Édition internationale

SIDA – La lutte continue en Asie du Sud-est

Écrit par Lepetitjournal Singapour
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 5 janvier 2018

 

Alors que la Journée mondiale de lutte contre le sida s'est déroulée le 1er décembre, les dix pays de l'Association des nations de l'Asie du Sud-est (ASEAN) se sont engagés à faire une réalité de l'objectif ambitieux "zéro nouvelle infection au VIH, zéro discrimination et zéro décès dû au sida"

Même si en Asie du Sud et du Sud-est, les chiffres ont diminué de plus de 40% entre 2006 et 2010, la propagation du sida est une préoccupation majeure. Le manque d'informations sur les moyens de prévention multiplie le risque de contagion, tandis que la stigmatisation des porteurs du VIH est fréquente au sein de la zone ASEAN.

Objectif zéro nouvelle infection, zéro discrimination et zéro décès
Dans une déclaration adoptée au 19ème Sommet de l'ASEAN à Bali, en novembre dernier, les chefs d'État et de gouvernement des dix pays de l'Association des nations de l'Asie du Sud-est (ASEAN)- Brunei, Cambodge, Indonésie, Laos, Malaisie, Myanmar, Philippines, Singapour, Thaïlande et Vietnam -  se sont engagés à "réduire de moitié, d'ici 2015, les transmissions sexuelles du VIH et les transmissions du VIH entre les consommateurs de drogues, et à veiller à accélérer leurs efforts pour atteindre l'objectif d'accès universel au traitement antirétroviral".  Ils ont également consenti à faire en sorte d'éliminer les nouvelles infections du VIH chez les enfants au cours des cinq prochaines années. Un objectif bien ambitieux au vu des chiffres officiels et de la situation des pays proches de la cité-État.

Urgence pour l'Indonésie
Le taux de malades dans le pays est un de celui qui grimpe le plus vite en Asie. En Indonésie, pays musulman, la stigmatisation des porteurs du virus est très fréquente. Pour les conservateurs religieux, cette maladie est celle "des dépravés, et de ceux qui ont un mode de vie à l'occidentale, des rapports sexuels avant le mariage". Le manque d'informations sur la contamination et les moyens de prévention multiplie le risque de contagion.
Aujourd'hui, 310.000 personnes vivraient avec le sida en Indonésie selon les données officielles. Un chiffre difficile à vérifier, car l'accès aux services de santé est aléatoire. Certaines régions sont nettement plus touchées comme la Papouasie par exemple, où selon l'ONG Survival International, le nombre de personnes touchées par le sida a augmenté de 30 % en seulement quatre mois cette année.

En Malaisie, un projet pilote en place au sein d'une mosquée
En Malaisie, l'épidémie du VIH est largement dominée par les utilisateurs de drogues injectables. On estimerait à 5.800 le nombre de décès en 2011. En septembre dernier, un responsable du ministère malaisien de la Santé a lancé une mise en garde contre le risque d'une forte augmentation des cas de sida en affirmant que "le nombre des personnes contaminées par le VIH s'élevait en avril 2011 à 40.049 dont 40% étaient âgés de 13 à 29 ans ". Le gouvernement est préoccupé par la banalisation des relations sexuelles hors mariage ainsi que par la consommation de stupéfiants parmi les jeunes, des phénomènes qui favorisent la propagation de la maladie, les échanges de seringues usagées étant très courants. C'est pourquoi, la mosquée Ar-rahman à Kuala Lumpur a décidé de réagir en lançant un programme pilote pour protéger la communauté musulmane de ce fléau. Elle offre gratuitement aux toxicomanes des médicaments de substitution, de la méthadone à la place de l'héroïne. Les experts de la santé espèrent que ce projet portera ses fruits et souhaiteraient généraliser ce programme à tout le pays, mais certains responsables religieux considèrent que "ce médicament de substitution est religieusement prohibé au même titre que l'héroïne".

Aux Philippines, le virus se répand rapidement
Pendant longtemps, les Philippines avaient un taux de prévalence du SIDA relativement bas, mais au cours des dernières années, la situation a changé. Les Philippines sont l'un des seuls sept pays énumérés par l'ONUSIDA (le Programme commun des Nations Unies sur le VIH / sida) a avoir subi la hausse des taux d'infection en 2010. Le nombre de VIH / SIDA dans les cas détectés aux Philippines - qui a une population de 94 millions de personnes - est encore relativement faible avec seulement 8.300 cas enregistrés depuis 1984 toutefois plus de 1.800 cas ont déjà été signalés dans les 10 premiers mois de cette année, dépassant les 1.591 cas signalés pour l'ensemble de 2010, selon des données gouvernementales. Il y aurait deux populations motrices de l'épidémie : les homosexuels et les utilisateurs de drogues injectables. Les jeunes seraient les plus touchés.

Un bus pour un dépistage anonyme dans la cité-État
L'association AIDES a annoncé qu'un bus de dépistage  sillonnera désormais la cité-État afin de procéder au dépistage démédicalisé du VIH  avec test rapide -20 minutes- en toute confidentialité permettant ainsi d'obtenir un 1er résultat de son statut sérologique. Animé par des bénévoles formés et habilités de l'association AIDES, le bus proposera également un dépistage de la syphilis et une prévention axée sur l'utilisation du préservatif, l'incitation au dépistage et la lutte contre la stigmatisation. Les tests seront dans un premier temps gratuits puis couteront 30$ par la suite. Un calendrier mensuel des lieux sera mis en ligne prochainement.
Pour rappel, récemment un haut fonctionnaire du ministère de la santé a confirmé le chiffre de 221 nouveaux cas diagnostiqués positifs au virus du sida au cours du 1er semestre 2011. Ce nombre est comparable à celui de 2010 (214 cas déclarés).  Toutefois, "il y a encore des personnes à risque qui ne se font pas dépister de peur d'être rejeté et stigmatisé(?) la société doit jouer un rôle plus important afin que les barrières liées au dépistage du HIV tombent. Les personnes atteintes du virus perdent encore leur emploi et sont victimes de discrimination. De tels événements ne devraient plus se produire".  En 2010, le nombre total de personnes infectées par le virus du sida était de 4.845. Les hommes représentant 9 cas sur 10.

Carole Chomat (www.lepetitjournal.com-Singapour) jeudi 8 décembre 2011

logofbsingapour
Publié le 8 décembre 2011, mis à jour le 5 janvier 2018
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