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Nucléaire iranien : quelles conséquences pour les firmes françaises ?

Par Justine Hugues | Publié le 14/05/2018 à 18:00 | Mis à jour le 14/05/2018 à 18:00
entreprises françaises Iran

L’annonce, le 8 mai, du retrait des Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien, a créé une onde de choc chez les entreprises françaises implantées ou ayant des projets d’investissement dans le pays, comme PSA, Airbus et Total. A l’Elysée, on se veut rassurant : la France fera « tout » pour protéger ses entreprises. 

 

Fidèle à sa promesse de campagne,  Donald Trump a sonné le glas de l’emblématique accord sur le nucléaire iranien, signé par son prédécesseur en 2015. Sans attendre, le département du Trésor américain a annoncé que les Etats-Unis allaient rétablir une large palette de sanctions pour les entreprises ayant des liens commerciaux avec l’Iran, à l’issue de périodes transitoires de 90 à 180 jours. 

Le conseiller à la sécurité nationale, John Bolton, a fait savoir que le rétablissement des sanctions américaines était effectif « immédiatement » pour les nouveaux contrats et que les entreprises déjà engagées en Iran auraient quelques mois pour en « sortir ». Plusieurs entreprises avaient reçu après la signature de l’accord sur le programme nucléaire iranien en 2015 des licences spéciales ou l’accord du Trésor américain pour commercer avec l’Iran.

« Voulons-nous que les Etats-Unis soient le gendarme économique de la planète ? »

Le ministre français de l’économie, Bruno Le Maire, a estimé qu’il n’était « pas acceptable » que les Etats-Unis se placent en « gendarme économique de la planète », et a appelé l’Union Européenne a « ouvrir les yeux » et « en tirer toutes les conclusions ». 

 

 « En deux ans, la France avait multiplié par trois son excédent commercial avec l’Iran », précise le ministre dans un entretien avec France Culture. Or, si les entreprises étrangères ne se retirent pas de l’Iran, elles pourraient être frappées par les mesures punitives leur barrant l’accès aux marchés nord américains, note Bruno Le Maire.

 

PSA et Airbus en difficultés, un projet de gaz naturel de Total compromis

PSA est déjà particulièrement bien implanté en Iran, où il a une part de marché de 30 %. Le constructeur automobile a vendu sur place 444.600 véhicules en 2017. « Nous suivons l’évolution de ce sujet, y compris la position officielle de l’Union européenne sur ce dossier, que nous espérons singulière, déclare un porte-parole du groupe ». 

Le constructeur aéronautique Airbus a enregistré des commandes de compagnies aériennes iraniennes (Iran Air Tour, Zagros Airlines) pour 100 avions, valorisés à près de 10 milliards de dollars. Cette commande dépend toutefois des permis délivrés par les Etats-Unis en raison de la forte utilisation de pièces américaines dans la construction des avions de ligne.  

Autre projet compromis, celui de Total, qui, associé au groupe chinois CNCP, prévoyait un investissement de plusieurs milliards de dollars dans le plus grand gisement de gaz naturel au monde, pour alimenter le marché domestique iranien dès 2021. Le pétrolier français, achète par ailleurs du pétrole iranien pour ses raffineries européennes, réalise des transactions en dollars et a investi des milliards de dollars aux États-Unis.

« Nous allons tout faire pour protéger nos entreprises »

Les entreprises allemandes devraient cesser leurs activités en Iran « immédiatement », a ainsi demandé, le jour de l’annonce, l’ambassadeur américain en Allemagne. De son côté, l’Elysée a affirmé que les Européens allaient « tout faire pour protéger les intérêts » de leurs entreprises en Iran « en intervenant auprès de l’administration américaine » au niveau de l’Union européenne.

La France, l'Allemagne et le Royaume-Uni "regrettent" la décision américaine, a réagi Emmanuel Macron sur Twitter, évoquant sa volonté de travailler collectivement à un "cadre plus large" sur ce dossier.

Justine Hugues

Justine Hugues

Après avoir travaillé 8 ans dans l’aide humanitaire et au développement (en Amérique Centrale, République Dominicaine et Birmanie) elle s'est reconvertie dans le journalisme avec l'ESJ Pro. Elle fait aujourd'hui partie de l'équipe de rédaction à Paris.
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Marcel Depart mar 15/05/2018 - 03:09

La religion est de très grande importance dans l’histoire de moyenne orient. Le Christianisme a réussi à dompter ses différences théologiques, après des guerres de grandes sauvageries. La guerre de religion en Vendée en est le témoignage. Le monde Islamique n’a pas réussi à dompter ses différences entre le Shiisme et le Sunnisme, le tous entre-mêlée avec une société tribale avant d’être de culture nationale. Le monde Islamique en vénérant cette théologie encourage une colonisation continuelle de sa théologie Islamique à travers le monde. L’ennemie principale est le Judaïsme avant tout autres. Les Mollâs Iranien sont dans l’impossibilité d’admettre qu’un état Hébreux puisse exister. Son élimination est théologiquement vénérée. Israël, de leurs points of vue, est illégale donc à éradiquer. Le Christianisme est de deuxième importance. Il n’y aura pas de guerre de religions entre le Christianisme et l’Islam. La conquête du monde Chrétien se fait par la poussée démographie. Le monde Sunnite est en train de changer d’opinion. A vrai dire ce monde Sunnite refuse le Shiisme et admet la présence de l’état Hébreux. Ce refus est avant tout une stratégie de défense pour être dans le clan gagnant. L’Europe se trouve dans la même situation des années 1936/1939. L’Europe ne veux pas de guerre, serait-il possible de ne pas reconnaitre que l’anti Sémitisme est malheureusement l’enjeux. L’Europe va avoir à choisir, Chamberlain ou Churchill ! L’Amérique des années 1936/1939 était très divisée. L’antisémitisme existait aux USA a cette époque. L’entrée en guerre des USA se fit après l’attaque de la flotte Américaine dans l’Atlantique par la marine Nazi. L’extermination des camps de concentration changea radicalement l’attitude Américaine. D. Trump ne veut rien avoir à faire avec la destruction d’Israël. L’éventualité d’un Iran nucléaire mettrait Israël dans un danger inacceptable pour D. Trump, alors que B. Obama préférait laisser les choses se faire, une sudo neutralité détestable.

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