Édition internationale

La Thaïlande vue de France : entre crise énergétique et hippopotame viral

La crise énergétique due à la guerre au Moyen-Orient et la réélection du Premier ministre thaïlandais ont occupé ces derniers jours la presse française. L’hippopotame pygmée Moo Deng est là elle aussi.

Baril de pétrole barbelés Baril de pétrole barbelés
Écrit par Émilien PEZZOLI
Publié le 23 mars 2026

La presse française a consacré cette semaine une poignée d'articles au royaume, des marins disparus en mer d'Oman à l'hippopotame qui fait le buzz. Et c’est Le Figaro qui ouvre le bal sur la situation au Moyen-Orient avec une brève vidéo : vingt marins thaïlandais sont rentrés au pays le 16 mars après que leur navire, le Mayuree Naree, a été « touché par deux projectiles » dans le détroit d'Ormuz. Trois membres d'équipage sont toujours portés disparus.

La guerre au Moyen-Orient frappe le royaume

Les conséquences de ce même conflit s'invitent ensuite jusque dans les foyers thaïlandais. Courrier International remarque qu'une vidéo de présentateurs du journal télévisé de Thaï PBS World « ôtant leur veste en direct » est devenue virale, une mise en scène commandée par le gouvernement pour inciter à la sobriété énergétique. Les fonctionnaires sont désormais encouragés « à retirer leur veste de costume lors des réunions afin de réduire le recours à la climatisation », tandis que la population est invitée à régler l'air conditionné « à un minimum de 27°C». Des mesures appliquées « sur la base du volontariat », précise le média, mais qui pourraient « devenir obligatoires » si la situation se dégradait. La raison est structurelle : selon le Bangkok Post cité par Courrier International, « les stations-service reçoivent 30 à 40% de carburant en moins depuis les dépôts » dans certaines régions.

Le Monde prolonge le tableau avec un reportage de terrain signé de son correspondant à Bangkok, Brice Pedroletti. Pour illustrer l'ampleur de la pénurie, il choisit un détail concret : les éléphants d'un camp touristique d'Ayutthaya, habituellement transportés en camion entre leurs écuries et leur zone de travail, font désormais le trajet à pied, faute de diesel. Parce que « 55% des importations de brut proviennent des pays du Golfe », rappelle le quotidien, la pénurie se fait sentir jusqu'aux zones rurales les plus reculées, où des habitants partent faire le plein « disparaissant sous un échafaudage de bidons et de bouteilles en plastique » sur leur scooter ou leur tracteur.

 

Anutin Charnvirakul élu 


Anutin Charnvirakul

 

C'est dans ce contexte tendu que Brice Pedroletti couvre aussi le 19 mars la réélection d'Anutin Charnvirakul. « Premier ministre par intérim depuis septembre 2025, Anutin Charnvirakul a transformé l'essai », écrit Le Monde : « réélu avec 293 voix le 19 mars au Parlement thaïlandais, il maintient le camp conservateur au pouvoir ». Son parti, le Bhumjaithai, « a créé la surprise en remportant 192 sièges sur 500 » aux législatives anticipées du 8 février, avant de constituer « une large coalition de presque 300 sièges ». Pour expliquer ce succès, le correspondant pointe un ressort nationaliste : Anutin a « surfé lors du scrutin sur le sentiment patriotique suscité par l'affrontement avec le Cambodge », un conflit frontalier que la presse française a peu traité.

 

Intrusion dans l’enclos de Moo Deng


Moo deng

 

Loin de ces enjeux, deux autres sujets ont circulé dans les rédactions françaises sur un registre très différent. Sud Ouest et Ouest France, deux quotidiens régionaux français parmi les plus lus, ont tous repris la même dépêche AFP sur l'intrusion d'un homme dans l'enclos de Moo Deng, l'hippopotame pygmée du zoo de Khao Kheow « devenue virale sur TikTok et Instagram depuis sa naissance en 2024 pour ses mignonnes pitreries ». L'homme, « en débardeur, short et sandales », filmait l'animal avec une tablette. Il a fallu « dix minutes au personnel du zoo pour le faire sortir ». Moo Deng était « indemne mais légèrement effrayée », précise le communiqué du zoo, qui a annoncé qu'il « engagera des poursuites judiciaires sans exception », l'intrusion étant passible « d'un an de prison ou d'une amende de 20.000 bahts ».

 

Les tricheurs de l’eSport

 

Salle d’esport

 

Continuons sur le registre judiciaire. L'Essentiel, quotidien francophone luxembourgeois, a relayé la condamnation de deux joueurs d'eSport pour tricherie aux SEA Games de Bangkok. Le tribunal a reconnu Naphat Warasin et Kong Sutprom coupables d'avoir « accédé à des données informatiques protégées sans autorisation », avant de réduire leur peine de six à trois mois « en raison de leur coopération avec les autorités ». Les condamnés à moins de trois mois pouvant purger leur peine « dans des centres de détention pour éviter la prison », les deux joueurs échappent donc à l'incarcération classique, un détail procédural que le média luxembourgeois retient davantage que le contexte sportif.

 

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