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Nouvel échange d'otages contre prisonniers à quelques heures de la fin de la trêve

La trêve entre Israël et le Hamas entre mercredi dans son sixième jour avec un nouvel échange attendu d'otages israéliens contre des prisonniers palestiniens, au moment où les médiateurs internationaux multiplient les efforts pour obtenir un cessez-le-feu durable.

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Écrit par AFP
Publié le 29 novembre 2023, mis à jour le 30 novembre 2023

Un nouveau groupe d'otages israéliens et étrangers a été libéré en échange de 30 prisonniers palestiniens dans la nuit de mercredi à jeudi, à quelques heures de l'expiration prévue de la trêve entre Israël et le Hamas, et alors que débute la troisième mission du secrétaire d'Etat Antony Blinken dans la région.

Dix otages israéliens, dont cinq binationaux (un Néerlandais, trois Allemands et un Américain), ainsi que deux Russes et quatre Thaïlandais ont été remis par le Hamas à la Croix Rouge internationale, a annoncé un porte-parole du ministère des Affaires étrangères du Qatar. Israël a ensuite confirmé leur arrivée, via l'Egypte.

En échange, trente Palestiniens détenus dans plusieurs prisons israéliennes ont été libérés plus tard dans la nuit, a annoncé l'Autorité pénitentiaire israélienne. Selon le Qatar, il s'agit de 16 mineurs et 14 femmes.

Parmi les personnes libérées figure Ahed Tamimi, une militante de 22 ans devenue une figure-clé pour les Palestiniens défiant l'occupation israélienne. Elle avait été arrêtée pour une publication sur Instagram, que selon sa famille elle n'a jamais effectuée, et qui selon des sources israéliennes appelait au massacre des Israéliens et faisait référence à Hitler.

Sa mère Narimane, dont le mari a également été arrêté, a affirmé qu'Ahed n'était pas à l'origine de cette publication et qu'elle n'était même pas la possibilité d'ouvrir un compte sur les réseaux sociaux.

- Heurts devant la prison -

Les prisonniers libérés ont été accueillis par des célébrations de la part de leurs proches. Mais des affrontements ont éclaté plusieurs nuits d'affilée entre Palestiniens et forces de sécurité israéliennes à l'extérieur de la prison d'Ofer, située près de Ramallah en Cisjordanie.

afp

Selon le Croissant Rouge palestinien, cinq personnes avaient été blessées, dont une grièvement, par des tirs à balles réelles à l'extérieur de la prison pendant la nuit de mercredi à jeudi.

Le Qatar "garde espoir que les progrès réalisés ces derniers jours se poursuivront, et qu'une nouvelle extension de l'accord de pause humanitaire pourra être accordée", a poursuivi le porte-parole qatari, Majed Al-Ansari.

Depuis son entrée en vigueur le 24 novembre, l'accord de trêve a déjà permis la libération de 70 otages israéliens et de 210 prisonniers palestiniens. En outre, une trentaine d'étrangers, en majorité des Thaïlandais travaillant en Israël, ont été libérés hors du cadre de cet accord.

Ces derniers jours, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a promis de "libérer tous les otages" aux mains du Hamas tout en affirmant qu'il voulait "détruire" le mouvement palestinien, classé organisation terroriste par les Etats-Unis et l'Union européenne.

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"Nous restons déterminés à obtenir la libération de chaque personne prise en otage par le Hamas", a affirmé pour sa part le président américain Joe Biden, ajoutant que l'accord de trêve "a produit des résultats significatifs".

Initialement prévue pour quatre jours et prolongée ensuite de deux jours, la trêve expire jeudi à 05H00 GMT et les pays médiateurs - Qatar, Etats-Unis, Egypte - redoublent d'efforts pour la faire durer encore.

- Blinken en Israël -

Arrivé dans la nuit de mercredi à jeudi à Tel Aviv, le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken doit avoir des entretiens jeudi en Israël et en Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967 et où siège l'Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas, rival du Hamas.

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"Nous souhaiterions voir la pause (dans les combats) prolongée", a affirmé M. Blinken à Bruxelles. Cette prolongation "signifie plus d'otages qui rentrent chez eux, plus d'aide".

Une source proche du Hamas a indiqué mercredi que le mouvement islamiste était "d'accord" pour la prolonger "de quatre jours" supplémentaires et pour libérer de nouveaux otages israéliens. Mais en soirée, une source au sein du Hamas a affirmé que le mouvement palestinien jugeait "insatisfaisantes" les propositions israéliennes.

Lors d'une conférence de presse dans la ville sud-africaine du Cap, un haut responsable du Hamas, Bassem Naim, a pour sa part affirmé mercredi que son mouvement était prêt à libérer "tous les soldats" israéliens qu'il détient en échange de tous les Palestiniens emprisonnés en Israël.

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Il a ajouté que le Hamas était engagé dans de "difficiles négociations" pour prolonger la trêve. "Nous tentons, avec les médiateurs, de négocier un cessez-le-feu permanent", a-t-il déclaré.

La guerre a commencé le 7 octobre quand des commandos du Hamas infiltrés depuis la bande de Gaza voisine ont lancé une attaque en Israël, d'une ampleur inédite. Environ 1.200 personnes, en grande majorité des civils ont été tuées et environ 240 enlevées selon les autorités.

En représailles, Israël a promis d'"anéantir" le Hamas, au pouvoir depuis 2007 à Gaza, pilonnant le territoire palestinien et lançant le 27 octobre une offensive terrestre, jusqu'à la trêve le 24 novembre. D'après le gouvernement du Hamas, 14.854 personnes, dont 6.150 âgées de moins de 18 ans, ont été tuées dans les frappes israéliennes.

- "Catastrophe humanitaire monumentale" -

L'accord de trêve a accéléré l'entrée d'aide humanitaire dans le territoire palestinien assiégé et dévasté par sept semaines de bombardements israéliens. Mais les organisations internationales estiment que ces aides ne suffisent pas et appellent à un cessez-le-feu durable face à ce que le chef de l'ONU a décrit comme une "catastrophe humanitaire monumentale".

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Déjà soumis à un blocus israélien terrestre, maritime et aérien depuis 2007, la bande de Gaza a été placée le 9 octobre en état de siège total par Israël. Selon l'ONU, 1,7 million de ses 2,4 millions d'habitants ont été déplacés par la guerre et plus de la moitié des logements ont été endommagés ou détruits.

Des milliers de Palestiniens, déplacés ont profité de la trêve pour rentrer chez eux dans le nord de la bande de Gaza, la partie du territoire la plus dévastée, ignorant l'interdiction de l'armée israélienne qui y a pris le contrôle de plusieurs secteurs.

"Nous n'avons ni eau, ni nourriture, ni farine depuis dix jours. La situation est dure, très dure", raconte à l'AFP Achraf Selim, un habitant de Gaza.

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Dans la ville, des gens portant des bidons font la queue près d'une citerne pour s'approvisionner en eau potable.

"Les gens arrivent ici à pied, de loin, d'environ 10, 20 ou 30 kilomètres, simplement pour obtenir de l'eau potable", raconte à l'AFP Mohammed Matar, propriétaire d'une installation de dessalement.

Dans la même ville, à l'hôpital al-Nasr, cinq bébés prématurés ont été découverts morts, a affirmé le porte-parole du ministère de la Santé du Hamas Ashraf al-Qidreh, en accusant les soldats israéliens de les avoir privés de soins en empêchant les médecins de les approcher.

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Publié le 29 novembre 2023, mis à jour le 30 novembre 2023

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