Juillet est déjà bien entamé et, comme beaucoup d'entre vous, l'équipe de Lepetitjournal.com Singapour prend le chemin des vacances. C'est le temps des départs, des au revoir et des retrouvailles. Ces congés, nous les attendions avec impatience, imaginant des parenthèses de découverte ou de repos auprès de nos proches mais le retour en France réserve parfois quelques surprises et la vie singapourienne nous a aussi rendus plus (trop) exigeants, non? Découvrez l’été des membres de l’équipe et voyez s’il ressemble au vôtre!


au bout de dix minutes, je comprends que mes aventures de l’année passionnent à peu près autant que la météo du Groenland
Périple découverte ou habitudes estivales ?
Jean-Michel et son mari ont préparé un ambitieux voyage pour cet été : Mykonos via Dubaï, Berlin, Montpellier, une halte à Paris « pour vérifier si la Tour Eiffel est toujours là », puis Cracovie avant un circuit à travers la Pologne et les trois États baltes — Estonie, Lettonie et Lituanie. Un circuit de trois semaines à travers l’Europe qui s’achèvera par un retour à Singapour via Istanbul et qui promet de beaux souvenirs à raconter aux amis à la rentrée !
Si je n’ai pas eu ma dose de famille, je n’arrive pas à repartir sereinement au bout du monde
Pour Vanessa, l’été a ses rituels : « Paris, magnifique, bruyante, magique et épuisante à la fois. Puis direction l’Italie, près des Cinque Terre : pizzas, spaghetti alle vongole et dolce vita au programme. En revanche, oubliez la climatisation de Singapour et préparez-vous à découvrir des voisins particulièrement attentifs à la moindre parcelle de leur territoire ! ».
Le retour au bercail amène aussi son lot d’incompréhensions : « Dans ma tête, c’est retrouvailles émouvantes et tapis rouge. Dans la réalité, au bout de dix minutes, je comprends que mes aventures de l’année passionnent à peu près autant que la météo du Groenland. Pire, certains me voient comme une privilégiée revenue d’une île paradisiaque ! », nous confie Vanessa. « Côté famille, autre constat : les parents ont discrètement pris quelques années et réclament désormais plus de temps que l’agenda peut en offrir. » L’été, c’est le temps de l’amour, le temps des copains et de l’aventure, mais aussi de la culpabilité.
Il faut d’abord survivre aux préparatifs, au long-courrier en position verticale et aux interminables files d’attente à la douane.

Les retrouvailles familiales, temps fort de l’été
Pour de nombreux expatriés à Singapour, l’été est avant tout synonyme de retrouvailles familiales. Mariages, baptêmes, anniversaires ou fêtes de famille rythment souvent les séjours en France. Le neveu de Jean-Michel se marie à Montpellier, celui de Marie-Aude sera baptisé à Paris. Les beaux-parents d’Adeline fêtent leurs noces d’or mais chut, le lieu est tenu secret. Seul indice : il y aura « la mer et des cocktails ».
L’été est aussi cette saison qui nous relie, en nous offrant la joie de vivre des moments marquants dans nos familles, à défaut de vivre le quotidien à leurs côtés. « J’ai besoin de sentir ce lien avec mes proches. Si je n’ai pas eu ma dose de famille, je n’arrive pas à repartir sereinement au bout du monde. Cela implique de passer du vrai temps de qualité avec chacun, même s’ils sont dispersés partout sur le territoire », confie Marie-Aude.
Pour Karen, les retrouvailles sont précieuses mais elles se méritent : « Il faut d’abord survivre aux préparatifs, au long-courrier en position verticale et aux interminables files d’attente à la douane. Puis vient l’épuisement du marathon social. »
Climat : Singapour ou France, le match de l’été
La chaleur et l’humidité de Singapour sont des défis pour un expatrié. Pourtant, au moment de retrouver la France, certains savourent la stabilité du climat équatorial. Pour Adeline, « une météo prévisible, avec un soleil qui se lève et se couche toujours à la même heure », fait désormais partie des repères rassurants du quotidien. Jean-Michel partage cet avis : « Je n’aime pas me demander chaque matin quel temps il va faire pour savoir comment m’habiller. En dessous de 15 °C, je grelotte ! »
Karen, elle, souligne les surprises que réserve le sud de la France : « On pense quitter la moiteur équatoriale pour un peu de fraîcheur, mais c’est sans compter sur la chaleur étouffante des pavillons mal climatisés et les moustiques provençaux, bien plus féroces que ceux de nos condos rigoureusement traités. »
À l’inverse, Julie savoure le plaisir de « sortir de chez soi sans transpirer dans les deux minutes qui suivent ». Mais certaines habitudes singapouriennes lui manqueront rapidement : « Le réveil au chant du coq et les magnifiques arbres à pluie qui donnent l’impression de vivre dans un jardin tropical. »

Propreté, sécurité, efficacité… le luxe quotidien de Singapour
Vivre à Singapour fait de nous des privilégiés. Changi (le seul, l’unique !), les rues impeccables et totalement sûres, pouvoir tout faire avec son téléphone, un respect à toute épreuve, laisser son enfant traverser la ville seul, l’amplitude horaire et les jours d’ouverture des commerces, l’efficacité des transports publics… Le retour en France agit alors comme un révélateur et tous ces éléments prennent soudain une autre dimension. Jean-Michel s’interroge déjà : « Je vais peut-être devoir me munir d’un masque à gaz pour pénétrer dans le métro parisien. » Une chose est sûre, ajoute-t-il : il lui faudra « surveiller en permanence ses affaires pour ne pas se faire pickpocketter à Paris… pour la quatrième fois ».
Derrière l’humour se cache un constat partagé par de nombreux expatriés : après plusieurs années à Singapour, l’efficacité, la sécurité et le respect des règles sont un luxe quotidien dont on mesure pleinement la valeur lorsqu’on s’en éloigne.
L'été en France...Et la nourriture dans tout ça ?
Pour de nombreux expatriés, le retour en France est aussi un voyage culinaire. Julie, qui partagera son été entre Annecy, la Bourgogne et la Suisse, compte bien en profiter : « Je vais faire le plein de souvenirs gustatifs et savourer les longues soirées d’été. Quand on ne rentre qu’une fois par an, il n’y a plus de saison pour apprécier une raclette, une fondue ou une croziflette ! »
« J’ai la tête et le cœur entre deux pays »
Les premières semaines sont souvent marquées par l’enthousiasme des retrouvailles avec les produits du terroir : baguettes, fromages affinés, pâtisseries et repas en famille. Mais l’effet inverse finit parfois par se produire. Comme le résume Karen avec humour : « Si l’extase des premières baguettes et des plateaux de fromages est garantie, parions qu’après quelques semaines, la nostalgie d’un bon fried rice ou de sushis ultra-frais finira par nous gagner. »
Car vivre à Singapour, c’est aussi développer de nouvelles habitudes alimentaires. Et lorsque l’on quitte l’Asie, certaines saveurs du quotidien ne tardent jamais à manquer.

Le vrai retour : quand l’expatriation prend fin
Pour Estelle, cet été a une saveur particulière. Après l’annonce de la fin de son expatriation à Singapour, les émotions se bousculent. « J’ai la tête et le cœur entre deux pays », confie-t-elle.
C’est surtout difficile de dire au revoir aux amis rencontrés à l’autre bout du monde
Plus encore que le déménagement, ce sont les adieux qui pèsent. « C’est surtout difficile de dire au revoir aux amis rencontrés à l’autre bout du monde, notamment ceux qui nous comprennent quand nos proches nous ramènent du saucisson, du fromage et autres douceurs de notre France. »
Au fil des années, Singapour est devenue bien plus qu’un simple lieu de résidence. « Ce “petit” point rouge ne l’est plus pour moi. J’y ai vécu une partie de ma vie, exploré cette région du monde et découvert la richesse de ses cultures. » Elle évoque aussi les contrastes qui font le charme de la cité-État : une faune sauvage omniprésente au milieu des centres commerciaux et des gratte-ciel, un patrimoine souvent méconnu et une histoire qui a transformé un modeste village de pêcheurs en métropole mondiale.
Au moment de tourner la page, elle emporte avec elle une collection de souvenirs et la certitude que Singapour continuera longtemps à l’accompagner. « Même le koel, qui chante beaucoup trop tôt le matin, me reviendra un jour en mémoire, avec la nostalgie de cette expatriation. »
Il y a mille façons de vivre l’été alors Lepetitjournal.com vous souhaite simplement qu’il soit heureux et ressourçant.
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