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PATRICK SUCUR - Un homme à la barre du Lycée Français de Singapour

Patrick Sucur est depuis 2008 le Proviseur du Lycée Français de Singapour. C'est avec simplicité, authenticité et sens de l'engagement qu'il évoque pour nous sa carrière et nous accueille à bord.

Lepetitjournal.com - L'éducation nationale et vous, est-ce une longue histoire d'amour ?
Patrick Sucur - Oui, on peut le dire comme ça ! Après une maîtrise en Sciences économiques, j'ai commencé comme Conseiller d'éducation en Champagne puis en Haute-Savoie. Se sont ensuite succédé plusieurs postes de principal adjoint, ou de proviseur adjoint, en France.
En 1998, grand saut en Arabie Saoudite, à Ryad. J'y suis resté cinq ans comme proviseur. La communauté française était de taille réduite mais très solidaire; le pays magnifique et la fraternité des gens du désert exceptionnelle. Après 2001 et les attentats du World Trade Center, l'école a été barricadée et les contrôles renforcés.
En 2003, le Liban m'a accueilli. Beyrouth était en ébullition culturelle avec une soif constante de loisirs. Côté lycée, l'expérience fut unique puisque 97% de nos élèves étaient libanais L'assassinat en 2005 de Rafic Hariri nous a replongés dans un climat d'insécurité.
Enfin, 2008, le LFS et ses 1.300 élèves?

Quelles évolutions notez-vous depuis 2008 ?
Tout d'abord, une explosion des effectifs puisque nous comptons 2.216 élèves à ce jour. Le profil des familles a changé avec une diminution du nombre de familles expatriées et une augmentation de celles sous contrat local. Le nombre de bourses a ainsi augmenté en termes de demandes et d'octroi.

Comment s'est passée la rentrée 2012 ?
Plutôt bien. Nous n'avons pu hélas accueillir une trentaine d'élèves en maternelle. Un projet d'extension de nos locaux est sur le point d'être finalisé avec trois phases de construction. Fin des travaux en 2015, capacité en 2025 : 4.000 élèves.
La mise en place de la réforme de l'Education Nationale au niveau lycée se poursuit avec l'extension de la partie ?tronc commun' et l'organisation de l'épreuve d'Histoire Géo en 1ère. L'accent est aussi mis sur l'Accompagnement Personnalisé, qui selon les directives de l'Education Nationale, doit proposer aux élèves de la 2nde à la terminale un soutien dans certaines matières, dans l'organisation de leur travail ou de leur orientation.

La maîtrise d'une ou deux langues étrangères est aujourd'hui un ?must' pour les jeunes. Est-ce un de vos champs d'action ?
Le mandarin n'a pas encore la place qu'il devrait avoir mais nous avançons. Enseigné dès le CE2, il peut maintenant être choisi comme deuxième LV 1 dès la 6ème. Quant à l'anglais, il est au c?ur de notre enseignement dans les classes bilingues, dont le succès ne se dément pas et dans le cursus normal. Tous nos professeurs d'anglais sont anglophones dans la section bilingue ; la moitié l'est dans le cursus normal.

Recrutez-vous beaucoup localement ?
Nous employons 295 salariés dont 162 enseignants. Sur les 162 enseignants, plus de la moitié sont titulaires de l'Education Nationale même si les statuts sont différents (expatriés, résidents, contrats locaux). Les personnels non enseignants sont, quant à eux, tous recrutés localement. A noter que nous sommes régis par le droit du travail singapourien.

Est-ce une spécificité du LFS que d'être assujetti au droit local ?
Comme tous les établissements français situés hors de France, nous sommes une école privée soumis au droit local dans les domaines du travail, de la santé, de la sécurité...Il n'y a pas d'extra-territorialité sauf cas isolés de "mini écoles" situées dans des ambassades.
Et, nous sommes aussi un établissement homologué et conventionné par l'AEFE, l'Agence pour l'Enseignement du Français à l'Etranger. L'homologation atteste, audits annuels à l'appui, que nous suivons le programme de l'éducation nationale. La convention signée avec l'AEFE nous impose des obligations telle que celle de prendre en priorité à l'inscription les enfants français ou ceux venant d'autres établissements français.
Petite parenthèse pour dire que 90% de nos élèves sont français et 4,5% francophones. Ce qui ne signifie pas pour autant, compte tenu de l'augmentation du nombre de couples mixtes, que la langue parlée à la maison est le français. Une enquête sur ce point auprès des parents est en cours.

En tant qu'école privée soumis au droit local, vous êtes donc en contact permanent avec les autorités singapouriennes ?
Oui. L'EDB, l'Economic Developpement Board est notre interface avec tous les autres ministères. L'EDB nous accorde également des exonérations fiscales dans nos projets d'extension.

En quoi l'approche pédagogique du LFS est-elle différente de celle d'autres écoles à Singapour ?
Le système singapourien est très sélectif. Les anglo-saxons mettent l'accent sur le développement personnel et la valorisation de l'enfant. Nous apportons plus d'encadrement et plus de rigidité au niveau des connaissances apportées. Le baccalauréat reste de loin le diplôme le plus reconnu de par le monde. Ainsi, 35 à 40 % de nos élèves partent étudier à l'étranger après le bac.

Qu'est-ce qui fait le succès du LFS ?
Une équipe pédagogique hors pair, une équipe administrative extrêmement dévouée, le conseil exécutif qui met à disposition des élèves et du personnel tous les moyens nécessaires à la réalisation des projets et des élèves qui évoluent avec beaucoup de soutien de leurs parents.

Et quand vous jetez l'ancre M. Sucur, que faites-vous ?
J'aime le cinéma. Mon film culte ? Vol au-dessus d'un nid de coucou. Et j'adore jouer de la guitare et chanter. Maxime le Forestier, Hugues Auffray..., des musiques de ma génération quoi ! Car je dois bien vous l'avouer; je ne me suis pas encore mis au rap !

Propos recueillis par Christine Leleux (www.lepetitjournal.com-Singapour) mardi 22 janvier 2013

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Publié le 22 janvier 2013, mis à jour le 8 mai 2026
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