le 13 octobre 2011, mis à jour le 14 novembre 2012
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