Lundi 20 septembre 2021

Australie : Des diables de Tasmanie tuent des milliers de manchots

Par Benjamin Volant | Publié le 21/06/2021 à 14:17 | Mis à jour le 22/06/2021 à 10:36
Photo : Les diables de Tasmanie sont au coeur d'un programme de réintroduction en Australie, victimes d'un cancer qui a décimé leurs rangs.
Photo d'un diable de Tasmanie2

Réintroduits en 2012, sur une petite île située à l’est de la Tasmanie, les diables de Tasmanie seraient responsables de la disparition d’environ 3000 manchots pygmées.

Pour sauver l’espèce en voie de disparition, des diables de Tasmanie ont été réintroduits en 2012, sur l’île Maria, à l’est de la Tasmanie. Un îlot rocheux de 116 kilomètres seulement, qui abritait alors 3000 manchots pygmées, appelés « petits pingouins » dans les pays anglophones.

Seulement cette initiative a eu sur eux des conséquences désastreuses puisque selon Birdlife Tasmania, la totalité de leur population aurait désormais disparue de l’île, chassée par les diables de Tasmanie. Au nombre de 28 entre 2012-2013, ces derniers ont dépassé la centaine d’individus en 2016. Les marsupiaux ne seraient d’ailleurs pas seulement responsables de la disparition des manchots mais également de colonies entières de puffins à queue courte, un oiseau marin.

Une situation catastrophique qui aurait pu être évitée

Un rapport réalisé en 2011 par le département Tasmanien des industries primaires des parcs, de l’eau et de l’environnement avait tenté d'alerter sur les risques encourus sur une réintroduction des diables sur l'île. Selon lui, l'arrivée des marsupiaux sur l’île risquait d'avoir un un impact négatif sur les colonies de manchots qui y habitaient. Une prévision qui se révélera exacte par la suite.

Le docteur Eric Woehler, président de l’association Birdlife Tasmania a ainsi déploré un tel résultat : « Perdre 3 000 couples de manchots d'une île qui est un parc national et devrait être un refuge pour cette espèce est un coup dur » a-t-il confié à The Guardian. De son côté, l’un des porte-paroles du PDTS (le département Tasmanien des industries primaires…) a voulu lui, se montrer rassurant : « Tous les programmes de conservation efficaces sont adaptatifs et le PDTS continuera d'évoluer en fonction des nouvelles connaissances scientifiques et des priorités émergentes […] Cela s'applique également à Maria Island, où une surveillance et une gestion actives ont lieu, et l'île reste une partie importante du programme plus large du diable pour aider à restaurer et à maintenir une population de diables sauvages durable et résiliente en Tasmanie. » a-t-il également indiqué.

 

Benjamin Volant Le Petit Journal Sydney

Benjamin Volant

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