C’est une expo photo en noir et blanc qui débutera à l’Alliance française de Chiang Mai le samedi 6 juin 2026. Un regard tendre sur un monde de paillettes et de souffrances intérieures.


Un fils de militaire qui se prend un jour de passion pour les ladyboys, le parcours de David Gentil n’est pas banal. Parisien, ancien professeur des écoles, il se passionne en amateur pour la photographie. Il effectue son premier voyage en Thaïlande il y a une vingtaine d’années. Instituteur à Bangkok, il décide de se mettre en disponibilité pour partir photographier l’enfant-déesse Kumari au Népal. Il envisageait une année sabbatique. Il restera deux ans et demi. Et sa vie ne sera plus jamais la même. « C’est devenu mon voyage intérieur, un parcours initiatique, l’appareil photo a été mon médiateur », raconte l’intéressé. Le temps de reprendre un poste en Birmanie, de rentrer en France en période de Covid, c’est le poste suivant, à Hong Kong qui lui fera définitivement comprendre qu’il doit changer de monde pour être heureux.
Je veux montrer une réalité sans la juger
Il prend son courage à deux mains, rentre en France faire le point et décide de repartir mais vers une vie nouvelle. Il trouve à Chiang Mai le bon compromis entre la ville, la nature et la culture. C’est là qu’il s’installe il y a un peu plus d’un an. « J’y ai trouvé le naturel, le spirituel, le culturel et le traditionnel », résume-t-il en quelques mots. Et c’est lui, qui nous fait partager cette quête de vérité, qui, il y a une quinzaine d’années, a rencontré le monde fascinant et troublant des ladyboys.

« Il est vrai que tout, dans leur monde, est dans l’apparence, reconnaît-il. C’est peut-être ce que j’y trouve de merveilleux. Je veux montrer une réalité sans la juger. Je mets en fait des mots sur ma démarche artistique quinze ans après. Je photographie toujours des communautés et des minorités, des peuplades, des spiritualités, des gens qu’on ne voit pas et que je mets en lumière. » Des gens qu’on ne comprend pas non plus. Nombreux sont ceux qui croient que ce mélange des genres est naturel en Thaïlande alors qu’il est toujours l’enjeu de multiples combats, plus ou moins intimes.
Entre deux sexes et entre deux vies
L’exposition s’appelle « In-Between ». Tout est presque dit. Sous-titre : « Behind the mirror ». David Gentil veut nous montrer ce qu’il se passe dans l’ombre, dans cet entre-deux où le personnage n’est plus dans la vie personnelle mais pas encore sur scène. Entre deux sexes et entre deux vies.

« Ce n’est pas la question du genre qui m’intéresse, explique-t-il, mais de la transidentité. Je montre le divertissement, l’exotisme mais, au cœur du problème, il y a la difficulté, le rejet des familles. » La question qu’il nous pose est simple : comment s’intègre-t-on quand on est à ce point différent ? Il y a dix ans, il a demandé à découvrir les coulisses d’un spectacle. Il y a trouvé une nouvelle famille qui l’accompagne depuis lors.

Il y a aussi découvert un univers peut-être trop pailleté. Voilà pourquoi ses photos sont réalisées en noir et blanc, « pour gommer les couleurs de ce monde backstage qui parasitent le sujet. Je me focalise sur le regard, l’expression, les jeux d’ombres et de lumières, les contrastes, la neutralité parfois. Juste la dualité entre le noir et le blanc.
À vous de mettre de la couleur dessus. »

« In-Between
Behind the mirror »
Exposition du 6 au 29 juin 2026 (pendant le mois de la Pride), à l’Alliance française de Chiang Mai.
Vernissage le samedi 6 juin 2026 à partir de 17h.
C’est ici :
https://maps.app.goo.gl/xSFYJhykr5Kn8PGi7?g_st=ic
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