Iran: 12 morts dans des attentats à Téhéran revendiqués par l'EI

Par Lepetitjournal Téhéran | Publié le 07/06/2017 à 08:59 | Mis à jour le 07/06/2017 à 13:48

Des hommes armés et des kamikazes ont attaqué mercredi le Parlement et le mausolée de l'imam Khomeiny à Téhéran, faisant au moins douze morts, les premières attaques dans le pays revendiquées par le groupe jihadiste Etat islamique (EI).

Menées quasi-simultanément contre des lieux hautement symboliques, ces attaques sans précédent dans la capitale iranienne ont duré plusieurs heures.

Les sept ou huit assaillants se sont fait exploser ou ont été abattus par les forces de l'ordre, ont indiqué des médias locaux.

Autour des deux lieux visés, distants d'une vingtaine de km, d'imposantes forces de sécurité restaient présentes et des stations de métro ont été fermées.

Une réunion d'urgence du conseil national de sécurité a été convoquée par le ministre de l'Intérieur Abdolreza Rahmani Fazli, selon l'agence Isna.

Selon le chef des services d'urgence iraniens, douze personnes ont été tuées et 39 blessées dans les attaques qui ont pris fin dans l'après-midi.

Au siège du Parlement, quatre assaillants ont fait irruption dans des bâtiments et ouvert le feu. L'un d'eux s'est ensuite fait exploser et les trois autres ont été tués, ont précisé les médias.

- Déguisés en femmes -

Ils étaient déguisés en femmes, selon le vice-ministre de l'Intérieur Hossein Zolfagari.

Les députés ont néanmoins continué leur session dirigée par le président du Parlement Ali Larijani qui a dénoncé "des terroristes lâches".

L'un des assaillants est à un moment sorti dans l'avenue qui passe près de la Chambre des députés et a tiré sur les passants. Les forces de sécurité ont tiré sur lui, le forçant à retourner à l'intérieur de l'enceinte du Parlement.

Au mausolée de l'imam Khomeiny, fondateur de la République islamique d'Iran, des assaillants ont ouvert le feu et une femme et un "terroriste" se sont fait exploser, selon les agences de presse et la télévision d'Etat Irib.

Des photos de l'explosion ont été publiées par les agences de presse, notamment sur leurs réseaux sociaux.

Un autre cliché publié par plusieurs agences, montre une tête tranchée, présentée comme étant celle d'un des assaillants au mausolée.

"Trois ou quatre" assaillants ont attaqué le mausolée où un jardinier a été tué, selon un responsable du mausolée. Deux personnes grièvement blessées sont mortes après leur transfert à l'hôpital.

Le groupe jihadiste a revendiqué ces attaques. "Des combattants de l'EI ont attaqué le mausolée de Khomeiny et le siège du Parlement à Téhéran", a indiqué Amaq, l'agence de propagande du groupe jihadiste, en parlant de deux attentats suicide.

- 'Coordonner la lutte' -

Selon le ministère des Renseignements, un autre groupe de "terroristes" a été neutralisé à Téhéran avant de pouvoir passer à l'action.

La Russie, alliée de l'Iran, a condamné les attentats, estimant qu'ils prouvaient une nouvelle fois la "nécessité de coordonner la lutte antiterroriste". La France les a également condamnés avec "la plus grande fermeté".

L'Iran et la Russie sont engagés militairement en Syrie aux côtés du pouvoir contre les groupes rebelles et jihadistes principalement l'EI.

C'est la première fois que ce groupe extrémiste commet des attentats dans la capitale iranienne, où les dernières attaques remontent au début des années 2000 pour la plupart commises par l'organisation d'opposition armée des Moudjahidine du peuple.

L'Iran chiite est engagé également militairement en Irak dans la lutte anti-EI. Les forces de sécurité iraniennes ont affirmé ces deux dernières années avoir démantelé des cellules de l'EI en Iran et déjoué des tentatives d'attentat de sa part.

Le groupe jihadiste sunnite avait menacé l'Iran dans une vidéo en persan publiée en mars. Il avait alors affirmé qu'il allait "conquérir l'Iran et le rendre à la nation musulmane sunnite" et provoquer un bain de sang chez les chiites.

Si certaines régions proches des frontières avec l'Irak, l'Afghanistan et le Pakistan ont été ciblées par des groupes armés, les grands centres urbains avaient jusqu'alors été épargnés.

© 2017 Agence France-Presse
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