Mercredi 1 décembre 2021
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EVENEMENT - Conférence de presse de Gérard Depardieu et Fanny Ardant à Tel Aviv (17/03)

Par Lepetitjournal Tel Aviv | Publié le 19/03/2017 à 00:18 | Mis à jour le 20/03/2017 à 17:11

Les deux célèbres acteurs français ont donné une conférence de presse à Tel Aviv vendredi 17 mars avant leur première représentation de "La Musica Deuxième" de Marguerite Duras. Le Petit Journal.com Tel Aviv vous livre une synthèse des échanges, en partenariat avec L'Institut français d'Israël.

  

Photo : Fanny Ardant et Gérard Depardieu, conférence de presse au Sheraton Tel Aviv vendredi 17 mars 2017.     

Crédit : Institut français d'Israël.

  

Votre actualité Gérard Depardieu  ?
 
GD. Récemment on a réuni 7000 spectateurs à l'Opera de Chicago avec le Symphony Chicago Orchestra dirigé par Ricardo Monti pour présenter le livret d'Haselstein de Sergei Prokofiev. Je retourne souvent en Russie, à Saransk  où je suis. Je vais montrer aux médias que les russes ne sont pas des hooligans. La presse étrangère est très vulgaire sur la Russie. Elle dit des choses qui ne sont pas vraies alors que les journalistes ne se sont jamais déplacés en Russie. Ça a toujours été comme ça. En tout cas moi j'ai du vrai c?ur pour la Russie et pour les russes. Et je ne vais pas que à Saint-Petersbourg ou à Moscou. Nous avons joué "La Musica" à Irkutsk, nous avons été en Sibérie, on connaît les petits villages, et je m'y sens très à l'aise. Je ne suis pas un mondain en Russie, je ne fréquente pas les journalistes, ou les français là-bas. Je ne les aime pas d'ailleurs. Les français à l'étranger je ne les aime pas (rires). Les français me racontent des choses que je ne vois pas comme eux. J'aime beaucoup la culture française mais ils se groupent ensemble, c'est fermé, c'est clos, il faut aller voir ailleurs. 
 
Êtes vous heureux d'être en Israël ce soir ?
 
GD.  Absolument 
 
Qu'est ce qui vous plaît ou vous déplaît en Israël ?
 
GD.  J'aime beaucoup Israël, moins la compagnie qui m'a amenée, je préfère ELAL.  J'aime beaucoup cette plage, elle est sublime. Et aussi Jérusalem : on a un choc, c'est très fort. Mais j'aime particulièrement Tel Aviv. Il y a beaucoup de français qui sont partis de France et qui sont venus habiter là, qui ont fait leur Alya. Ils ont mis du temps à acheter un appartement ici, on s'en est rendu compte dans le film qu'on a tourné ici, Hello Goodbye, c'est très difficile, on ne sait pas sur quoi on tombe. Remarquez c'est partout pareil. Ici, il y a une certaine qualité de vie, je les envie d'avoir un endroit où ils peuvent retrouver leur culture. Je lis beaucoup sur la religion, toutes les religions. J'aimerais faire une série sur toutes les fêtes religieuses, les fêtes juives mais aussi celles des autres religions. Il y a Israël mais il y a l'Islam aussi, le schisme chez les chrétiens... Je trouve tout cela très intéressant. Moi, j'aime cela, parce que j'aime la vie. J'aime bien connaître l'histoire.  
 
FA. Israël c'est pour travailler, j'y ai tourné plusieurs films. Quand on travaille dans une ville, on en fait partie. Ma vision d'Israël, c'est comme si je revenais de temps en temps a casa, la maison. Je n'y suis jamais allée en touriste. 
Ma relation avec Israël, c'est forcément avec la culture juive, pas avec une culture doctrinaire mais avec une culture vécue tous les jours. Comment ce pays s'imbrique avec les milouims, avec les problèmes des hommes et des femmes, avec le rapport avec les territoires occupés. Forcément un pays c'est une religion, mais aussi des gens qui vivent, qui ne sont pas d'accord. Vous avez un parlement, donc vous n'êtes pas tous d'accord. 
 
Votre liberté en tant qu'actrice Fanny Ardant ? 
 
FA. Dès qu'on parle de liberté, ce n'est pas l'apanage ni des hommes ni des femmes, c'est celui de tout être humain. J'ai vécu dans une famille ou les hommes étaient extraordinaires donc je n'ai jamais eu à me battre pour être une femme libre. Je ne me suis jamais sentie écrasée. Je ne suis pas une féministe. Mon seul luxe, c'est la liberté. Je n'ai fait que ce que j'avais envie de faire et je n'ai pas fait ce que je n'avais pas envie de faire. 
 
Vous sentez vous plus libre en tant qu'actrice ou que réalisatrice ? 
 
FA. C'est comme avoir un mari et un amant et devoir choisir ! (Rires)
Moi j'adore être une actrice. Je ne pourrai jamais renoncer à ça. 
 
GD. C'est plus agréable de travailler avec une femme. Avec un homme c'est plus compliqué. On peut le vexer facilement surtout quand on est libre. Une femme sait ce qu'elle veut. Que ce soit Marguerite Duras, Agnes Varda, Fanny Ardant, Francesca Comencini, toutes les femmes avec lesquelles j'ai travaillé, je les aimais. D'ailleurs, je n'ai jamais travaillé avec des gens que je n'aimais pas, hommes ou femmes, parce que c'est long un film. Comme disait Marcello Mastroniani, "je ne vais pas me faire chier pendant 3 mois, 4 mois avec un con !" 
 
Vous avez joué plusieurs fois ensemble, pouvez-vous me dire l'un et l'autre ce que l'autre représente pour vous ?
 
GD.  Non, ça c'est des questions de journalistes ! J'ai répondu à cette question. On est tout ensemble. C'est mon ami, de c?ur, et c'est une amitié amoureuse. Qu'est ce que je peux dire de plus ? Il n'y a rien de plus beau que d'aimer et d'être ami. Voilà. 
 
Marguerite Duras était très importante pour vous, votre carrière. 40 ans plus tard vous jouez un de ses textes. Comment avez-vous reçu ce projet ? Comment avez vous travaillé ?
 
GD.  Je connais Marguerite Duras. C'est la même respiration, je connais son inspiration aussi. Je ne suis pas allé à l'école, je suis directement tombé sur l'auteur.  Donc je n'ai pas d'interprétation bonne ou mauvaise, ou détournée. Fanny Ardant voulait jouer ces choses. Elle m'a dit "tu viens ?" Et moi évidemment, j'arrive, exactement comme pour Marguerite. Marguerite me disait "à 19h à Neuf le Château", elle me donne un texte, "tu lis ça et on tourne tout à l'heure". Il n'y avait pas d'autre chose à faire. Et Fanny c'est pareil. Elle m'a dit "viens on va faire La Musica à Tel Aviv". C'est tout. 
 
Selon vous, le désir est il le seul moment conscient de l'amour ?
 
GD. Alors ça c'est tout le problème de Marguerite Duras. C'est d'ailleurs ce qui est beau. Ils passent un temps, une heure. Il y a plus fort que le désir. Elle lui met les points sur les "i" du désir. Les hommes sont trop raides. Elle, c'est la mère, pour Marguerite c'est une petite fille qui était là-bas au Cambodge. C'est Fanny qui peut répondre. L'homme n'est que le point sur le "i" du désir. 
 
FA. Oui, elle, elle parle de cette inéluctabilité de la fin. La fin du désir, la fin de cette fulgurance qui projette deux êtres l'un contre l'autre. Ils se rendent compte que l'autre va chercher ailleurs cette folie du premier jour, de la première heure. C'est très triste de l'entendre dire. Mais c'est sauvé par le fait que ça pourrait recommencer. Marguerite Duras imagine que l'amour est sans cesse à reconstruire, rien n'est jamais acquis. Ce n'est pas parce qu'on est marié depuis trente ans, qu'il faut être sûr de l'amour. Il faut lutter pour qu'il ne s'en aille pas. 
 
GD.  Je ne connais pas beaucoup d'homme qui pourrait dire ça...
 
Quelle importance revête pour vous ce spectacle ?
 
FA. On ne connaît pas l'importance des choses avant d'être dedans. Israël a appelé pour nous demander si nous voulions venir jouer La Musica. Donc l'important, c'est ce qui va se passer demain. 
 
GD.  L'important c'est d'être ici pour parler de Marguerite Duras, et de faire, de jouer. De savoir comment ça va être pris. 
 
Que ressentez vous quand vous jouez ensemble ?
 
FA. C'est comme danser. Je sais que je vais danser car Gérard n'est jamais le même. Il est toujours bizarre (rires)
 
GD. Dans ce spectacle, les femmes ont la parole. J'espère que vous comprendrez le spectacle. 
 
FA. L'important, c'est qu'on a tous eu des chagrins d'amour. Le génie de Marguerite Duras, c'est de mettre des mots sur des choses qu'on a dans son ventre, et qu'on pleure, et là, c'est tellement fulgurant, bien écrit, on peut voyager dans le monde entier avec ce spectacle car la seule chose qui lie les gens, ce sont les chagrins d'amour. Enfin, la joie aussi. Mais on se souvient plus des chagrins d'amour. 
 
L'amour se résume t-il à "je t'aime, moi non plus" ?
 
FA. C'est comme Tristan et Yseult, comme Roméo et Juliette. Il faut être tendu vers quelque chose qu'on n'obtient pas. Sinon, ben, on se crêpe le chignon. 
 
Vous y croyez encore à l'amour ?
 
GD et FA. Mais oui !
 
 
INFORMATIONS :
 
Avec l'aimable autorisation de l'Institut français d'Israël (source et crédit photo).

Gérard Depardieu et Fanny Ardant sont en Israël pour trois représentations de "La Musica Deuxième" de Marguerite Duras.

> le vendredi 17 mars a 19h30 Hôtel Sheraton Tel aviv, 115 rue Hayarkon

> le samedi 18 mars à 20h30
Heichal ha'tarbout - Auditorium Charles Bronfman

> le dimanche 19 mars à 20h
Opéra de Tel Aviv, 19 bd. Shaul Ha'melech, Tel Aviv

Plus d'informations : http://www.lepetitjournal.com/expat-guide/israel/agenda/spectacles/46835-reprsentation-la-musica-deuxime/

 

La rédaction (www.lepetitjournal.com/tel-aviv) - dimanche 19 mars 2017

 

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