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UN MOIS, UN SITE... - La Chronique culturelle de Patrick Ringgenberg - Kashan

Par Lepetitjournal Téhéran | Publié le 07/03/2017 à 23:18 | Mis à jour le 25/02/2017 à 16:25

 

 

Maison (hôtel-boutique) Ameriha.

Hôtel Khaneh Irani

Aujourd'hui connue pour son eau de rose, autrefois pour ses céramiques, la cité de Kashan fut fondée au plus tôt sous la dynastie sassanide (IIIe-VIIe s.), mais le site de Tapeh Sialk, en bordure de la ville, montre que la région fut déjà habitée il y a quelque 7000 ans. Renommée sous les Seldjoukides (XIe-XIIe siècle) pour ses intellectuels, ses administrateurs et ses calligraphes, Kashan fut relativement peu affectée par les dévastations des Mongols, des Timourides et des Turkmènes. Avec les Safavides (XVIe-XVIIe siècle), elle brille de tous ses feux, et Shah Abbas Ier enrichit la ville de palais, de jardins et de bazars. Au XVIIIe siècle, l'invasion afghane puis Nader Shah commettent déprédations et tueries, et un tremblement de terre dévaste la ville en 1779. Elle est reconstruite et restaurée par Karim Khan Zand et par le Qadjar Fath Ali Shah (XIXe s.). Les monuments de Kashan ne sont donc, pour la plupart, pas très anciens (XIXe siècle pour l'essentiel), mais ils comptent parmi les plus beaux exemples de l'architecture qadjare du pays.

Le jardin de Fin.

Les incontournables de Kashan sont le jardin de Fin, le plus ancien jardin persan parvenu jusqu'à nous (fondé au XVIIe siècle, transformé au XIXe siècle), et les anciens quartiers, avec les maisons Borudjerdi, Ameriha (devenue hôtel), Tabatabai, Abbassian, sans oublier le hammam Soltan Amir Ahmad. Ces maisons somptueuses (elles appartenaient à des notables) magnifient une architecture traditionnelle de cours intérieures bordées de pièces, au plan divisé en andarun (partie résidentielle) et birun (espace de réception), aux salles et murs parés de décors de stucs, de miroirs et de peintures.

La maison Borudjerdi.

La maison Borudjerdi 2

La maison Abbassian.

La maison Tabatabai.

Le hammam Soltan Amir Ahmad. 

D'autres visites s'imposent : la madrasa Aqa Bozorg, du XIXe siècle, et juste à côté, les mausolées de Tadj ol-Din, construits entre le XIIe et le XVe siècle, et dont les coupoles sont tapissées d'alvéoles géométriques ou muqarnas.

La madrasa Aqa Bozorg.

Mausolée de Tadj ol-Din.

Kashan est une ville religieuse, et nombre d'Imamzadeh (des mausolées dédiés aux descendants des grands Imams chiites) ponctuent les quartiers. L'un des plus intéressants est  l'Imamzadeh Shahzadeh Ebrahim (XIXe siècle), près de la route menant au jardin de Fin, orné de peintures figuratives.

L'Imamzadeh Shahzadeh Ebrahim.

Comme d'autres bazars d'Iran, celui de Kashan est riche en coins et recoins (hammam du Khan, madrasa Imam Khomeini, mosquée du Vendredi), mais son principal centre d'intérêt est le Amin ol-Dowleh (XIXe siècle), sans doute la plus belle coupole marchande d'Iran.

Coupole marchande d'Amin ol-Dowleh.

Kashan mérite bien un jour entier de visite. Un second jour peut être dédié à des excursions : le temple du feu de Niasar et le mausolée de Mashhad-e Ardehal vers l'ouest, la cité souterraine de Nush Abad à quelques kilomètres de Kashan, les dunes de Maranjab dans le désert du Kavir.

Pour en savoir plus :

BEHESHTI Oksana, Travel guide to Esfahân, Kâshân and more, Rowzaneh, Tehrân, 2005 (1re édition).

Texte et images : Patrick Ringgenberg

http://patrickringgenberg.com/

(www.lepetitjournal.com/teheran) - mercredi 8 mars 2017

 

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