Édition internationale

Stephen Marchisio : « L'ambassade et le consulat sont toujours là pour vous aider »

A l’occasion de la fête nationale, Lepetitjournal.com a rencontré l’ambassadeur de France à Singapour, Stephen Marchisio, pour faire le point sur la relation franco-singapourienne et recueillir ses messages à la communauté française de Singapour.

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Stephen Marchisio au Bastille Day 2025
Écrit par Jean-Michel Bardin
Publié le 10 juillet 2026, mis à jour le 13 juillet 2026

 

Votre profil atypique d’ingénieur de l’armement devenu diplomate a-t-il joué un rôle dans votre nomination à Singapour, compte tenu de l’intensité des relations franco-singapouriennes en matière de sécurité et de défense ?

En partie sans doute, car il y a en effet un solide partenariat de défense de longue date entre la France et Singapour. Mais les nominations se font au gré des disponibilités de postes et mon séjour précédent à la Direction d’Asie-Océanie du ministère des affaires étrangères y a aussi joué un rôle. Ceci étant, mon passé m’aide dans mes relations avec les hauts responsables de Singapour, qui, pour beaucoup, ont eu une première carrière dans l’armée. Cela crée une certaine affinité.

 

 

Nous avons tenu à ce que 2026 ne constitue pas un creux et nous avons jusqu’à présent réussi.

 

 

Quels ont été les temps forts de la relation franco-singapourienne depuis le début de l’année 2026 ?

2025 a été une année exceptionnelle dans la relation franco-singapourienne avec la célébration des 60 ans des relations diplomatiques entre les deux pays, l’élévation de la relation bilatérale au rang de partenariat stratégique global, et la visite du Président de la République française qui a eu l’honneur d’ouvrir le dialogue Shangri-La. Nous avons tenu à ce que 2026 ne constitue pas un creux et nous avons jusqu’à présent réussi.

En février, le ministre des transports, Philippe Tabarot, est venu, fait assez rare, à l’occasion du Singapore Airshow, le plus grand salon asiatique consacré à la défense et l’aérospatial. En mars, le secrétaire général du ministère des affaires étrangères, Martin Briens, a visité son homologue singapourien, pour faire le point sur les divers sujets de coopération entre les deux pays. En avril, le salon Milipol, événement né à Paris il y a plus de 40 ans pour rassembler les professionnels de la sécurité, s’est tenu à Singapour avec la participation de nombreuses entreprises françaises. En mai, une conférence antiscam a été organisée à Singapour dans le cadre d’un partenariat entre Singapour, la France et les Emirats Arabes Unis.

 

 

La stabilité de Singapour, la clarté de son environnement juridique font de Singapour un pays accueillant pour les entreprises.

 

Elle a réuni 30 pays pour échanger sur les bonnes pratiques dans ce domaine. En mai également, la ministre des armées et des anciens combattants, Christine Vautrin a participé au dialogue Shangri-La, en réaffirmant l’engagement de la France pour la liberté de navigation et pour le respect des lois internationales. Elle a été, avec le secrétaire d’État américain, une des deux seules personnes de ce niveau reçues en tête à tête par le Premier ministre, Lawrence Wong. Enfin, en juin, le festival Voilah s’est terminé sur l’ouverture à l’Asian Civilisation Museum (ACM) de l’exposition Crosscurrents qui associe des œuvres du musée du Louvre et de celui de Singapour pour montrer les merveilles des arts moghol, safavide, et ottoman du 16ème au 18ème siècle.

 

 

 

 

 

 

Nous sommes bien conscients de l’impact de ce problème financier sur le personnel et les familles et nous sommes en contact permanent avec la direction de l’IFS pour étudier des solutions

 

Que diriez-vous aux entreprises françaises qui hésitent encore à s’établir à Singapour ?

Je ne pense qu’il y en ait encore beaucoup qui hésitent. Il y a déjà plus de 1000 entreprises françaises présentes à Singapour dans tous les secteurs, dont tous les grands groupes. La stabilité de Singapour, la clarté de son environnement juridique, et les efforts de l’Economic Development Board (EDB), font de Singapour un pays accueillant pour les entreprises. Si le marché de Singapour est limité, il a quand même progressé de 5% ces deux derniers années et Singapour est surtout la porte d’entrée sur le marché des 700 millions d’habitants de l’Asie du Sud-Est. Enfin, la Chambre de Commerce Française de Singapour et Business France sont là pour aider les entreprises françaises à s’implanter à Singapour.


 

Singapour est souvent cité en exemple dans de nombreux domaines. Pensez-vous que la France puisse tirer des enseignements de certaines initiatives prises dans la cité-État ?

Singapour est en effet exemplaire à bien des titres, comme par exemple la cohabitation harmonieuse de communautés très diverses. Mais les différences d’échelle et d’histoire font que transposer les réalisations de ce pays à la France ou d’autres pays européens n’est pas évident. Cependant il y a des domaines dont nous pourrions tirer des enseignements comme le concept de smart nation, conduisant à une plus grande efficacité des services publics, ou la politique d’appropriation de l’intelligence artificielle par tous les citoyens, en commençant dès l’école. N’oublions pas que notre rôle est non seulement de faire connaître les réalisations de la France à l’étranger, mais aussi de faire remonter à Paris les expériences intéressantes identifiées dans les pays.
 

 

Je voudrais remercier toutes les Françaises et tous les Français pour leur action

 

 

Depuis quelques mois, de nombreuses questions sont soulevées à propos de l’évolution de l’IFS, tant de la part des familles que des enseignants. Que pouvez-vous dire sur ce sujet ?

Nous sommes parfaitement au courant des difficultés actuelles de cet établissement, qui sont dues à la baisse imprévue des élèves français ces trois dernières années alors que des investissements importants réalisés avant le COVID doivent maintenant être amortis. Nous sommes bien conscients de l’impact de ce problème financier sur le personnel et les familles et nous sommes en contact permanent avec la direction de l’IFS pour étudier des solutions, sachant que nous souhaitons préserver le modèle de cet établissement, reconnu pour la qualité de son enseignement et de ses infrastructures. Nous nous sommes déjà entretenus avec Alexandre Morois, le nouveau Directeur général de l’AEFE, dont la réforme récente n’est pas étrangère aux difficultés financières de l’IFS.

 

 

 

 

Quel message souhaitez-vous transmettre à la communauté française de Singapour en ce jour de fête nationale ?

Il y a deux événements relatifs à la fête nationale : une soirée conviviale le 11 juillet avec la communauté française à l’IFS et une réception plus formelle le 14 juillet à l’ambassade avec les officiels de Singapour et d’autres pays.

Je voudrais remercier toutes les Françaises et tous les Français pour leur action, car pour les autorités singapouriennes, leur action compte autant que celles de l’ambassade. Je voudrais aussi leur rappeler que l’ambassade et le consulat sont toujours là pour les aider.

Enfin, je souhaite à toutes et à tous un joyeux 14 juillet.


 

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