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La Thaïlande à la merci des PM2.5 : alerte au sud, mobilisation à Bangkok

Les fumées des incendies de forêt à Sumatra asphyxient le sud de la Thaïlande. De son côté, Bangkok prépare des mesures drastiques pour la saison critique de fin d'année.

Pollution atmosphérique Bangkok Pollution atmosphérique Bangkok
Écrit par Franck STEPLER
Publié le 17 septembre 2026


 

La pollution atmosphérique printanière aux particules ultra-fines PM2.5 dans le nord de la Thaïlande est hélas un feuilleton récurrent. Mais la région de Chiang Mai n’est pas la seule victime.

Depuis le 16 septembre 2026, la ville de Hat Yai, dans l’extrême sud du pays, est envahie par les fumées des incendies de forêt qui ravagent Sumatra, en Indonésie. La mousson de sud-ouest, qui sévit depuis plusieurs jours, pousse ces polluants directement vers la région.

La concentration de particules fines PM2.5 a atteint des niveaux alarmants : 85,5 microgrammes par mètre cube en relevé horaire, et une moyenne journalière de 77,9 µg/m³. Le Centre de recherche sur la pollution atmosphérique et ses effets sur la santé de l'Université Prince of Songkla a classé ces chiffres dans la catégorie « rouge », c’est à dire qu’il peuvent produire des effets graves sur la santé.

 

Huit provinces en alerte rouge

 

L'inquiétude s'étend bien au-delà de Hat Yai. Le Centre de recherche surveille étroitement huit provinces du sud : Songkhla, Yala, Pattani, Narathiwat, Satun, Phatthalung, Trang et Nakhon Si Thammarat. Toutes enregistrent des niveaux de PM2.5 persistants et dangereux.

Les chercheurs de l'université appellent les résidents à rester chez eux autant que possible et à porter un masque de protection s'ils doivent se déplacer. Un phénomène aggravé par les conditions météorologiques : très peu de vent est attendu jusqu’au 23 septembre 2026. Résultat : les polluants restent prisonniers près du sol, s'accumulant dangereusement. Chez certaines personnes atteintes d'allergies ou d'affections chroniques, irritations du nez, de la gorge et difficultés respiratoires se font déjà ressentir.

 

Bangkok se mobilise avant la crise saisonnière

 

De son côté, la capitale annonce des mesures préventives alors que se profile la saison critique de fin d'année. Le 15 septembre 2026, le gouverneur de Bangkok, Chadchart Sittipunt, a rencontré le directeur général du Département du contrôle de la pollution, Surin Worakijthamrong, pour coordonner une riposte sur plusieurs fronts.

 

Cinq mesures clés ont été prises :

  • La première consiste à renforcer les inspections des véhicules émettant de la fumée noire dans les 50 districts de Bangkok. Les autorités créeront une base de données pour tracer les véhicules interdits de circulation et encourageront le programme « Liste verte » afin que les propriétaires réduisent les émissions polluantes.
  • Deuxièmement, les règles qui régissent les zones à faible émission - où est restreint l'accès des véhicules selon des critères écologiques lors des pics de pollution - seront renforcées.
  • Troisièmement, les prévisions et la surveillance transfrontalière seront améliorées, via l'approche « Bangkok et au-delà ». Les autorités travailleront aussi à surveiller les feux à ciel ouvert et à soutenir les agriculteurs.
  • Quatrièmement, les inspections environnementales des sources polluantes seront renforcées : chantiers de construction, restaurants, usines et autres zones à risque.
  • Cinquièmement, une future « Loi sur l'air pur » sera mise en chantier pour réviser les règlementations actuelles.

 

Des mesures, des promesses de lois nouvelles, il y en a déjà eu beaucoup. Une fois de plus, les Thaïlandais attendent juste de pouvoir mieux respirer lorsque la mauvaise saison arrive.

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