Édition internationale

TEMOIGNAGE - L’expatriation en CDD

Écrit par Lepetitjournal Singapour
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 14 novembre 2012

Quand l'opportunité d'un départ à l'étranger n'offre que la certitude d'un séjour de quelques mois, on peut être tenté de préférer le confort de la métropole à l'aventure de l'expatriation. "Erreur !" témoigne Grégoire. "L'expérience, quand elle est bien préparée, peut être vécue intensément. Pour nous, elle est comme un rêve devenue réalité "

Grégoire Tosser, 28 ans, rêvait  en effet depuis longtemps de vivre l'expérience de l'expatriation. Titulaire d'une formation en management de la presse écrite, Grégoire travaillait depuis 4 ans pour un Magazine en France. Son emploi n'emportait pas encore ce niveau de responsabilités qui vous font penser que les rêves sont seulement faits pour rêver, et c'était probablement le bon moment d'évoluer vers autre chose. Méthodique, il a, pendant 1 an, fait des recherches avec son compagnon ; oscillant tour à tour entre les charmes rassurants d'une expatriation en Europe et l'exotisme de l'Asie.
En définitive, c'est son compagnon qui a eu une opportunité : celle de réaliser une mission de 6 mois à Singapour pour le compte de son entreprise. Pour Grégoire, c'était désormais la promesse de partir, mais  aussi l'obligation de quitter son emploi en pariant sur la possibilité d'en trouver un sur place. «Je l'ai fait sans état d'âme » indique l'intéressé « c'était un projet que nous avions muri et je savais, compte tenu de nos métiers respectifs, que mon compagnon avait plus de chances que moi d'être envoyé en mission à l'étranger ».

lepetitjournal.com -  Dans quel cadre êtes-vous venu à Singapour ?
Grégoire Tosser - Je suis dans la même situation que toutes les personnes non mariées. Faute d'être éligible au dependent pass, j'ai bénéficié du work holiday pass ; un dispositif original qui permet aux jeunes de moins de 30 ans de séjourner pendant six mois à un an, au lieu des 3 mois réglementaires, dans le pays d'accueil.

A quelles difficultés avez-vous été confronté ?
Les difficultés rencontrées l'ont été exclusivement sur le terrain de l'emploi. Dès mon arrivée, j'ai engagé mes recherches. Mais celles-ci n'ont débouché sur aucun résultat.  J'ai constaté qu'entre le quart et la moitié des annonces correspondant à mon profil étaient en fait réservées aux Singapouriens ou aux résidents permanents. Le contexte électoral local a sans doute eu un impact.

Dans quel secteur avez-vous recherché un emploi ?
Dans le cadre de ma précédente expérience, j'avais en fait deux « casquettes », l'une dans le domaine juridique, particulièrement dans tous les aspects attachés à la communication, l'autre  dans les Ressources Humaines. Le Droit, par définition, s'exporte mal. J'ai donc orienté mes recherches sur les Ressources Humaines.

La brièveté de votre séjour sur place a-t-elle été un handicap ?
L'idée n'était pas de trouver un emploi de courte durée, mais de se donner les moyens de nous installer durablement. Rapidement cependant, le terme de la mission avançant, il est devenu extrêmement difficile de faire des plans. Resterions-nous à Singapour ou reviendrions-nous en France ? Faut-il poursuivre les recherches sur place ou engager des démarches à Paris ?  Je ne peux plus faire de plans ni dans un sens ni dans l'autre tant que je ne sais pas si la mission de mon compagnon sera pérennisée ici ou pas.

Cette confrontation à la réalité correspondait-elle à ce qu'on vous avait dit ou à ce que vous aviez lu sur Singapour ?
Non, il y avait en effet un décalage certain. J'avais beaucoup lu et surfé sur le net avant de partir. L'image qui ressortait était celle d'un marché de l'emploi dynamique, d'un taux de chômage très faible et d'une place très ouverte à l'international.  A l'arrivée, le contexte est plus difficile.

Comment avez vous vécu cette position particulière de « partenaire de l'expatriation ?
J'ai du m'organiser.  J'ai besoin d'être actif et je craignais par dessus tout l'oisiveté.  A ce titre je me suis agréablement surpris  et j'ai découvert que j'avais une véritable capacité d'adaptation. Je ne suis pas resté inactif. J'ai profité du temps libre pour visiter et découvrir la ville, faire du sport, améliorer mon anglais, approfondir, par exemple, tout ce qui touche, dans le domaine juridique, à la common law. Au final j'ai le sentiment d'un vrai enrichissement.

Comment avez-vous perçu le regard des autres, celui de vos parents et amis, sur votre expatriation ?
Globalement très positif : de la curiosité et parfois de l'envie. Mais avant tout, un précieux soutien dans notre projet depuis le début. J'ai démarré un blog privé,  dans le but de faire partager mon expérience à mes parents et amis.  Visiblement, ils apprécient de pouvoir suivre ainsi notre aventure, et de la vivre aussi, d'une certaine manière, par procuration. Ce blog, dans lequel je parle de ma vie au quotidien, est devenu un support par lequel je questionne mon nouvel environnement ; un outil pour échanger, mais aussi pour découvrir.

Et si demain vous deviez rentrer à Paris ?
C'est une hypothèse vraisemblable, même si je souhaiterais rester davantage. Si nous devions rentrer, je le ferais le c?ur léger, avec le sentiment d'avoir vécu une belle aventure et d'être allé au bout de mon rêve.

Comment évaluez-vous ce que cette expérience vous aura apporté ?
Beaucoup de choses ! La découverte de l'Asie où nous avons multiplié les voyages.  La découverte de mes qualités d'adaptation à un environnement différent.  La pratique de l'anglais ... J'ai le sentiment d'avoir pris du recul, de l'épaisseur.

Cette expatriation  a-t-elle fait évoluer votre projet professionnel ?
Oui. Je ne me vois pas du tout reprendre l'emploi que j'avais avant de partir. Je ne sais pas encore comment j'aborderai la recherche d'un nouvel emploi en France. Je veux pour l'instant continuer de me projeter en Asie. Ce qui est certain, c'est que cette expérience à l'étranger, même si elle devait ne pas se prolonger au delà de 6 mois, m'aura beaucoup enrichi et m'ouvre des perspectives nouvelles.

Bertrand Fouquoire - Dualexpat (www.lepetitjournal.com-Singapour) lundi 6 juin 2011

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logofbsingapour
Publié le 6 juin 2011, mis à jour le 14 novembre 2012
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