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ART – Michimasa Murauchi met en vente Le chêne de Flagey, emblème rêvé du musée d’Ornans

Écrit par Lepetitjournal Tokyo
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 5 janvier 2018

Michimasa Murauchi, riche industriel japonais et fondateur du musée homonyme à Hachioji, a accepté de mettre en vente pour 4 millions d'euros Le chêne de Flagey, de Gustave Courbet. Le département français du Doubs multiplie désormais les efforts afin de réunir la somme nécessaire et ramener l'?uvre sur la terre natale du peintre, au musée d'Ornans

Le chêne de Flagey, qui dominait la région franc-comtoise, incarne la force de Gustave Courbet, réputé pour son égocentrisme (Photo DR)


Le département du Doubs multiplie les efforts pour ramener "Le chêne de Flagey" de Gustave Courbet sur la terre natale du peintre: l'oeuvre, mise en vente 4 millions d'euros par un collectionneur japonais, deviendrait alors la pièce maîtresse du musée qui lui est dévolu à Ornans. "Pour développer l'attractivité du musée, visité par 62.000 personnes depuis sa réouverture l'été dernier, nous avons besoin d'une oeuvre majeure qui fasse l'affiche", explique le président du conseil général du Doubs, Claude Jeannerot.

Une oeuvre emblématique
Le tableau peint en 1864 à Flagey, petite commune près d'Ornans, "est exactement l'oeuvre qu'il faut au musée Courbet", s'enthousiasme pour sa part la conservatrice Frédérique Thomas-Maurin. "Gros plan d'un arbre massif, cette très belle peinture est un autoportrait de Gustave Courbet (1819-1877), elle résume à la fois l'homme enraciné dans sa région et le républicain opposé à Napoléon", analyse Mme Thomas-Maurin. Appelant aussi son oeuvre "Chêne de Vercingétorix", sous-titrée "Camp de César, près d'Alésia, Franche-Comté", l'artiste prenait parti contre la thèse officielle de Napoléon III selon laquelle la célèbre bataille s'était déroulée en Côte-d'Or. La tableau, propriété de la soeur de Gustave Courbet, a été acquis en 1896 par un collectionneur de Philadelphie (Etats-Unis) qui l'a mis en vente 450.000 dollars en 1987.

Michimasa Murauchi possède son propre musée, à Hachioji, qui rassemble les oeuvres de nombreux artistes du 19ème siècle (Photo DR)

Michimasa Murauchi, riche industriel, l'a acquis pour son musée qui rassemble des oeuvres d'artistes français du XIXe siècle dont Millet, Corot, Monet, Renoir ou encore Buffet, à Hachioji, près de Tokyo. "Au début, M. Murauchi, voulait vendre cette toile avec l'ensemble de sa collection pour que sa valeur ne baisse pas. Il avait déjà un acheteur", raconte M. Jeannerot. Alors, l'élu s'est rendu au Japon pour convaincre le riche industriel de le céder au département. "Cet homme, qui a un vase rempli de terre de Flagey sur son bureau, a une relation affective particulière avec ses toiles. Il a compris la cohérence symbolique et émotionnelle du musée d'Ornans. S'il avait été un simple marchand d'art, il nous aurait envoyés paître", souligne-t-il.

Appel au mécénat
Pour rassembler les quatre millions d'euros nécessaires, le département lance un appel au mécénat et une souscription publique. Si la mobilisation est au rendez-vous, la transaction est prévue en septembre. La toile devrait alors retrouver à l'automne la ville natale du peintre. Une demande a été adressée au ministère de la Culture pour obtenir l'inscription du tableau comme "oeuvre d'intérêt patrimonial majeur", permettant aux mécènes des bénéficier d'une réduction d'impôt. Le ministère apportera son soutien financier à hauteur de 500.000 euros et le département, qui est "une variable d'ajustement", investira, en fonction des sommes récoltées, entre 500.000 et un million d'euros, précise le président. "Il y aura toujours des grincheux pour dire que dans le contexte financier actuel, c'est trop cher. Mais c'est un investissement économique sur le territoire: la venue de touristes crée de la vie et donc des emplois", dit Claude Jeannerot. Du même avis, le maire d'Ornans et chef de file de l'opposition départementale, Jean-François Longeot, estime que "si on veut garder la culture en milieu rural, il faut s'en donner les moyens". "L'offre se fait à cette date et si nous la laissons passer, nous ne la retrouverons pas", souligne-t-il. La bonne volonté de M. Murauchi, qui possède une dizaine de Courbet, ne se limite pas à Ornans. Il a accepté le principe de réserver "La femme au podoscaphe" (1865) au musée d'Orsay.
(http://www.lepetitjournal.com/tokyo.html avec AFP) mercredi 28 mars 2012

logofbtokyo
Publié le 27 mars 2012, mis à jour le 5 janvier 2018
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