Le ministre des Finances Ekniti Nitithanprapas dévoile sa stratégie économique, face aux incertitudes mondiales, autour de 3 priorités : stabilité, transition énergétique et investissements.


Le gouvernement thaïlandais veut profiter des bouleversements de l’économie mondiale pour renforcer la position du pays. Le 5 octobre 2026, le vice-Premier ministre et ministre des Finances Ekniti Nitithanprapas a présenté une stratégie en 3 piliers, baptisée « STI » : « Stabilize Today », « Transition Now » et « Invest for Tomorrow ». Présentée lors d’un forum organisé pour les 30 ans du quotidien Thai Post, cette stratégie doit permettre à la Thaïlande de renforcer sa stabilité financière tout en attirant de nouveaux investissements et en préparant son économie aux transformations à venir. Le ministre donne le ton, une semaine avant d’accueillir les assemblées annuelles du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondial, à Bangkok.
Avant d’investir, il faut stabiliser l’économie
Premier axe de cette stratégie : « Stabilize Today », ou stabiliser l’économie dès aujourd’hui. Ekniti Nitithanprapas veut s’attaquer à plusieurs difficultés qui freinent l’économie thaïlandaise : des ménages très endettés, des PME qui peinent à obtenir des prêts et un manque d’investissements. Le gouvernement veut donc alléger certaines dettes et faciliter l’accès au crédit pour les PME, tout en maîtrisant les dépenses publiques.
Le ministre thaïlandais a tenu à souligner la décision des agences de notation Fitch, Moody’s et S&P de maintenir une perspective « stable » pour la Thaïlande. Cette évolution traduit une confiance accrue dans la capacité du pays à maîtriser ses finances publiques, à gérer sa dette et à maintenir une politique économique stable.
Une agence de notation, pour rappel, est une entreprise qui évalue la solidité financière d’un État ou d’une entreprise.
Réduire la dépendance énergétique
Deuxième priorité : « Transition Now ». Le gouvernement veut accélérer la transition vers les énergies propres afin de réduire la dépendance de la Thaïlande aux importations de pétrole et de gaz. Selon Ekniti Nitithanprapas, ces importations représentent près de 10% du PIB thaïlandais et rendent l’économie vulnérable aux hausses des prix de l’énergie.
Le ministre veut notamment développer les énergies renouvelables et moderniser le réseau électrique. Il souhaite aussi permettre aux particuliers de produire et de vendre leur propre électricité. « La transition énergétique ne concerne pas seulement l’environnement, mais aussi la réduction des importations et des risques liés aux prix de l’énergie », a-t-il expliqué.
Plus investissements qui profiteront aux Thaïlandais
Le troisième pilier, « Invest for Tomorrow », vise à attirer des investissements étrangers dans les technologies, les infrastructures et les industries d’avenir. Le ministre d’État veut notamment que ces entreprises travaillent avec les PME thaïlandaises et transfèrent leurs technologies aux universités. « Nous devons créer des emplois et développer les compétences de nos travailleurs », a-t-il déclaré.
Cette stratégie se retrouve notamment dans l’arrivée de Mercedes en Thaïlande. Comme le rappelait lepetitjournal.com le 5 octobre 2026, et comme la presse française l’avait mis en valeur, le constructeur doit y assembler son nouveau GLC électrique. L’objectif est désormais de renforcer les liens entre ces investissements étrangers et les entreprises locales.
La Thaïlande profite d’un monde fragmenté
Les tensions commerciales et l’incertitude qui définit l’économie mondiale actuelle peuvent représenter une réelle opportunité pour la Thaïlande. Ekniti Nitithanprapas rappelle qu’au début des années 1980, le déplacement de certaines productions japonaises vers la Thaïlande avait contribué au développement de l’EEC, le corridor économique de l’est du pays, et de grandes infrastructures industrielles. Cette transformation avait participé au passage du pays d’une économie principalement agricole à une économie industrielle.
Aujourd’hui, le ministre estime que la fragmentation des chaînes de production pousse de nouveau les entreprises à rechercher des pays capables de commercer avec différents marchés. En 2025, les demandes de promotion des investissements en Thaïlande ont atteint 1,47 milliard de bahts, selon les chiffres cités par le vice-premier ministre et ministre des Finances.










