Recherche scientifique, insertion professionnelle, transition énergétique et engagement associatif…Le 5 novembre 2026, à la Résidence de France à Singapour, les Trophées des Français de l’ASEAN mettent à l’honneur quatre Français dont les parcours illustrent la diversité des engagements français en Asie du Sud-Est.


« La France a tout à gagner à vous écouter » insiste Capucine Canonne, rédactrice en chef de l’édition de Singapour lepetitjournal.com, ajoutant « le talent français n’a franchement pas de fuseau horaire ! » face à quatre personnalités qui ont choisi l’Asie pour y faire rayonner la France. Ce soir, 5 novembre 2026, les Trophées des Français de l’ASEAN célèbrent leur huitième édition à la Résidence de France à Singapour. Pour Stephen Marchisio, ambassadeur de France à Singapour, ces distinctions permettent d’honorer des compatriotes qui contribuent au développement de la région et s’attachent à « créer des ponts ».
Quatre lauréats sont distingués : Thomas Pouplin pour le Trophée prix du Public, Marie Monmont, pour le Trophée Social/Humanitaire, Gabriel Schiano, Trophée Développement durable. Et Ariane Nabarro reçoit le Trophée coup de cœur. De la Thaïlande à Singapour, ces personnalités témoignent de la diversité des initiatives portées par les Français en Asie.

Thomas Pouplin, quand la recherche scientifique rencontre la parfumerie
Installé à Chiang Mai, en Thaïlande, Thomas Pouplin a fait de la biodiversité botanique le fil conducteur d’un parcours scientifique qui l’a conduit de la Nouvelle-Calédonie au Vietnam, puis en Thaïlande. Après quatorze années consacrées à la recherche clinique, notamment sur les infections du système nerveux central, il choisit de mettre son expertise au service d’un autre domaine : les plantes et leurs applications en parfumerie.
En 2022, il crée LOSiam, un Laboratoire Olfactif du Siam, devenu opérationnel à Chiang Mai en juin 2023 sur le campus de l’université locale et en partenariat avec sa faculté d’agro-industrie. Le laboratoire produit des extraits naturels destinés à la parfumerie de niche et de luxe, en s’appuyant sur une méthode scientifique rigoureuse. Sa démarche intègre également la chimie verte. Environ 10 % des matières végétales traitées proviennent de fruits ou de résidus valorisés, tandis que 90 % des solvants sont recyclés. Un projet de valorisation de sciures de teck en ingrédient de parfumerie est également en phase pilote.
Pour Thomas Pouplin, l’enjeu dépasse la création d’une entreprise : « Ce n’est pas seulement une entreprise que j’ai créée, c’est une filière que j’ai contribué à faire exister. » En 2026, le Trophée prix du Public récompense un parcours où se rencontrent recherche, biodiversité et savoir-faire local.

Marie Monmont, faire du chocolat un levier d’insertion professionnelle
Fondatrice de Wildness, Marie Monmont défend une idée simple : l’activité professionnelle peut ouvrir des perspectives à des personnes qui en sont habituellement éloignées. Après un bac technologique de cuisine, elle quitte la France très jeune et poursuit son parcours dans la gastronomie à Los Angeles, puis en Nouvelle-Zélande. C’est là qu’elle crée Wildness, une chocolaterie installée au sein de la prison de Rimutaka, à Wellington.
Son modèle permet à des personnes détenues d’apprendre un métier, de travailler et de percevoir un véritable salaire, avant la commercialisation des chocolats auprès d’hôtels. À Singapour, elle transpose ensuite cette démarche auprès de personnes en situation de handicap intellectuel. Elle installe une cuisine de production au sein d’APSN, une organisation caritative, où les bénéficiaires sont formés dans le cadre d’un apprentissage rémunéré. L’objectif est de leur permettre d’acquérir des compétences et de se préparer à accéder au monde du travail. Marie Monmont contribue aussi au développement de nouveaux programmes et des revenus de l’organisation, grâce à son expérience entrepreneuriale et commerciale.
« Je ne veux pas seulement créer une entreprise. Je veux créer des opportunités de travail pour des personnes qui n’y ont normalement pas accès » nous confie-t-elle.

Gabriel Schiano, optimiser les batteries pour accompagner la transition énergétique
Diplômé en ingénierie en 2012, Gabriel Schiano commence sa carrière dans les télécommunications en France, avant de s’orienter vers le conseil puis l’entrepreneuriat. En 2019, il crée une première société spécialisée dans l’efficacité énergétique et la transition écologique. Après la séparation de ses associés, il s’installe à Bali, en Indonésie, où il explore de nouveaux projets liés à l’énergie.
C’est là qu’il rencontre Stéphane Leyo, expert du secteur énergétique installé à Singapour, qui porte alors un projet entrepreneurial baptisé Amplicity. Gabriel Schiano le rejoint comme cofondateur et directeur des opérations (COO), tandis que Stéphane Leyo en reste le directeur général (CEO) et l’expert technique. Leur ambition est mieux exploiter le potentiel des batteries déjà installées sur les sites industriels, les centres de données et d’autres infrastructures critiques. Avec le développement des énergies renouvelables et la croissance des centres de données liés à l’intelligence artificielle, ces équipements représentent un enjeu énergétique croissant.
Amplicity cherche à optimiser leur utilisation sans compromettre leur fonction première, notamment celle d’alimentation de secours. Aujourd’hui, Gabriel Schiano partage son temps entre Singapour, l’Australie et les marchés asiatiques que l’entreprise commence à explorer.

Ariane Nabarro, près de trente ans d’engagement au service des liens franco-singapouriens
Venue à Singapour en 1997 pour une expatriation qu’elle imaginait limitée à deux ou trois ans, Ariane Nabarro n’en est finalement jamais repartie. Après une carrière dans la banque puis chez Chanel, où elle rejoint les équipes en 1991 comme attachée de presse internationale, cette Parisienne de naissance construit progressivement un parcours à la croisée du tourisme et de l’engagement associatif. D’abord guide bénévole dans les musées, elle passe les examens pour devenir guide touristique accréditée.
En 2012, elle fonde Singapour sur Seine, une société qui porte sa double culture jusque dans son nom. Son approche consiste à faire découvrir la cité-État autrement, en donnant aux visiteurs les clés pour comprendre le pays et ses particularités. Elle propose aujourd’hui des visites en français, en anglais et en italien. Mais son engagement ne se limite pas au tourisme. Auprès de l’Association française de Singapour, elle contribue à des actions bénévoles auprès d’enfants placés dans un foyer de l’Armée du Salut. Lancée avec trois bénévoles, l’initiative a grandi jusqu’à mobiliser une soixantaine de personnes pour des activités et du soutien scolaire.
En 2016, elle fonde l’antenne locale de l’Union des Français de l’étranger (UFE), qu’elle préside pendant sept ans, et s’investit également à l’Alliance française, dont elle est secrétaire générale. Distinguée par le Trophée Coup de cœur, Ariane Nabarro évoque « une très grande émotion, un très grand honneur ». Toujours prête à se réinventer, elle prépare pour 2027 un nouveau chapitre autour de l’intelligence artificielle, qu’elle souhaite mettre au service de son activité et de son image numérique…
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