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Le plan nucléaire thaïlandais : une vieille ambition sous un nouveau jour

La Thaïlande accélère sur le nucléaire en 2026, avec un nouvel accord pour étudier les petits réacteurs modulaires. Une ambition loin d’être nouvelle : Bangkok tente depuis près de 60 ans de faire décoller l’atome.

Réacteur nucléaire SMRRéacteur nucléaire SMR
Écrit par Juliette THORIN
Publié le 1 octobre 2026


 

2026 est l’année de tous les efforts pour la Thaïlande. Le pays d’Asie du Sud-Est accélère le développement du nucléaire dans le cadre de sa stratégie énergétique à long terme. Et une nouvelle avancée a été faite le mercredi 23 septembre 2026. Global Power Synergy (GPSC), filiale du groupe public d’Autorité pétrolière de Thaïlande (PTT), a signé un protocole d’accord avec l’électricien sud-coréen Korea Hydro & Nuclear Power (KHNP) pour étudier l’utilisation de petits réacteurs modulaires dans le pays.

Autrement dit, le but est d’apprendre à faire et à gérer des réacteurs nucléaires de petite taille : des SMR. Petits mais puissants car ils peuvent produire jusqu’à 300 mégawatts par unité, soit environ un tiers de la puissance d’un réacteur nucléaire conventionnel. L’accord marque une nouvelle étape, un pas important pour le nucléaire thaïlandais, puisqu’il prévoit d’évaluer la faisabilité de cette technologie mais aussi de possibles coopérations dans l’investissement, l’exploitation et la maintenance de futurs projets.

 

Devenir indépendant à l’international

 

En parallèle de cet accord, le gouvernement thaïlandais prépare le cadre réglementaire nécessaire au déploiement des réacteurs. Le Comité national pour l’énergie nucléaire à des fins pacifiques a notamment approuvé un cadre fondé sur les normes de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Quatre priorités ont été définies : la législation, la formation de personnels spécialisés, la gestion des déchets et du combustible usé, ainsi que le développement d’une filière industrielle locale.

L’objectif affiché est aussi de réduire la dépendance de la Thaïlande au gaz naturel liquéfié (GNL) importé et de renforcer sa sécurité énergétique. Le but est que le pays ne soit pas seulement acheteur de technologies étrangères, mais puisse progressivement participer à leur développement, indépendamment du marché international.

 

Un intérêt vieux de plus de 60 ans

 

Cette effervescence nucléaire n’est pas nouvelle. Dès la fin des années 1960, la Thaïlande envisage déjà de construire sa première centrale à Aow Pai, dans la province de Chonburi. Le projet est finalement mis de côté après la découverte, à la fin des années 1970, d’importants gisements de gaz naturel dans le golfe de Thaïlande.

L’ambition nucléaire réapparaît ensuite à la fin des années 2000, dans les différents Plans de Développement Énergétique (PDP), avec jusqu’à cinq réacteurs envisagés. Mais la catastrophe de Fukushima, au Japon, en mars 2011, freine brutalement le projet. Les autorités thaïlandaises suspendent leurs ambitions face aux inquiétudes concernant la sécurité nucléaire.

Quinze ans plus tard, le contexte énergétique a changé. Les réserves de gaz domestiques diminuent, tandis que la Thaïlande dépend davantage des importations de GNL. Le pays cherche également à réduire les émissions de son secteur énergétique. Après près de 60 ans de projets nucléaires repoussés, Bangkok tente une nouvelle fois de faire entrer le nucléaire dans son mix énergétique. Les SMR apparaissent comme une nouvelle piste pour répondre à la hausse prévue de la demande d’électricité.

Il ne reste désormais qu’à passer des annonces aux réalisations. La Thaïlande doit encore mettre en place la législation, former des ingénieurs et définir une politique complète de gestion des déchets et du combustible usé.

 

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