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INTERCULTUREL - Quand un(e) français(e) débarque en Israël

Par Nathan Lascar | Publié le 05/10/2017 à 19:41 | Mis à jour le 09/11/2017 à 14:34
Drapeau français et israélizn

En France, dans l’imaginaire collectif, Israël rime bien souvent avec guerre. Je me souviens de la réaction de mes proches après que je leur ai annoncé partir pour six mois à Tel Aviv : « Tu n’as pas peur ? Fais attention quand même », etc. Que n’ai-je pas entendu. Oui, Israël est un pays en guerre mais le moins que l’on puisse dire c’est qu’ici, la guerre ne se ressent que très peu dans la vie de tous les jours. Les préoccupations des Israéliens sont en fait très proches de celles des habitants des autres pays occidentaux : où scolariser les enfants ? comment financer les dépenses du mois ? quelles destinations pour les prochaines vacances ? etc.

Au-delà de ça, la vie en Israël est tout de même très différente de la vie dans l’Hexagone. Afin de faire état des principales différences de mode de vie entre la France et Israël, nous avons rencontré des expatriés et nouveaux immigrants (« olim hadachim ») de fraiche date. Ils nous ont livré leurs premières impressions sur ce pays nourrissant tant de fantasmes et de passions.

 

Israël, un beau petit pays !

Sur ce point, nos interlocuteurs se sont montrés quasiment unanimes, quelques heures après avoir quitté la France, après s’être installés dans des appartements de la banlieue de Tel Aviv. Ils n’ont pas du tout été bluffés par l’architecture et la propreté des quartiers de leurs villes. Au contraire, tous ont relevé une architecture vieillissante ou en béton et certaines rues particulièrement salles, jonchées de chats errants et bruyantes. En effet, la deuxième chose que l’on peut dire c’est que les israéliens n’ont pas la main molle sur le klaxon ! Les personnes que nous avons interrogées ont d’ailleurs toutes noté la conduite nerveuse (pour rester poli) des israéliens. Si un jour vous prenez une voiture en Israël, ne soyez pas étonné de voir un bus vous doubler par la droite en pleine ville, des voitures vous coupant la route sans clignotant à un rond point  ou d’entendre un concert de klaxon si vous êtes encore arrêté une demie seconde après que le feu tricolore soit repassé au vert !  

Outre, ces premières impressions plutôt négatives, selon les personnes interrogées, Israël s’avère être un beau pays : beaucoup ne s’y attendaient pas forcément en venant et pensaient découvrir un pays « pas fini », encore en construction. Il est vrai que partout, les ouvriers s’activent et les immeubles poussent mais les paysages n’en sont pas pour autant affectés. Les plages de toute la côte ouest et de Tel Aviv en particulier ont ébloui nos expats ! Mais Israël ne se résume pas (uniquement) à ses plages, les paysages y sont très divers. Nombreux sont ceux qui apprécieront des plaines du plateau du Golan dans le nord du pays autant que l’immensité du désert du Néguev dans le sud. Notez bien que tous ces paysages sont regroupés dans un pays dont la superficie n’est pas supérieure à la région Île de France, tout peut donc être visité très facilement pour une semaine de vacances, un weekend ou même une après-midi !

Des gens accueillants et ouverts

Les expats / nouveaux immigrants que nous avons interrogés s’accordent également pour dire que de manière générale, les Israéliens sont plus accueillants que les Français. Si vous êtes perdu, n’hésitez pas à demander votre chemin à un passant, il prendra très certainement le temps de vous l’indiquer, et avec plaisir ! Si vous ne parlez pas hébreu, ce n’est pas un problème, une grande partie des Israéliens parlent très bien anglais, grande différence avec la France là encore !  

La solidarité est également une composante fondamentale de la vie en Israël, devant la faiblesse des services publics (nous détaillerons ce point plus bas), les Israéliens s’entraident pour la garde des enfants, les courses ou même les soins de tous les jours ! Il existe d'ailleurs en Israël de nombreuses associations caritatives venant en aide aux personnes démunies voir notre article du 30/03/17 : http://www.lepetitjournal.com/tel-aviv/accueil-tel-aviv/breves/281117-association-les-resto-du-coeur-du-sud-d-israel-lancent-les-paniers-de-chabbat).

En Israël, tout le monde semble avoir sa place : ce qui illustre le mieux cette idée, c’est bien évidemment la diversité des plages de Tel Aviv (voir notre article du 24/08/17 : http://www.lepetitjournal.com/tel-aviv/a-voir-a-faire/gastronomie/288790-plage-panorama-des-principales-plages-de-tel-aviv ) : une plage pour les religieux, une plage pour les gays, une plage pour les jeunes, une plage pour les familles, une plage pour les sportifs … et même une plage pour les chiens ! Sur ce point, il faut distinguer Jérusalem et Tel Aviv. En effet, si dans la ville blanche vous avez plus de chance de croiser un joggeur torse nu et une jeune femme en bikini qu’un couple de religieux, ces derniers sont nettement plus nombreux à Jérusalem, qu’ils soient juif, musulman ou chrétien par ailleurs. Ainsi, si en Israël, le caractère juif du pays n’est pas omniprésent, il se ressent tout de même, ne serait-ce que par l’importance accordée aux fêtes religieuses qui rythment le calendrier scolaire et la vie des familles. Le repas de famille du vendredi soir (pour le début du chabbat) se rapproche du repas de Noël en France, le Seder de Pessah du repas de Pâques.

 La vie en Israël, un rêve à déconstruire

En France, Israël alimente beaucoup de passions et de fantasmes, alors que certains imaginent un pays marqué par la guerre et le terrorisme, d’autres y voient un eldorado. Selon nos expats / nouveaux immigrants, c’est entre ces deux images que l’on trouve la vérité de la vie israélienne. Certes, il ne pleut que trente jours par an. Oui, les gens vivent dans l’ensemble comme en Occident. Mais à côté de cela, près de 20 % de la population vit en dessous du seuil de pauvreté, la protection sociale et les services publics que nous connaissons en France sont quasi inexistants. 

En Israël, l’école finit en début d’après-midi, la garde des enfants et la cantine sont donc à la charge des familles, ou alors cela coûte très cher. De la même façon, si l’on trouve en Israël des soins qui n’ont rien à envier à ceux proposés en France (tant au niveau de la qualité que de la quantité), ils sont beaucoup moins bien remboursés que dans l’Hexagone et beaucoup de personnes doivent renoncer à se soigner faute de budget suffisant.

 Un pays tout de même marqué par la guerre

Si la situation géopolitique d’Israël n’est pas omniprésente dans la tête des citoyens, elle n’en est cependant pas absente. Ainsi, nos expats / nouveaux immigrants ont été marqués par le fort sentiment patriotique qui anime les Israéliens. En Israël, les drapeaux sont (très) souvent de sortie. Mais ce qui marque le plus, c’est bien évidemment le service militaire, obligatoire pour tous : trois ans pour les jeunes hommes et deux ans pour les jeunes femmes. Les jeunes israéliens commencent donc leurs études supérieures vers 21 ans ce qui tend à créer une « majorité fictive » (pour l’entrée dans certains bars ou établissements nocturnes par exemple) car on n’est un adulte qu’après avoir terminé l’armée, même si comme en France, la majorité officielle est atteinte à 18 ans.

C’est enfin, le mode de vie épicurien des Israéliens qui témoigne de l’influence de la guerre sur les mentalités. Les Israéliens vivent au jour le jour, ils épargnent nettement moins que les habitants des autres pays occidentaux ayant un niveau de richesse comparable. Parce qu’ils savent que n’importe quoi peut arriver n’importe quand, ils profitent de la vie comme l’indique le mot Lé’haïm (« à la vie ») lorsqu’on trinque avec les Israéliens !

 

Nathan LASCAR (www.lepetitjournal.com/tel-aviv) – dimanche 17 septembre 2017

Nathan Lascar

Etudiant à l'Institut d'Etudes Politiques d'Aix en Provence , collaborateur pour lepetitjournal.com à Tel Aviv.
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