Édition internationale

Vincent Caradec, un patient qui prône la médecine préventive à Bangkok

Il a brûlé la chandelle par les deux bouts, subi seize anesthésies générales dans sa vie, commencé dans la vente avant de rencontrer la médecine préventive. Et tout cela avant d’avoir 40 ans.

Vincent CaradecVincent Caradec
Écrit par Franck STEPLER
Publié le 6 octobre 2026


 

Vincent Caradec naît à Quimper en 1986. Enfant, en Bretagne, il rêve de devenir chirurgien. Il effectue un stage à l’hôpital, dans un service de dermatologie. Son oncle est gynécologue. Grâce à lui, il assiste à son premier accouchement. Mais la vie et le destin en décident autrement. À Quimper, puis à Paris, il enchaîne BEP, Bac professionnel puis BTS, dans le domaine de la vente. Il travaille en alternance dans une agence immobilière à Paris. Un ami lui propose de poursuivre ses études dans une école de commerce. Le voilà diplômé en management. Finalement Bac+5.

 

Un émigré en Asie

 

En octobre 2013, sa compagne se voit offrir une opportunité professionnelle à Hong Kong. « C’est là-bas que je vis ma première vie d’émigré », raconte celui qui préfère ce mot à celui d’expatrié. Il quitte CDI et voiture de fonction pour un appartement de 20 mètres carrés. Il ouvre ce nouveau chapitre de son existence en faisant du conseil en entreprise, à son compte. En 2015, il rencontre des associés avec qui il propose des solutions de wifi pour les voyageurs. Ces six associés travaillent depuis Paris, Hong Kong et Bangkok. La Thaïlande le tente depuis plusieurs années déjà. Son divorce sera le déclencheur. Il arrive en 2017. Les conditions sont plus confortables que quelques années plus tôt à Hong Kong. Vincent Caradec a des associés et des salariés. Il s’installe dans le quartier de Thonglor, qu’il n’a plus quitté depuis. « J’ai bien vécu, beaucoup travaillé et beaucoup fait la fête », confesse-t-il.

 

La rencontre avec la médecine régénératrice

 

Et puis arrivé 2024, l’année noire. Une péritonite, plusieurs séjours à l’hôpital, les soins intensifs, des syncopes à répétition. Sa nouvelle fiancée thaïlandaise est médecin.

 

Vincent Caradec et sa fiancée

 

« Elle me dit qu’on va trop souvent à l’hôpital, qu’elle voudrait s’occuper de ma santé et, plus généralement, améliorer la santé des gens. Moi qui ne peux pas me lever en faisant quelque chose que je n’aime pas, je la voyais ne pas trouver le pourquoi de sa vie professionnelle. Je lui ai proposé que nous fassions quelque chose qu’elle aime vraiment. » Vincent Caradec, qui a subi seize anesthésies générales depuis sa naissance, arrête de boire, de fumer et se remet au sport. Le couple se tourne vers la médecine régénératrice. « On la connaît peu en France mais on la pratique beaucoup en Corée, au Japon et en Amérique latine », explique-t-il.

 

Beaucoup de sceptiques

 

Une nouvelle aventure démarre pour Vincent Caradec, avec deux médecins pour associés, le Dr. Petch, sa fiancée, et le Dr. First. Elle s’appelle Healthi-Life - la maison de longévité médicale à Bangkok.

 

Healthi-Life

 

« On cherchait un endroit qui ne ressemble pas à une clinique ou un hôpital. On avait repéré un endroit depuis longtemps. Nous y pratiquons la médecine préventive. Nos patients ne sont pas des malades. Nous sommes là pour les aider à vivre mieux plus longtemps. » Il y a beaucoup de sceptiques parce qu’il y a beaucoup de profiteurs dans le secteur. « Notamment au début, on nous demandait si nous travaillions avec de vrais médecins, avoue Vincent Caradec. Oui, nous travaillons avec des médecins, autour de six piliers de la longévité. Il n’y a pas que les traitements qui permettent d’aller mieux. Il y a aussi le style de vie, les fondamentaux. Je suis le premier à avoir tout changé et, selon un test américain, même moi, avec tous les soucis que j’ai pu avoir, il semblerait que mes organes soient six ans plus jeunes que moi. »

 

Une vraie médecine, pas une alternative

 

Le profil de ceux qu’on appelle ici des « guests » : 70% d’hommes, 90% d’étrangers, principalement des csp +++, 50% vivent en Thaïlande, les autres viennent régulièrement, parfois tous les trois mois, des États-Unis, d’Australie, de Hong Kong, quelques-uns des pays du Golfe et d’Europe. Des voyages qui coûtent cher mais dont on peut penser qu’ils portent leurs fruits, puisqu’ils sont répétés. « La médecine préventive est une vraie médecine, pas une alternative. » Vincent Caradec, lui, y croit dur comme fer.

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