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SOCIETE - Maisons closes en ligne

Par Lepetitjournal Singapour | Publié le 19/04/2010 à 00:00 | Mis à jour le 13/11/2012 à 15:16

L'industrie du sexe à Singapour est légale et autorisée dans certains quartiers. En revanche, le proxénétisme et le racolage ne le sont pas « toute personne qui vit sur les revenus de la prostitution d'une autre personne encourt une peine de prison de 5 ans et une amende allant jusqu'à 10 000 $ SGD. Les récidives sont punies à coup de canne

Cependant, depuis quelques mois un phénomène nouveau apparait, inquiétant la population singapourienne, les organisations non gouvernementales et les institutions. Les services de maisons closes en ligne se développent offrant aux clients une souplesse quant à leur choix et ce en dehors du "red-light district" qui règlemente la prostitution à Singapour.

Maisons closes en ligne
Les fréquents contrôles de la police dans le quartier de Geylang ont obligé les prostituées à se replier sur le cyberespace afin de solliciter les clients. Cinq nouveaux sites ont fait ainsi leur apparition durant les derniers mois offrant une myriade de "services" du massage sexy aux rencontres sexuelles discrètes avec des professionnelles du sexe. Certains sites semblent être créés par des syndicats organisés tandis que d'autres sont hébergés par des prostituées indépendantes.
Le principe est simple : les photos des filles sont publiées sur le site, y compris leurs "statistiques", leur prix, les types de services offerts et les recommandations de leurs employeurs précédents. Les futurs clients prennent contact directement en téléphonant au numéro fourni qui l'informe de la date et du lieu de rendez-vous.
Le fait que des filles de différentes nationalités offrent leurs services en ligne est de plus en plus populaire chez les jeunes hommes de Singapour à la recherche d'un "quickie".
Mais ce genre de pratique n'est pas nouveau dans la cité-Etat. En effet, le forum de discussion dédié au sexe Sammyboy permettait déjà aux prostituées "freelance" et aux proxénètes de proposer leurs services et leurs contacts afin de gagner de l'argent en "extra".

Un problème de santé publique
Interviewé par le quotidien Straits Times, le Dr Carol Balhetchet, directeur youth services de the Singapore Children's Society a déclaré: " Avec ces sites en ligne toute personne est susceptible de faire appel à une escort et ainsi les jeunes qui souhaitent faire des expériences ont accès à ce genre de service avec tous les risques que cela comporte. Maintenant, ils n'ont plus besoin d'aller à Geylang ... la prostitution est plus sauvage et dans ce sens, plus risquée. " Ce que confirme le ministre de la Santé Mr Khaw Boon Wan "depuis 2000, l'augmentation des infections sexuellement transmissibles (IST) chez les jeunes de moins de 20 ans a doublé, passant de 61 cas pour 100.000 à 133 en 2008."
Car contrairement aux prostituées travaillant dans des établissements "agréés" par le gouvernement, ces prostituées indépendantes qui font leur commerce en ligne n'ont pas à passer les examens médicaux mensuels et faire les analyses de sang obligatoires pour détecter les maladies sexuellement transmissibles comme le VIH.

Comment contrôler les frontières ?
Les prostituées étrangères, notamment celles de Chine, viennent souvent à Singapour pour "travailler" avec un visa touristique d'un mois. D'autres viennent avec un visa d'étudiant de deux années - soi-disant pour étudier dans des établissements privés, mais ces jeunes femmes finissent par travailler dans les salons des maisons closes. Interrogé sur ce sujet par le Straits Times, la police répond: "Nos enquêtes portent sur les faits et nous prenons les mesures nécessaires si une infraction est divulguée." En revanche, elle a récemment procédé à l'arrestation de 12 femmes ressortissantes chinoises suite à une opération menée dans 2 hôtels populaires de Singapour. Après enquêtes, ces personnes utilisaient Internet afin de vendre leurs services sexuels en ligne. Le directeur adjoint de la division spécialisée du crime, Mr Goh Kiong Lam, a déclaré "prendre au sérieux cette nouvelle forme de prostitution et être de plus en plus vigilant car avec l'ouverture des Resorts à Sentosa et de Marina Bay Sands, la demande de ces services sexuels en ligne est susceptible d'augmenter dans les mois à venir."

Même constat en France, Internet est une vitrine de la prostitution occasionnelle
Offrant un "anonymat confortable et sécurisant" pour ses utilisateurs, le Web est devenu une nouvelle plateforme pour l'exercice de la prostitution. La multiplication des sites d'annonces pour adultes et les récentes lois contre le racolage n'ont fait que renforcer le phénomène.
Sur la toile, on ne parle pas de prostitués mais d'"escortes", un terme qui recouvre des réalités diverses. À l'origine, l'"escorte" désignait une personne qui accompagnait un homme lors d'une soirée ou d'une sortie culturelle. Le rapport sexuel n'était pas obligatoire. Aujourd'hui, l'ensemble des prostitués du net utilisent ce statut. Les tarifs en ligne dépassent nettement ceux de la rue. On oscille entre 100 et 500 ? de l'heure.

Échappant bien souvent à la coupe des proxénètes, la prostitution occasionnelle n'est pas sans risque. En cas de "mauvaise rencontre", personne n'est susceptible de venir en aide aux "escortes". Leur vulnérabilité est donc accrue que ce soit en France ou à Singapour.

Carole Chomat (www.lepetitjournal.com-Singapour) mardi 20 avril 2010

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