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Thomas Liput à Singapour : « Être élu n’est pas une fin en soi. C’est un moyen d’être utile »

Élu conseiller des Français de l’étranger à Singapour, Thomas Liput entend placer son mandat sous le signe de la proximité. Il détaille ses priorités pour les six années à venir et sa vision du rôle d’élu consulaire.

Thomas Liput, conseiller des Français de l'étranger Thomas Liput, conseiller des Français de l'étranger
Écrit par Lepetitjournal Singapour
Publié le 18 septembre 2026

 

Quel enseignement principal tirez-vous de ce scrutin ?

Je voudrais d’abord remercier très sincèrement tous les électeurs qui ont accordé leur confiance à la liste Trait d’Union. Être élu pour représenter les Français de Singapour est une grande fierté, mais c’est surtout une responsabilité que je mesure pleinement.

Cette campagne m’a surtout confirmé une chose : nos compatriotes attendent des élus de terrain, accessibles, qui connaissent leurs préoccupations et qui soient capables d’agir concrètement. Pendant la campagne, nous avons fait le choix d’aller à la rencontre des Français, d’échanger avec les familles, les entrepreneurs, les associations et les acteurs de notre communauté. C’est cette proximité que je veux désormais transformer en action.

Notre score, avec 20,64 % des suffrages et un siège, Trait d’Union a porté une ligne fondée sur trois mots : Agir, Protéger, Représenter. Je souhaite maintenant donner un contenu très concret à ces engagements.

Mon objectif pour les six prochaines années est simple : être utile. Être celui que l’on peut contacter lorsqu’on rencontre une difficulté, celui qui fait remonter les problèmes auprès des autorités françaises et celui qui défend les intérêts de nos compatriotes.

 

 

Quels seront vos dossiers prioritaires au cours des prochains mois ?

Ma première priorité sera d’être au contact des Français de Singapour et d’être le plus disponible possible. Un conseiller des Français de l’étranger doit être un élu de proximité, pas un élu sur papier.

Je veux notamment être particulièrement présent auprès des nouveaux arrivants. Singapour attire chaque année de nombreuses familles, entrepreneurs et salariés français. Les premières semaines peuvent être complexes : démarches administratives, scolarité, santé, fiscalité, visa, logement ou intégration dans la communauté française. Nous devons pouvoir les orienter rapidement vers les bons interlocuteurs et leur faire gagner du temps.

Je serai également très attentif aux sujets qui touchent directement les Français établis hors de France : fiscalité, protection sociale, accès aux services publics, scolarité et reconnaissance de leurs droits. Je suis attaché à un principe simple : vivre à l’étranger ne doit pas faire de nous des Français de seconde zone.

Je souhaite également poursuivre le travail engagé pendant la campagne autour de la représentation politique des Français de l’étranger. Les élections sénatoriales de septembre sont à ce titre une échéance importante. En tant que conseiller des Français de l’étranger, nous sommes grands électeurs et avons donc une responsabilité particulière.

J’ai choisi de soutenir la liste conduite par Bertrand Dupont (Union de la Droite, du Centre et des Indépendants) parce que je souhaite que les Français de l’étranger soient défendus au Sénat par des élus qui connaissent leur réalité, qui comprennent leurs difficultés et qui portent une ligne claire sur des sujets comme la fiscalité des expatriés et la défense de leurs intérêts.

Enfin, je veux continuer à développer le lien entre les élus, les associations et l’ensemble de notre communauté. À Singapour, nous avons une communauté française dynamique et engagée. Il faut s’appuyer sur cette énergie.

 

 

Singapour fait partie des pays au plus haut taux de participation. Comment l’expliquez-vous ?

La participation à Singapour est effectivement supérieure à celle observée dans beaucoup d’autres circonscriptions, et je pense que cela traduit une vraie mobilisation de notre communauté.

La campagne a également montré qu’il existe un réel intérêt lorsque l’on prend le temps d’aller à la rencontre des électeurs et de leur parler des sujets qui les concernent directement. Nous avons essayé de faire une campagne de terrain, avec des rencontres, des échanges et beaucoup de discussions directes avec nos compatriotes. Mais il faut rester humble : avec 21,74 % de participation, près de quatre Français sur cinq ne se sont pas déplacés. Nous avons donc encore une importante marge de progression.

Il y a notamment un travail pédagogique à poursuivre sur le rôle du conseiller des Français de l’étranger. Beaucoup de nos compatriotes ne savent pas précisément à quoi sert cet élu, ce qu’il peut faire et surtout comment il peut les aider. C’est notre responsabilité de mieux expliquer notre rôle et d’aller davantage vers les Français. La politique consulaire doit être une politique de proximité.

Je crois profondément que la confiance ne se décrète pas. Elle se construit par la présence, l’écoute et les résultats. Si nous démontrons que les élus peuvent être utiles dans la vie quotidienne de nos compatriotes, nous contribuerons naturellement à renforcer leur participation et leur confiance dans nos institutions.

 

 

Comment envisagez-vous de travailler avec les autres élus de la circonscription, y compris ceux issus d’autres listes ?

Nous avons eu des sensibilités politiques différentes pendant la campagne, et je ne vais évidemment pas les effacer aujourd’hui. Je suis de droite, avec des convictions républicaines claires. Je les assume et je les défends, sans caricature et sans complexe.

Mais l’élection est désormais derrière nous. Nous avons tous une responsabilité commune : représenter et servir les Français de Singapour.

Je souhaite donc travailler avec les autres élus dans un esprit constructif et en bonne intelligence. Lorsqu’il s’agit de résoudre une difficulté administrative, d’aider une famille, de défendre l’accès à un service ou de faire avancer un dossier concret, la couleur politique passe au second plan.

C’est une conviction que j’ai toujours eue et que je retrouve également dans mon engagement associatif. Cette année, nous avons par exemple organisé le Bastille Day Singapore à l’IFS avec Angeline, présidente de l’association Bastille Day dont je suis aussi le trésorier. Plus de 1 000 personnes ont participé à cette dixième édition, grâce au travail collectif de nos bénévoles, de nos partenaires et sponsors.

C’est exactement cet état d’esprit que je veux appliquer à mon mandat : des convictions claires, mais la capacité à travailler avec tous lorsque l’intérêt de nos compatriotes est en jeu. Je ne serai jamais dans une opposition systématique, mais je ne serai pas non plus dans le consensus pour le consensus. Je veux pouvoir travailler avec chacun, tout en restant fidèle à mes convictions et aux engagements pris devant les électeurs.

 

 

Je veux surtout être jugé sur mes actes. Je veux pouvoir regarder les Français de Singapour et leur dire que j’ai été présent

 

 

Quel message souhaitez-vous adresser aux Français de Singapour qui vous ont accordé leur confiance ?

Je voudrais d’abord leur dire merci. Leur confiance m’honore, mais surtout elle m’oblige. Je mesure pleinement la responsabilité qui m’a été confiée pour les six prochaines années. Je veux également leur dire une chose très simple : je suis aujourd’hui le conseiller de tous les Français de Singapour, y compris de ceux qui n’ont pas voté pour Trait d’Union.

Pendant la campagne, nous avons beaucoup parlé de proximité. Je veux maintenant que cette proximité devienne une réalité. Si un compatriote rencontre une difficulté, il doit pouvoir me contacter, obtenir une réponse ou, lorsque je ne peux pas résoudre directement son problème, être orienté vers la bonne personne.

Nous avons d’ailleurs commencé à mettre en place plusieurs moyens pour rester en contact avec notre communauté, notamment nos réseaux sociaux, notre groupe WhatsApp et une newsletter que nous allons développer.

Je veux surtout être jugé sur mes actes. Dans six ans, je ne veux pas simplement pouvoir dire que j’ai occupé un mandat pendant six ans. Je veux pouvoir regarder les Français de Singapour et leur dire que j’ai été présent, que j’ai écouté, que j’ai défendu leurs intérêts et que j’ai fait avancer concrètement des dossiers.

C’est cela, pour moi, le sens de l’engagement politique : être élu n’est pas une fin en soi. C’est un moyen d’être utile.

 

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