Des chercheurs de l'université Chulalongkorn enverront en 2027 vers la Station spatiale internationale des bactéries issues des coraux de l'île de Samae San, pour aider les récifs.


Ce ne sont ni des êtres humains ni des animaux que la Thaïlande s’apprête à envoyer dans l’espace mais des bactéries. Des scientifiques thaïlandais préparent l'envoi vers la Station spatiale internationale (ISS) de bactéries prélevées dans des coraux, une première. Les échantillons ont été prélevés sur les récifs de l'île de Samae San, dans la province de Chon Buri, au sud-est de Bangkok. Leur départ est prévu à l'été 2027, dans le cadre de « L³: Little Living Lab », un projet soutenu par la National Geographic Society, en collaboration avec le Brinson Exploration Hub du California Institute of Technology (Caltech).
Tester la résistance des microbes
L'équipe est dirigée par la Prof Suchana Chavanich, vice-directrice de l'Institut de recherche sur les ressources aquatiques de l'université Chulalongkorn et exploratrice National Geographic. Elle étudiera des bactéries du genre Pseudoalteromonas, exposées pendant une cinquantaine de jours à la microgravité et aux radiations. Les chercheurs observeront leur croissance, la formation de biofilms et la production de pigments, puis compareront les résultats avec des échantillons témoins restés sur Terre.
Trois exploratrices et explorateurs National Geographic, venus de Thaïlande, des États-Unis et de Zambie, participent au projet. Chacun fournit des micro-organismes issus d'écosystèmes différents.
Des microbes pour aider les récifs
Pourquoi de telles expériences ?
lepetitjournal.com l’évoquait il y a quelques jours, les coraux sont des animaux qu’il faut protéger, du réchauffement climatique et de la présence humaine notamment. Mais pas seulement. Les coraux ne vivent pas seuls. Ils cohabitent avec de nombreux micro-organismes qui influencent leur santé. « Même si les récifs sont de vastes écosystèmes, leur avenir pourrait dépendre de très petits organismes », explique Suchana Chavanich. Si ces bactéries se montrent plus tolérantes aux conditions extrêmes, cela pourrait ouvrir des pistes pour la restauration des coraux, menacés par le changement climatique. La chercheuse prévient toutefois que l'expérience vise d'abord à faire avancer la connaissance, sans offrir de solution immédiate à la dégradation des récifs. Pour elle, l'enjeu dépasse la Thaïlande : si ces travaux aident à mieux protéger les coraux, ils montreront que l'exploration spatiale peut aussi servir à « prendre soin de notre planète ».
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